‹ ZoologieChapitre 55 sur 60 · OU POLYPES PROPREMENT DITS · texte numérisé non relu

OU POLYPES PROPREMENT DITS

§ 620. On confond souvent sous le nom de polypes les bryozoaires, dont nous avons déjà parlé en traitant des molluscoïdes (§ 615), et les coralliaires, ou polypes proprement dits, qui ont une structure toute différente et bien moins complète. Ce sont des animaux dont le corps est cylindrique, mou et percé à l’une de ses extrémités d’une bouche centrale qu’entourent des tentacules plus ou moins nombreux et dépourvus de cils vibratiles (fig. 167). Cet orifice lient également lieu d’anus, et conduit directement, ou par l’intermédiaire d’un tube membraneux, dans une grande cavité qui occupe tout le corps, qui se continue supérieurement dans l’intérieur des tentacules, cl qui loge les ovaires suspendus à ses parois. L’extrémité inférieure du polype est disposée de façon à adhérer aux corps étrangers sur lesquels l’animal est destiné à vivre fixé; et sa peau se durcit en général en grande partie, de manière à lui constituer une enveloppe cornée ou calcaire analogue aux cellules dont nous avons déjà parlé en décrivant les bryozoaires. Les polypes proprement dits ressemblent aussi aux molluscoïdes par leur mode de mullipli-

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cation ; car la plupart d’entre eux se reproduisent non-seulement par des œufs, mais aussi au moyen de bourgeons qui naissent sur diverses parties de la surface de leur corps et ne s’en séparent jamais: de sorte que les diverses générations restent

Fig. 494. — Polypes du genre Astroïde.

greffés en quelque sorte les unes sur les autres, et forment des masses plus ou moins considérables dans lesquelles tous les individus d’une même race se tiennent et vivent, jusqu’à un certain point, d’une vie commune.

La portion en quelque sorte ossifiée de la tunique tégumentaire de ces polypes présente des formes variées, et constitue tantôt des tubes, tantôt des espèces de cellules. Pendant longtemps on l’a considérée comme étant seulement la demeure des polypes qui la forment, et c’est elle qu’on désigne sous le nom de polypier (fig. 189). Quelquefois chaque polype possède un polypier distinct; mais d’ordinaire c’est la portion commune d’une masse de polypes agrégés qui présente les caractères propres à ces corps, et il se forme ainsi des polypiers agrégés (fig. 188) dont le volume peut devenir extrêmement considérable, quoique chacune de ses parties constituantes n’ait que des dimensions fort petites.

§ 621. C’est de la sorte que les polypes dont le corps n’a que quelques pouces de long élèvent dans les mers voisines des tropiques des récifs et des îles. Lorsqu’ils sont placés dans des circonstances favorables à leur développement, certains animaux de cette classe pullulent, au point de recouvrir des chaînes de rochers ou d’immenses bancs sous-marins, et déformer, avec les

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