CORALLIAIRES
masses pierreuses (le leurs polypiers amoncelés les uns au-dessus des autres, des amas dont l’étendue s’accroît sans cesse par la naissance de nouveaux individus au-dessus de ceux déjà existants La dépouille solide de chaque colonie de polypes reste intacte après que ces frôles architectes ont péri, et sert de base
pour le développement d’autres polypiers, jusqu’à ce que ces récifs vivants atteignent la surface de l’eau ; car alors ces animaux ne peuvent plus y vivre, et le sol formé par leurs débris cesse de s’élever. Mais bientôt la surface de ces amas de polypiers, exposée à l’action de l’atmosphère, devient le siège d’une nouvelle série de phénomènes : des graines déposées par les vents ou apportées parles vagues y germent et la couvrent d’une riche végétation, jusqu’à ce qu’enfin ces vastes charniers de zoophytes presque microscopiques deviennent des îles habitables. Dans l’océan Pacifique, on rencontre une foule de récifs et d’îles qui n’ont pas d’autre origine. En général, ils semblent avoir pour base quelque cratère de volcan éteint, car presque toujours ils ont une forme circulaire, et présentent au centre une lacune communiquant au dehors par un seul chenal : on en connaît qui ont plus de dix lieues de diamètre.
§ 632. Presque tous les coralliaires habitent la mer; on en trouve cependant dans les eaux douces. Ceux dont le polypier est simplement charnu ou corné sont répandus dans toutes les latitudes, mais ce n’est guère que dans les mers des climats chauds qu’on trouve en abondance des coralliaires à polypier pierreux.
Quelquefois les polypes agrégés déposent dans l’intérieur du
Fig. 490.
tissu commun par lequel ils sont unis une matière cornée ou calcaire qui constitue une sorte de tige intérieure, et qui se ramifie comme un arbre à mesure que la masse animée pousse de nouvelles branches. C’est de la sorte que se forme la matière pierreuse nommée corail (fig. 188), dont on fait un grand emploi comme ornement, et dont la pèche est active sur les côtes de l’Algérie.
On doit ranger dans cette division du règne animal les Actinies ou Anémones de mer (fig. 167), qui ont le corps charnu et qui se voient en si grand nombre sur les rochers de nos côtes; les Ca-
Fig. 497. — Polypes (Vére'tilles).
ryophyllies et les Astrées, qui concourent plus que tous les autres à la formation des récifs de corail (fig. 189); le Corail luimême (fig. 188); les Vérétilles (fig. 497), qui n’adhèrent pas au sol, mais sont simplement enfoncées dans le sable par une des extrémités de leur tige commune. La plupart des naturalistes y classent aüssi les Hydres, dont nous avons déjà eu à nous occuper (§ 347).