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CARACTÈRES GÉNÉRAUX DES ANIMAUX. H

qui semblent établir le passage entre ces deux groupes, et qui embarrassent quelquefois le naturaliste lorsqu il cherche à les classer; mais, dans l’immense majorité des cas, rien n est plus facile que de distinguer un animal d’une plante, et les incertitudes dont nous venons de parler tiennent peut-être à l’imperfection de nos connaissances plutôt qu’à la nature des choses; aussi ne convient-il pas de nous y arrêter ici, et pouvons-nous dire d’une manière générale que. les animaux différent des plantes par des caractères d une haute importance, tirés en même temps de la nature des phénomènes par lesquels la vie se manifeste chez ces êtres, de leur mode de structure et de la composition chimique des principales matières constituantes de leur corps.*

§ 15. Les actes que les végétaux exécutent ont uniquement pour objet la nutrition de l’individu ou la reproduction d individus nouveaux. Chez les animaux, la vie se manifeste sous une forme plus compliquée : à la faculté de se nourrir et de se reproduire viennent s’ajouter le pouvoir d’exécuter, sous l’influence d’un moteur intérieur, des mouvements qui tendent à un but déterminé, et la faculté de sentir ou de recevoir des impressions du dehors et d’en avoir la conscience. De là est venu le nom à’ cires animés, que l’on donne aux animaux, par opposition aux végétaux que l’on appelle des êtres inanimés.

Ainsi les végétaux sont des corps qui se nourrissent et qui peuvent se reproduire, mais qui ne sentent ni ne se meuvent volontairement. Les animaux sont des corps qui se nourrissent, se reproduisent, sentent et se meuvent volontairement.

11 existe aussi des différences considérables entre la manière dont s’exercent les mêmes fonctions chez les animaux et chez les plantes : ainsi les actes à l’aide desquels s’effectue la nutrition ne sont pas tous les mêmes dans les deux grandes divisions des corps vivants ; mais c’est seulement en étudiant ces fonctions que nous pourrons indiquer ces dissemblances, et nous y arrêter ici serait prématuré.

§ 16. Ces différences dans les fonctions en entraînent de non moins considérables dans la conformation des organes ou instruments dont l’ensemble constitue le corps d’un animal ou d’une plante Les animaux, étant doués d’un plus grand nombre de facultés que les végétaux, doivent nécessairement avoir des organes plus variés, et offrir par conséquent dans leur organisation une complication plus grande. Mais ce n’est pas seulement sous ce rapport que les animaux et les végétaux diffèrent ana-

tomiquement : la structure intime des tissus constitutifs de leurs organes n’est pas la même. Les parties qui forment ces tissus, et qui sont pour ainsi dire les matériaux organiques d’un végétal, affectent essentiellement la disposition de cellules ou utricules pourvues de parois propres cl creuses à l’intérieur. Chez les animaux, il n’en est pas de même : les tissus sont pour la plupart composés de filaments ou de lamelles qui s’entrecroisent de façon à circonscrire imparfaitement des lacunes et à constituer des masses ou des membranes plus ou moins spongieuses, mais point divisées en une multitude d’utricules indépendantes les unes des autres, comme chez les végétaux. Souvent, il est vrai, les tissus animaux en voie de formation se montrent composés d’utricules; mais, en général, cette structure, qui est permanente chez les plantes, n’est que transitoire chez les animaux, et elle ne persiste que dans un petit nombre d’organes, dans les glandes et les membranes épidermiques, par exemple.

§ 17. Enfin, aux caractères tirés des fonctions et de la structure des animaux et des plantes, il faut ajouter encore ceux fournis par la nature chimique de ces êtres. En effet, les matières organisées qui forment la base des tissus vivants sont composées de carbone, d’hydrogène et d’oxygène seulement chez les plantes (1), tandis que chez les animaux ces substances résultent de 1’union de l’azote avec les trois éléments dont il vient d’être question (2). Il existe bien chez les plantes des matières azotées (3), et chez les animaux on trouve aussi des composés qui ne renferment pas d’azote (/i); mais les matières organisées essentielles à la constitution des parties vivantes offrent, dans les deux Règnes, la composition chimique que nous venons d’indiquer.

Des tissus organiques des animaux et de leurs organes.

§ 18. Nous avons déjà dit que diverses substances élémentaires, mais principalement l’azote, le carbone, l’hydrogène et l’oxygène, se combinent pour produire les matières dont se compose le corps des animaux ; et nous avons vu aussi que, parmi les substances ainsi constituées, il en est quelques-unes, désignées sous le nom de matières organisées, qui forment la

(1) Par exemple, la cellulose = C1 SH10010.

(2) Par exemple, la fibrine et l’albumine = C^H^A^O1 2 3 4 * comb.né avec un peu do soufre et do phosphore.

(3) Par exemple, le gluten qui sc trouve dans la farine.

(4) Par exemple, les graisses.

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