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MES MOLLUSQUES PROPREMENT MITS

§ 59à. Dans ce groupe, le système nervoux se compose toujours de plusieurs ganglions réunis par des cordons médullaires, de

(I) e, un Cysticerque dont la portion céphalique est rétractée dans l'intérieur do la vésicule caudale ; — f, un do ces vers vésiculaires dont la tète commence à sortir; — g, le même, complètement déployé; — h, extrémité céphalique du mémo, grossie davantage pour montrer les crochets et les ventouses dont elle est garnie.

façon à former une sorte de double collier plus ou moins serré autour de l’œsophage, mais à ne pas se prolonger postérieurement en manière de chaîne sous-intestinale, comme chez les animaux annelés.

I.a forme générale de ces mollusques est extrêmement variable. Leur corps est toujours mou, et ce n’est même que chez un trèspetit nombre d’entre eux (la sèche, par exemple) qu’il existe à l’intérieur quelques pièces solides non articulées et servant à protéger les viscères plutôt qu’il fournir à l’appareil locomoteur des leviers et des points d’appui. Les muscles se fixent directement aux téguments, et n’agissent guère que sur le point même où ils s’insèrent; aussi les mouvements ne sont-ils que lents et en général mal déterminés. Chez un petit nombre de ces êtres (les poulpes, etc.), il existe des appendices flexibles et allongés destinés à la locomotion (fig. 18/i) ; mais, dans la plupart des cas, l’animal ne peut se déplacer que par les contractions’ successives des divers points de la surface inférieure de son cçrps; et, lors même qu’il existe des membres, ces organes sont réunis en groupe à l’une des extrémités du corps, et jamais disposés en séries symétriques, comme chez les animaux vertébrés et articulés.

La peau des mollusques, toujours molle et visqueuse, forme souvent des replis qui enveloppent plus ou moins complètement le corps, et cette disposition a fait donner le nom de manteau à la portion de tégument qui fournit d’ordinaire ces expansions. Souvent ce manteau est presque entièrement libre, et constitue deux grands voiles qui cachent tout le reste de l’animaî^ou bien ces deux lames se réunissent de manière à former unTube; mais d’autres fois il ne consiste qu’en une espèce de disque dorsal dont les bords seuls sont libres ou entourent plus exactement le corps sous la forme d’un sac.

§ 595. En général, cette peau molle est protégée par une espèce de cuirasse pierreuse nommée coquille. C’est un tissu qui a quelque analogie avec celui de l’épiderme qui constitue celle enveloppe. Les follicules logés d’ordinaire dans les bords du manteau déposent à sa surface une matière semi-cornée mêlée à une proportion plus ou moins forte de carbonate calcaire, qui se moule sur les parties sous-jacentes et se solidifie. La lame ainsi formée s’épaissit et s’accroît par le dépôt successif de matières nouvelles. Sa superficie n’est pas pierreuse, mais ressemble ;l une espèce d'épiderme, et porte le nom de drap marin. Quelquefois elle conserve une consistance cornée dans toute son épaisseur; en général, cependant, la proportion de carbonate de chaux

MÔLLUSQUËS.

qu’elle renferme augmente rapidement, et lui donne une dureté pierreuse. Souvent sa surface interne «st même plus dense que le reste, et présente une structure particulière qui la rend vitreuse ou chatoyante et nacrée. Quelquefois la coquille reste toujours renfermée dans l’épaisseur de la peau des mollusques; mais, en général, elle est extérieure, et dépasse même les bords du manteau, de façon à fournira l’animal un abri parfait. On donne communément le nom de mollusques nus à ceux qui sont dépourvus de coquilles ou qui n'ont qu’une coquilleintérieure, et le nom de conchifères à ceux dont la coquille est visible au dehors.

La manière dont la coquille s’accroît est facile à comprendre. Si l’on examine une coquille d’huître, par exemple, on voit qu’elle se compose d’une multitude de lames superposées, dont on peut même déterminer la séparation à l’aide de la chaleur. Ces lames ont été formées successivement par le manteau de l’animal qu’elles recouvrent, et par conséquent c’est la plus extérieure qui doit être la plus ancienne; c’est elle aussi qui est la plus petite, et chaque nouvelle lame qui vient s’y ajouter dépasse la lame située au-dessus, de façon que la coquille, en même temps qu’elle augmente d’épaisseur, s’élargit rapidement. En général, la distinction des lames composantes est moins marquée, et souvent les matières nouvelles se déposent sur le bord de la coquille seulement et de manière que leurs molécules correspondent exactement aux molécules de la partie déjà consolidée; ce qui donne au tout une structure fibreuse.

