‹ Zootechnie; mouton, chèvre, porcChapitre 19 sur 168 · PRODUCTION DES JEUNES MOUTONS · texte numérisé non relu

PRODUCTION DES JEUNES MOUTONS

h ce procédé de laisser un certain nombre de brebis non fécondées, disparaît si l'on a soin de lâcher dans le troupeau

vers la lin do la lutte un l)élier très vigoureux; l'époque de 1 agnelage permet de déterminer la paternité de Tagneau (Lefour^.

Au moment de la monte on donnera aux brebis une nourriture choisie en les menant sur les meilleurs pâturages, sur les éteules ou en leur distribuant des aliments concentrés, selon la saison.

Le bélier doit recevoir une alimentation fortiûante qui doit le maintenir en bonne santé, sans cependant amener un état d'engraissement nuisible aux manifestations génésiques.

Quinze joui*s avant la lutte on peut donner au bélier de ra\<)ine, de Torge, des pois; le sel exerce une action salutaire ; reni icliissemcnl des rations est d'autanl plus utile que durant Ja saison de tnnntc les hélici s mangent j)eu.

Époque de la luUe, » L'époque ou saison de lutte est choisie de façon à faire naître les agneaux au moment le plus favorable, lorsque la ferme dispose de ressources alimentaires importantes.

En principe, on distingue trois époques de monte et par consétjuent trois époques de naissance d'agneaux, c'est-à-dire trois époques A'agnelage, la gestation durant 5 mois environ.

1° Monte en juillet et août — naissance en décembre et janvier: aynelayc d'huer.

Monte en se|»tein])re et octobre — naissance en février et mars : arpichn/c de printemps.

Monte en janvier — naissance en juin : agnelage d'été.

L'époque de l'agnelage est ordinairement la même pour tout le troupeau, la répartition des naissances en deux époques complique la tenue du troupeau la plupart du temps sans intérêt.

L'agnelage de printemps offre les avantages suivants : la lutte s'effectue à une époque (septembre et octobre) où la pAture des chaumes fournit aux brebis une alimentation riche et légèrement excitante, la probabilité de fécondation s'en trouve augmentée; les agneaux naissent au moment de la f)ousse de l'herbe. L'allaitement et le sevi age se pratiquent aisément : le choix de ces saisons ne nécessite pas, Thiver, la constitution

ACCOUPLEMENT

de réserves fourragères qui eussent été indispensables avec un allaitement liivernal; cependant la mère doit être bien nuun ie durant la gestation et remploi de racines est nécessaire en février-mars, au début de l'allaitement; on reproche à cette saison d'agnelage l'affaiblissement des mères qui s'aperçoit sur la laine déjà longue à ce moment el dont les brins se déta* chent facilement.

L'agnelage d'hiver est particulièrement adopté pour les troupeaux de mérinos, la parturition s'effectuant à la bergerie peut être aisément surveillée ; l agneau est déjà fort au printemps et peut suivre le troupeau au pacage ou en transhumance; on obtient en outre une (|uanlitè de laine d'une valeur appréciable. Par contre, ces procédés nécessitent de? l'essources fourragères Thiver, et la saison rigoureuse peut affecter la mère au moment de la délivrance.

L'agnelage d'été est préféré parmi les troupeaux transhumants ou vivant sous des climats tempérés. La lutte s'e£fectue en janvier à la bergerie et peut être facilement surveillée. 11 est parfois malaisé de trouver les ressources alimentaires nécessaires à Texcitation des brebis, mais durant la gestation et pendant l'allaîtement les mères utilisent d'abondantes ressoui'ces fourragères, l'état de santé des brebis se maintient florissant, le dépouillement du ventre, des cuisses est très l are et le produit en laine de la mèi'e est de 25 à 30 p. 100 supérieur à la production de l'agnelage d'hiver et surtout de printemps (Lefour). Les agneaux eux-mêmes donnent une toison d'une réelle valeur sans qu'on ait à redouter les dangers d'une tonte précoce ; ils échappent également aux dysenteries, arthrites, fréquentes dans l'agnelage d'hiver.

L'agnelage d'été parait être plus économique que celui d'hiver (1). Gomme inconvénients signalons l'époque peu favorable à la surveillance du troupeau, et la coïncidence de l'agnelage avec l épocjue du lavage et de la tonte qui doivent être ainsi pratiquées sui' des brebis pleines ou même déjà en lactation.

(1) 100 kilogrammes de foin consommé réalisent en laine une va^ leur de 35 frimes dans le cas de l'agnelage d'été et de 28 francs pour l'agnelage d'hiver (de Wekherlin).

PRODUCTION DES JEUiNES MOUTOiNS.

Ces diverses considérations détermineront le choix de la saison d'agnelage ; selon le régime cultural, Tabondance des

fourrages, les rondilions d'hal)itat, de. ; la iiionle aura lieu à Tune des diflei entes époques indiquées. On observera sui lout les conditions économicfues de 1 exploitation du troupeau en s eflbrçant de produire les agneaux aux saisons ou leur élevage peut produire les plus forts bénéfices. Si la spéculation zootechnique consiste dans la production d'agneaux pour la boucherie, on les fait naître en hiver, au moment oû les veaux sont rares ; si le lait des brebis est utilisé comme dans lé midi de la France, les brebis mettront bas en mars-avril afin d^augmenter la sécrétion lactée par la dépaissance sur les jeunes palur es.

