GESTATION ET PARTURITION
greneuse des brabis ou araignée); cette affection est due à un agent pathogène particulier, un microcoque découvert par Rivolta et étudié par Nocard.
La brebis perd Tappétit, cesse de ruminer, la sécrétion lactée cesse, la respiration est courte, haletante ; on constate du cdté de la mamelle une Infiltration œdémateuse du tissu conjonctif sous-cutané d'une glande mammaire, parfois des deux.
I/œdème ^^a^rne le périnée, les cuisses, l'ombilic : la mamelle, rouge violacé, devient rouge noirâtre, et présente des caractères extérieurs de gangrène avec mortilication des tissus. Les animaux succombent à une véritable intoxication, dans un délai de deux à cinq joui*s.
L'iBigent infectieux habite les litières, les déjections et pénètre par le trayon ou par une plaie ; la conti^^ion a lieu par les trayeurs ou les agneaux.
Les mesures prophylactiques comprennent toutes les règles <rhygiène générale, désinfection des bergeries, du matériel, isolement des malades. Autrefois on employait une méthode curative un peu brutale (^ui consistait à l'eiidre la mamelle malade en quatre et à placer au centre de 1 in< ision cruciale du sulfate de cuivre; réiimination des tissus gangrenés se faisait par suppuration en une douzaine de joui*s. Actuellement on effectue TabUtion de la mamelle en pratiquant Ténucléation (Moussu); cette opération doit toujours être faite parle vétérinaire, qvî'on devra appeler dès les premiers symptômes ; Thypertrophie de la mamelle restante suffit largement à Tallaitement d'un agneau.
Les cas de mammite gaiiiri-eneuse des brebis sont iieureusement assez rares ;on setrouveia bien dèsh^ (lél)ut <le l'alIVetion, alors que la mamelle est à peine rouge, gontlée et dure, d'employer les McUons de liniment ammoniacal (une cuillerée à bouche d'ammoniaque liquide battue avec deux cuillerées d'huile à manger ordinaire). On frictionne la glande, quatre à cinq fois par jour, jusqu^au moment où Tépiderme se soulève (E. Thierry).
Lorsqu^un agneau a perdu sa mère ou que celle-ci est mauvaise nourrice, on le fait adoplei* par une autre nourrice en pld<;ant le jeune animal auprès d élie la nuit ou en le frottant
MÉTUODES DE REPBODUGTiOiV.
a\t'c la [H'nu d«' ra;^iH'iUi iiiorl. On a pu élever des agneaux allailés [)ai' une clit'M-e, une vache même.
LaLiaitement artiliciel peut élre prali(}ué chez les ovidés avec un certain succès et on utilise divers dispositifs. Le biberon Dutertre est constitué par un récipient métallique présentant à sa partie antérieure cinq tubes recourbés en col de cygne, Textréiiiité inférieure s*ouvre au fond du réci|)ient, l'extrémité supérleui^e porte un mamelon de caoutchouc. On remplit ce biberon, suspendu au-dessus du sol, de lait de vache à iO ou 40 dt'j^iV's et les a;:neau.\ lellenl très volontiei'S. Les conditions les i)lus niinulieuses de prnpielé et d asepsie doivent èli'e obsei-vées. Les agneaux tettent au biberon en général quatre fois par jour et consomment 70 centilitres au début pour arriver à 2 lili es. (îràce à ce dispositif, on peut conserver les agneaux doubles, on donne un supplément de nourritui'c & certains siyets insuffisamment allaités.
Dès la parturition la brebis est mise à une demi-diète et ne reçoit que des buvées farineuses tièdes et des aliments digestibles durant deux ou ti'ois jours.
L'alimculation de la brel)is noui-ricr doit èh'e a(|ueuse et sul)stantiell(> : à (U'Iaut du pàluraire on utilisera lf'< l acines, tubercules, pulpes, drèclieîs auxqueliî on associera ies) tourteaux, le son, les farines.