Les couleurs les plus variées et les plus agréablement disposées ornent les coquilles, et varient souvent avec l’âge. Presque toujours elles sont tout à fuit superficielles et semblent dépendre d’une sorte de teinture opérée par la peau de l’animal, qui est peinte d’une manière correspondante à celle de son enveloppe. Lu matière colorante paraît être déposée sur la coquille au moment de sa formation ; aussi est-elle d’autant plus vive que cette dernière est plus jeune. C’est le bord du manteau qui la produit. En efTet, si une coquille vient à être cassée et que l’animal parvienne à réparer cet accident, la partie nouvellement formée est toujours blanche lorsqu’elle n’a pas été en contact avec le bord du manteau; et si elle correspond à ce bord, on la voit prendre la couleur que celui-ci présente dans le point quelle touche. Ainsi, lorsque ce bord est tacheté, il en résulte, sur le bord de la coquille, des taches correspondantes : et, à mesure que celui-ci s’allonge, ces taches se confondent avec celles précédemment formées, et produisent des lignes perpendiculaires aux stries d’accroissement, ou bien 11e se joignent pas à celles-ci, et restent

isolées, suivant que le manteau demeure immobile et conserve avec le pourtour de la coquille les mûmes rapports, ou bien que par les mouvements de l’animal, il change souvent de position. Quelquefois la sécrétion de la matière colorante varie aussi avec l’âge, et des circonstances accidentelles peuvent également la modifier. La lumière, par exemple, exerce sur ce phénomène une influence très-remarquable, et non-seulement les coquilles les plus exposées à l’action de cet agent physique sont d’ordinaire les plus vivement colorées, mais lorsqu’un mollusque vit fixé sur un rocher ou en partie caché sous une éponge ou quelque autre corps opaque, la partie de la coquille ainsi placée dans l’obscurité est toujours plus pâle et plus terne que celle exposée au contact des rayons solaires.

§ 59G. L’appareil digestif de ces animaux est très-dé veloppé. Il existe toujours un foie volumineux, et souvent on trouve aussi des glandes salivaires et des organes de mastication; mais les intestins ne sont jamais retenus à l’aide d’un mésentère. Leur sang est incolore ou légèrement bleuâtre, et circule dans un appareil très-compliqué, composé en partie d’artères et de veines, et en partie de lacunes seulement. Un cœur, formé d’un ventricule et d’une ou de deux oreillettes, se trouve sur le trajet du sang artériel, et envoie ce liquide dans toutes les parties du corps, d’où il revient à. l’organe de la respiration par des canaux veineux plus ou moius incomplets. Quelquefois on rencontre aussi à la base des vaisseaux qui pénètrent dans ce dernier appareil, des réservoirs veineux contractiles nommés cœurs pulmonaires.

Quant à la disposition des organes de la respiration, elle varie trop pour que nous puissions en parler ici. Nous dirons seulement que tantôt ils ont la forme de poumons, d’autres fois celle de branchies.

§ 597. Nous ne pouvons non plus rien dire de général sur la structure des organes des sens, qui, du reste, sont toujours moins complets que chez les animaux vertébrés. Certains mollusques ne paraissent doués que du sens du toucher et du sens du goût; mais chez un grand nombre on trouve des yeux, dont la structure varie, et chez beaucoup de ces animaux il existe même un appareil de l’ouïe ; mais on n’en connaît pas qui soient pourvus d’un organe particulier pour l’odorat.

Les mollusques naissent d’œufs et ne se multiplient jamais par bourgeons, comme cela a lieu pour la plupart des molluscoïdes; mais tantôt ces œufs éclosent au dehors, tantôt dans l’intérieur du corps de leur mère, et alors les petits naissent vivants.

§ 598. Le sous-cmbrancbcmenl des Mollusques proprement

MOLLUSQUES CEPHALOPODES.

dits se compose, comme nous l’avons déjà vu, de quatre groupes principaux ou classes auxquelles on a donné les noms de Céphalopodes, de Gastéropodes, de Ptéropodes et d1 Acéphales. Nous allons en faire connaître les caractères les plus saillants.

§599. Cette classe se compose de mollusques dont la forme est très-bizarre; car leur tète est placée entre le tronc et les pieds ou tentacules servant à la locomotion, et, lorsqu’ils marchent, c’est le corps en haut et la tète en bas qu’ils se traînent sur le sol (fig. 184). En effet, c’est sur la tète, autour de la bouche, que s’insèrent leurs pieds, et c’est de là que leur vient le nom de Céphalopodes.

Le tronc de ces animaux est recouvert par le manteau, qui a la forme d’un sac, tantôt presque sphérique, tantôt

ture : elle est ronde et

pourvue, en général, de deux gros yeux (fig. 13) d une structure très-analogue à celle des yeux des animaux vertébrés. La bouche en occupe le milieu; elle est armée de deux mâchoires. Enfin, autour de cette ouverture, se trouve une couronne d appendices flexibles et charnus (fig. 470), qui sont désignés indifféremment sous les noms de pieds ou de bras, et qui méritent également bien ces dénominations, car ils servent en même temps d’organes de préhension et de locomotion.

§ 600. Les céphalopodes sont des animaux essentiellement aquatiques, et, par conséquent, c’est à 1 aide de branchies qu ils respirent. Ces organes se trouvent cachés sous le manteau, dans une cavité particulière (fig. h 71), dont les parois se dilatent cl se contractent alternativement, et dont 1 intérieur communique avec le dehors par deux ouvertures :1 une (o), en façon de fente, servant à l’entrée de l’eau ; 1 autre, prolongée en tube ou entonnoir (<), et servant à lasortie de l’eau et des excréments. Chaque branchie (6) a la forme d’une pyramide allongée, et se compose d’un grand nombre de lamelles membraneuses placées transversalement et fixées des deux côtés d’une tige médiane. Le nombre des branchies varie, et cette difiérence est caractéristique

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