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DU SENS DE 1,’ODORAT

§ ‘217. Certains corps possèdent la propriété d’exciter en nous des sensations d’une nature particulière, qui ne peuvent être perçues à l’aide des sens du toucher et du goût, et qui dépendent de l’odeur qu’ils exhalent.

Les odeurs sont produites par des particules d’une ténuité extrême, qui s’échappent des corps odorants, et qui se répandent dans l’atmosphère comme des vapeurs. Tous les corps volatils ou gazeux ne sont pas odorants; mais, en général, ceux qui ne peuvent se transformer facilement en vapeurs ne répandent que peu ou point d’odeur; et, dans la plupart des cas, on voit les substances odorantes le devenir d’autant plus que les circonstances où elles sont placées sont plus favorables à leur volatilisation. Du reste, la quautité de matière qui se répand ainsi dans l’air, pour produire les odeurs même les plus fortes, est extrêmement petite. Un morceau de musc, par exemple, peut parfumer l’air de tout un appartement pendant un temps considérable, sans changer notablement de poids. Une foule de corps, tels que l’eau, les vêtements, etc., peuvent s’imbiber de ces vapeurs, et devenir odorants à leur tour; mais d’autres substances, telles que le verre, s’opposent complètement à leur passage. Nous pouvons sentir l’odeur de corps placés à une très-grande distance de nous; mais, pour que notre sensibilité olfactive soit réveillée, il faut toujours que les particules odorantes émanées de ces corps arrivent en contact avec l’organe destiné à les recevoir. Et, en cela, le mécanisme de l’odorat est analogue à celui du goût et du toucher, tandis que, pour la vue et l’ouïe, comme nous le verrons bientôt, il en est tout autrement.

§ 218. L air, disons-nous, est le véhicule ordinaire des odeurs; c’est ce fluide qui les transporte au loin, et qui les fait arriver jusqu’à nous. 11 est donc évident que l’organe destiné à les sentir doit être placé de manière à en recevoir le contact ; et, en effet, c’est à l’eùtrée des voies respiratoires qu’il est placé, hon-seulement chez 1 homme, mais aussi chez tous les autres mammifères, chez les oiseaux et chez les reptiles.

Chez fous ces cires, le sens de l’odorat a son siège dans les fosses nasales , et ces cavités sont naturellement traversées par l’air qui se rend aux poumons pour subvenir aux besoins de la respiration.

§ 219. Les fosses nasales, comme nous l’avons déjà dit, communiquent au dehors par les narines (6) et s’ouvrent postérieurement dans l’arrière-bouche (c) :

elles sont séparées enlre elles par une cloison verticale qui est dirigée d’avant en arrière, et qui occupe la ligne médiane de la tête ; leurs parois son t formées par divers os de la face et par les cartilages du nez, et leur étendue est trèsconsidérable. Sur la paroi externe de chacune d’elles, on remarque chez l’homme trois lames saillantes, qui sont recourbées sur ellesmêmes, et qui sont appelées les cornets du nez (g, i, le). Ces cornets augmentent la surface de cette paroi, et sont séparés entre eux par des gouttières longitudinales nommées méats (f, h). Enlin ces fosses communiquent avec des cavités ou sinus plus ou moins vastes, qui sont creusés dans l’épaisseur de l’os du front (2), des os de la mâchoire supérieure, etc. La membrane muqueuse qui tapisse les fosses nasales s’appelle membrane pituitaire ; elle est épaisse et se prolonge au delà des bords des cornets, de façon que l’air ne peut traverser les cavités olfactives que par des routes étroites et assez longues, et que le moindre gonflement de cette membrane rend le passage de ce fluide difficile ou même impossible. La surface de la membrane pituitaire présente une foule de petites saillies qui lui donnent un aspect velouté; on y remarque aussi un mouvement vibratile produit par des cils microscopiques, et analogue à celui dont nous avons déjà signalé l’existence dans d’autres parties du corps (3); enfin, elle est continuellement lubrifiée par un liquide plus ou moins visqueux,

(1) Celle coupe verticale des fosses nasales représenlo la paroi externe de l’une de ces cavités : — a, bouche ; — d, portion de la base du crâne ; — e, front ; — m, sinus sphénoïdal ; — il, ouverture de la trompe d’Eustache ; — o, voile du palais.

(2) Les sinus frontaux (1, fig. 78) u’existent pas dans l'enfance, mais se développent avec Luge et acquièrent des dimensions très -considérables : ce sont ces cavités qui contribuent le plus à faire avancer la partie inférieure du front au-dessus do la racine du nez.

(3) Voyez pages 13 et tO-L

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