‹ Zoologie moraleChapitre 20 sur 21 · L EXPOSITION DE CHIENS · texte numérisé non relu

L EXPOSITION DE CHIENS

donc bien content qu'on le caresse? Tu es un honnête homme, toi. Oh ! que nous avons donc la belle langue rose et des belles moustaches de Scandinavie, mon bon vieux !

Il me regarde avec une expression rêveuse et tendre . Il voudrait bien me répondre, mais il ne sait pas parler français.

— Pchtt!!!

Il éternue, la bonne bête.

— Dieu te bénisse et te ramène dans ta patrie, mon beau Suédois !

Ici finit l'exposition anglaise de la race canine et féline.

Eh bien, au milieu de ces princes et de ces grands seigneurs de la race canine, au milieu de cette foule orgueilleuse et séduisante , bichonnée , enrubannée , ornée de colliers et de grelots ; parmi tous ces heureux de la terre que les riches vont se disputer tout à l'heure pour les conduire en grand équipage sous les lambris dorés de l'opulence, savez-vous quel est celui que je voudrais avoir ?

Ce n'est ni le papillon de Bohême, ni le petit griffon anglais, ni le japonais, ni l'épagneul allemand ; je ne veux pas du lévrier, je ne veux pas du terre-neuve ; je refuse le chien hollandais, et je me détourne même du griffon de Suède.

Celui que je veux, c'est ce pauvre petit chien noir, maigre, pelé, qui se rencogne au fond de sa loge, les

pattes serrées, la queue entre les jambes, la tête basse, et qui, sans dire mot, me lance de côté un regard triste et sauvage.

Celui-là m'aimerait : c'est à lui que mon cœur est allé.

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