MOLLUSQUES ACÉPHALES
le manteau, comme un livre dans sa couverture. La peau du dos, en effet, n’est adhérente que vers le milieu, et forme de cliaqu côté un grand repli ou voile qui recouvre toutes les autres parties de l’animal (fig. 482), et quelquefois même se joint à son congénto de façon à no laisser d'ouverture qu'on avant eten arrière, et à constituer deux longs tubes pour le passage de 1 eau ntces saire à la respiration (fig. 483). Une coquille composée de deux battants ou valves recouvre ce manteau en totalité ou en partie, et présente à sa partie supérieure une charnière garnie d un ligament élastique, dont le jeu fait bâiller les valves toutes les fois que les muscles, étendus de l’une à l’autre, ne se contractent pas pour les maintenir fermées. Les viscères sont réunis en une petite masse sous la partie dorsale du manteau, et la portion i entrale du corps se prolonge en général de façon à former un pied charnu ayant quelque analogie avec celui des gastéropodes, mais beaucoupmoins bien conformé pour la locomotion (fig. 483). Quelquefois c’est la face interne du manteau qui tient lieu d organe respiratoire, et qui offre â cet effet un réseau vasculaire très-développé (chez les térébratules, par exemple); mais en général il existe un appareil branchial très-développé et composé de deux paires de grandes lames membraneuses finement striées et flottantes entre le pied etle manteau (fig. 482). La bouche est également cachée entre les plis du manteau et se trouve ù l’une des extrémités de la base de l’abdomen; elle n’est jamais armée de dents, mais elle est
Fr r. ILZ'À
garnie latéralement de deux
paires de prolongements labiaux quiconstituent des tentacules lamelleux. L’estomac est assez développé, et l’intestin forme autour du foie plusieurs circonvolutions avant que degagner le bord postérieur de la base de l’abdomen, où est situé l’anus. Le cœur est en général situé au-dessus de la masse viscérale ainsi formée (fig. 182), et se compose d’un ventricule aortique et d’une ou de deuxoreilleltesdestinées il recevoir le sang qui arrive des branchies. En général ce ventricule est fusiforme, et présente une particularité remarquable, sa cavité étant traversée parl’intestin rectum. Enfin le système nerveux consiste principalement en deux paires de petits ganglions réunies par des cordons, mais très-éloignées l’une de l’autre, et placées, l’une au-dessus de la bouche, l’autre au-dessous de l’anus. Les fonctions de relation sont toujours extrêmement bornées, et la plupart de ces mollusques peuvent ;l peine se déplacer en se poussant avec le pied ou en fer-
raant brusquement leur coquille pour lancer au dehors l’eau renfermée entre les valves, ce qui imprime à leur corps un choc en retour. En général, ils vivent presque immobiles au fond de l’eau ou enfouis dans le sable, et quelques-uns se fixent même aux rochers à 1 aide d un faisceau de filaments cornés ou soyeux qui naît du pied, et qui est appelé le byssus de ces animaux.
§ 613. Cette classe se divise, d’après la présence ou l’absence
Fig. 484. — Aronde perlière. Fig. 485. — Bucarde.
de branchies lamelleuses, en deux ordres : Les Lamellibranches, qui comprennent les Huîtres, les Moules, les Arondes ou Huîtres perlières (fig. 484), les Pecten ou Coquilles de Saint-Jacques, les Mactres (fig. 182), les Bucardes ou Coques (fig. 4 85), les Solcn
ou Manches de couteau, les Tarets, etc. Les Braciiiopodes doivent leur nom à deux espèces de bras charnus qui remplacent le pied: les Térébratules (fig. 486 et 487) offrent ce mode de structure.
MOLLÜSCOIDES OU TUNIC1ERS. 595
SOUS-EMBRANCHEMENT
DES MOLEESCOIDES OU TCIMCIERS.
§ 614. Les animaux que nous réunissons ici sont considérés par la plupart des zoologistes comme devant être rangés, les uns parmi les mollusques proprement dits, et les autres parmi les zoopliytes; mais cette opinion dépendait de l’imperfection des connaissances que l’on avait sur la structure de ces êtres, et maintenant que leur anatomie et leur physiologie ont été mieux étudiées, on voit qu’ils sont tous conformés sur le même plan général, et qu’ils établissent en quelque sorte le passage entre
les mollusques proprement dits et les zoophytes. Ils sont tous pourvus d’un tube digestif distinct contourné sur lui-même et ouvert à ses deux bouts, et d’un appareil branchial três-développé (fig. 488). La plupart offrent encore des vestiges d’un systêmenerveux, mais n’ont pas d’anneau ganglionnaire comme les mollusques proprement dits ; enfin presque tous se multiplient par bourgeonnement aussi bien que par le moyen d'œufs, et forment ainsi des agrégations d’individus plus ou moins complètement confondus entre eux.
a, groupes do Plumatcllcs de grandeur naturelle; — b, d’autres grossies et vues dans diverses positions ; — c, anus.