Les deux rations suivantes pourront être distribuées à une brebis nourrice de type moyen :
Foin do tvgaiu 1 kilogr.
Hcltenivcs. 2 —
Tourteau do sésanir 300 grammes.
Paille d'avoine 600 —
Son de froment 100 —
Drçrlies
Tourteau d œillette 300 grammes.
Farine d'orge en buvée 100 —
Foin de regain 500 . —
Paille d'avoine 600 —
' Sevrage. — La précocité et la perfection des formes ne peuvent être réalisées qu'à Taide d'un allaitement^ suffisant terminé par un sevrage progressif.
GËSTATION ET PARTURITION.
Souvent on diminue la durée de raUaiteinent pour ménager les mères; cependant une nourrice bien alimentée peut se maintenir en bon état et suffire àTallaitementdeson agneau. Le sevrage ne devra commencer que vers trois ou quatre mois à répoque où sortent les premières molaires permanentes, indiquant aussi l'adaptation de l'organisme à une alimentation ditTérente.
On t'iïectue le st'vraye prog^ressixernent en ne laissant téter le jeune animal que trois fois par jour et en remiilaeant un repas par une bouillie claire de son de blé, de tourteau, etc. Au bout de huit à quinze joui^ de ce régime on supprime deux tétées remplacées par des bouillies, des jeunes herbes, du foin; enfin on supprimera successivement les dernières tétées pour ne plus donner à Tagneau que des aliments solides, sains et facilement digestibles : grains, farineux,tourteaux, foin. Les jeunes élèves sont placés durant ce temps dans des bergeries siiaeieuses, bien aérées, en communication avec un hangar, une pelouse où ils pourront piendre leurs ébats.
11 existe dans tout élevage des agneaux chétifs qui se développent mal. On les remontera à Faide de toniques amers, feuilles de noyer, poudre de gentiane, quinquina gris. On distribuera de Tavoine aplatie, de Torge, du blé concassé, du son, des tourteaux, et en particulier de la farine de féverole (15 à 20 grammes par jour). Il est parfois avantageux de placer dans les abreuvoirs de la ferraille rouillée.
Durant le sevi-age les jeunes agneaux seront conduits sur les meilleures pâtures, en les éloignant autant que possible du troupeau des mères.
Maladies des agneaux. — Les agneaux peuvent éti-e atteints pat* diverses alTeclions. Le muguet est caractérisé par la présence sur la muqueuse buccale et linguale de filaments blancs et par révolution ultérieui^e d'ulcérations.
Le muguet attaque en général les agneaux au moment du sevrage, mais il peut sévir sur des animaux de quinze à dixhuit mois et même deux ans. L*aflrection est contagieuse et peut soit infecter tout TefTectif des agneaux ou se maintenir à rétat endémique dans le troupeau par cas successifs. La
MàTUODES DB REPRODUCTION.
maladii' so pîvsente surloul chez les animaux insuflisainineiit nourris; la inalproprelé des étahles, leur humidilé ou leur température trop élevée peuvent favoriser l'infection; les sujets atteints d'une afTection parasitaire antérieure, cachexie aqueuse, helminthiase intesÛnale, bronchite vermineuse, seront naturellement prédisposés au muguet ; cependant oa observe cette afléction chez des animaux sains (i).
La contagion a lieu par la communauté des abreuvoirs et des crèches : la (hu-ée totale de la maladie ost de huit à dix jours dans les cas ])énins et de dix à (juinze jours dans les ras ^M'a\('s; la i^uéi isoii survient pres(|ue toujours chez les a^nieaux vigoureux et bien alinn'nt«''s, mais la moi lalil»' peut alt<'indre 15 à 20 p. 100 chez les sujets anémiés ou de faible constitution.
Les méthodes préventives consistent à élever les jeunes sujets dans les meilleures conditions hygiéniques : local sain et aéré, température modérée et sèche, alimentation rationnelle des mères, sevrage progressif.