Ces animaux sont tous aquatiques et sont conformés d’après deux types principaux ; on doit par conséquent les diviser en deux groupes ou classes, savoir : les Tuniciers proprement dits, et les Bryoozaires ou Polypes ciliés.
§ 615. Les Tuniciers proprement dits (fig. 489) sont pourvus d’un manteau très-grand et en forme de sac, qui constitue au devant de l’abdomen ou masse viscérale une cavité respiratoire renfermant des branchies dont la disposition varie, lis ont un cœur et des vaisseaux sanguins dans les juels le liquide nourricier circule d’une manière très-singulière ; car le courant change de direction périodiquement, de façon que, dans l’espace de quelques minutes, le même canal remplit alternativement les fonctions d’une artère et d’une veine. On range dans celte classe lesBiphores(fig. 489), les Pvrosomesetles Ascidies (fig. 179), qu’on distingue en simples et en agrégées. Ces dernières ont souvent une apparence phytoïde.
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Fig. 189. — Biphore (1 ).
L’histoire des biphorcs présente une particularité fort remarquable : les générations qui se succèdent ne se ressemblent pas et se composent alternativement d’individus agrégés et d individus solitaires ; les premiers sont hermaphrodites et produisent chacun un jeune qui vit isolé, mais qui ne possède pas d organes sexuels et qui donne naissance par bourgeonnement une sorte de chaîne d’individus agrégés. Ces animaux bizarres sont assez communs dans la Méditerranée.
(1 ) b, bouche - — a, anus ; — ro, bandes musculaires entourant la grande cavité pharyngienne où respiratoire ; — Franchie ; — c, masse viscérale renfermant l'estomac, le foie, etc.; — c, cceur ; — o, œil et ganglion nerveux.
ÉCIIINODERMES.
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sistpnt dans une couronne de tentacules qui entourent la bouche et qui sont garnis latéralement de cils vibratiles((ig. 488). L anus est situé à peu de distance delà bouche, et le liquide nourricier arrive entre les viscères et le manteau, ainsique dans l’intérieur des tentacules, mais n’est pas mis en mouvement par un cœur.
arrive
Enfin la portion inférieure du manteau se durcit en général de facon’à constituer une sorte de tube ou de cellule tantôt cornee tantôt calcaire, dans laquelle l’animal peut se retirer tout entier. En général, ces êtres, d’une petitesse presque microscopique, vivent réunis en masses plus ou moins considérables. La plupart habitent la mer, mais on en trouve aussi dans les eaux douces. Parmi ces derniers, nous citerons les Alcyonclles et les Plumatelles (fig. 488), assez communes dans nos étangs ; et parmi les premiers” les Flustres,les Rétépores et les Vésiculaires.
§ 617. Dans ce quatrième et dernier embranchement du règne animal, l’organisation est beaucoup moins complète que chez la plupart desautres animaux; et les diverses parties de l’économie, au lieu d’ôtre disposées par paires de chaque côté d’un plan longitudinal, se groupent autour d’un axe ou d’un point central, de façon à donner à l’ensemble du corps une forme rayonnée ou sphérique. Le système nerveux est rudimentaire ou nul, et il n’existe point d’organes spéciaux des sens, si ce n’est quelquefois de petites taches colorées qui paraissent être quelque chose d’analogue aux yeux des mollusques.
Il existe, comme nous l’avons déjà dit, des variations trèsgrandes dans la structure de ces animaux, dont plusieurs ressemblent, par leur aspect extérieur, à des plantes plutôt qu’à des êtres animés; et c’est en raison de ces différences qu’on divise les Zoopüytes en cinqclasses : les Echinudermcs, les Acalèphes , les Coralliaires ou Polypes, les Infusoires poly gastriques et les
§ 618. Les ÉcniNODERMES (fig. 490) sont des animaux rayonnés dont la peau est épaisse et souvent soutenue par une sorte