On isolera les malades et on leur lavera la bouche avec de l'eau borîquée ou phéniquée, ou avi>c une dissolution de bicarbonate de soude, de chlorure do chaux. Les bergers utilisent avec succès un simple ])adigeoiinage de la nuKjueus»' buccaleavec de Trau acidulée d'acide chlorhydriiiue i3 à 4 gouttes par litre) édulcorée avec du miel. Ëniin il importe de modilier l'alimentation des nourrices pour obtenir une sécrétion lactée abondante et nutritive ; les crèches et râteliers seront désinfectés avec soin.
(In peut observer plusieurs affections diarrhiiques des tignetMx. ïjà diarrhée des jeunes animaux à la mamelle ou diarrhée grise est due à une infection ombilicale ; Tagent pathogène est un mici*oco(|ue ou colibacille (jui pulluli dans les étables. Plus tardivement on peut voir apparaître une autre loiine de
(1) On distingue facilement les ulcérations du muguet, des aphtes
de la fièvre aphteuse par ce fait que cette dernière affection chez le mouton aifecte surtout les onglons, les lésions buccales étant très
rares.
Le muguet des agneauv ne semble pas être idciilitiue au muguet des enfants causé par un champignon parasite, le saeeliaromyces albicans. L'agent pathogène du muguet des agneaux n'a pu encore être déterminé.
GËSTATiûN &T PARTURITION
«liai rliée, rarement inoi telle, lorscpit' les agneaux coniniciiccnt à absorber cei-l ai n s alimenlssolides, notamment des tourteaux; les fèces, peu nauséabondes, ne deviennent jamais blanches et n^ontpas Tapparenre raillebotée de la diarrhée des agneaux à la mamelle. 11 suffit d'administrer aux jeunes animaux quelques grammes de crème de tartre soluble et en supprimant les aliments solides pour reprendre Tallaitement maternel.
11 existe enfin une diarrhée particulière aux agneaux élevés au biberon avec le lait de vache, cette affection peu grave se ('ombat à Vàldo de sucre et de bicarbonate de soude additionné au lait i)i"éalal)lenient bouilli i K. Tliierrx ),
L'alFection la plus dangereuse et la plus IVé(jueut»' est la diarrhée grise des agneaux. L'agneau devient triste, se cache sous les râteliers et refuse de téter ; le ventre est ballonné, tendu, des vomissements laiteux se manifestent, la bouche coule, la fièvre survient, la diarrhée, jaunâtre, devient blanche^ liquide, caillebotée, d'odeur fétide ; la mort survient dans les vingt-quatre à quarante-huit heures.
f^a seule méthode préventive consiste à prendi*e les plus grandes précautions d'asepsie. Comme procédés curatifs on utilisera les prescriptions suivantes : Donner aux agneaux, toutes les vingt-quatre heures, «pieifjues cui lierres de décocliou de graine de lin additionnée de cinq gouttes de teintuie d'opium, ou bien un mélange d'acide tauuique (24 centigrammes), d'acide salicylique (24 centigrammes^ de naphtaline pure (6 centigrammes) délayé dans du miel.
Lorsqu'on voit, un agneau abattu, le dos voûté, le ventre rétracté avec de la l'aideur dans les articulations et dans les muscles du cou, on est en présence des premiers symptômes de Carihrite des agneaux; des tumeurs se forment à l'articulation du jarret et les animaux maigrissent et succombent. On combat cette affection en modifiant l'alimentation des brebis nourrices et en administrant du sel de Glauber.
Parfois les agneaux sont décimés par une maladie de symptômes peu visibles, les jeunes animaux de ({uati e à six semaines meurent soudainement sans présenter d'autres lésions que de Thypertrophie du foie, un léger épanchement dans Tabdomen et des signes d'asphyxie dansle thorax ; Tau-