Loi'sque les sujets sont gardés pour 1 elc\age, on préféi'era faire naître dans le courant de l liiver; les nmrcliands de béliers adoptent l'agnelage de printemps afin de livrer aux éleveurs pour la monte d'été des béliers de quatorze mois. En Angleterre on fait naître en septembre les agneaux de Christmas (Noël), etc.

Lorsque l epoque de Kagnelage doit être modiûée dans un troupeau, ce changement doit ménager des transitions et on réussit mieux en avançant qu'en retardant Faccouplement. Par une alimentation plus riche et légéi-ement e.xcitante favoinc , pai" la présence constant' d'un bélier boute-en-traiii, on provo(|ut*ra à une épo<|ue plus hâtive la manilestalion des chaleurs et chacjue année le nombre des brebis, prèles plus hâtivement à la fécondation augmentera; on réforme les retardataires et bi(>ntùt le changement total est opéré. 11 est en général plus facile d'avancer la lutte de janvier en septembre ou celle-ci en juillet que cette dernière en janvier (Sanson).

Durée de la lutte. — L'intervalle durant lequel les brebis sont saillies doit être assez restreint, pour éviter une trop longue durée de l'agnelage, et assez vaste cependant pour permettre la técondation des bcebis sinon aux prcFiiieres chaleurs, tout au moins à celles ([ui réapparaissent. Le délai d'un mois à six semaines concilie ces intérêts divers.

Attendi'e trop longtemps aurait rinconvénienl de produire des agneaux retardataires, qui par suite de leur liaiblesse

GESTATION ET PARTUaiTlOiN.

seraient écartés par les plus forts du pré ou du râtelier.

On compte en j^^énéral de 5 à 10 p. KK) do mères non fécondées, ce sont ordinairement les plus cliélivcs qui n'entrent pas on rut ; on j)out los pardor un an sans porter, mais il est bon de rétonner les brebis stériles dès la dewdèiue année.

Nombre de brebis données à un bélier. — Le bélier possède un pouvoir prolilique considérable; un de ces animaux pourrait féconder 150 brebis en cinq ou six semaines (Lefour) ; un bélier put saillir 247 mères en six semaines et donner

187 agneaux (Block), mais ces faits sont évidemment exceptionnels. De l avis des éloveurs autorisés, on estime qu il faut un bélier pour 100 l)re])is pour uno lutte à la main de six semaines (Tliaor: ; Wokliorlin indique la proportion de 7"» à 160 brebis dans la lutte à la main et de 30 à ;>o dans la lutte en liberté. Bapst donne le chiffre de 50 brebis pour un bélier.

Dans le cas de monte libre la probabilité de non fécondation ou de surfécondation nécessite en effet un nombre plus élevé de béliers; il faut de 3 à 6 mâles pour 100 femelles,

encore sont-ils exténués à la fin de la saison alors que beaucoup

de brebis sont oncoro non fécondées.

11 est évident (jut; le cliillVe d«' femelles à donnei* au ])élier dépend de la valeur du mâle, du lé^imo «général, du clinial, de répoque, de réloiguemeut des pâtures qui peut latiguer le bélier, etc.

On aura soin d'avoir toujours des béliers supplémentaires pour les cas où les mâles sont affaiblis et fatigués; les jeunes m&les seront utilement employés occasionnellement. On se rendra compte ainsi à une date précoce, de leur valeur comme étalon.

m. — GESTATION ET PARTURITION.

Gestation. — La gestation chez la brebis dure en moyenne t) mois ou l'W) jours [minimum observé 139 jours, maximum 159 jours). La durée de la gestation semble plus courte chez les races précoces. Les brebis Mérinos porteraient 150 Jours. DiFPLOTH. — Zootechnie, IH. — 2

MÉTHODES DE REPRODUGTlOxN.

les Southdown-Mérinos 146 jours, les 3/4 Southdown-Mérinos 145 jours, les 7/8 Southdown 144 jours, les Southdown

puies 144 jours (.Nalhiisiiis).

I.c régime des mères en gestation n'imi)li(|ue (jiie 1 observation générale <les règles permettant d'éviter toute cause d'avoHemenl. On se gardera des lieurls, des coups, des attaques des chiens et des longues marches.

Souvent à la rentrée ou à la sortie des bergeries les brebis se pressent en fouie ; pour écarter ces causes d'avortement on garnira les portes de rouleaux ou on les construira selon un profil particulier, la région inférieure étant moins large que le haut et présentant deux surfaces inclinées de dedans en dehors.

Les hrebis jileines sont placées sur les pâturages les plus sains on l ecevi ont à la bergerie des aliments riches et facilement dii:eslihles.

Les racines, les tubeicules doivent être donnés avec mesure et en les associant à des aliments concentrés; remploi excessif des turneps paraît favoriser l'avortemen t.

L'état de la mère pendant la gestation inilue sur la valeur du produit. Une brebis grasse donnne toujours un agneau de petite taille, mais vif et bien portant ; Fagneau d'une brebiç maigre a les extrémités grossières, il est étroit de corps et de faible constitution (Stephens). On évitera de distribuer des iourraL;es moisis el des aliinenls glacés.

Agnelage. — Les ovidés constitucnl la liansilion entre le groupe des fem^dles domestiques généralement unipares (jument, vache; etctdui des temelles domesti(|ues multipares (truie, chienne...). On obtient en elfetdans le cas des brebis et des chèvres domestiques une proportion très variable de naissances doubles.

L'époque deTagnelage étant proche, on nettoiera d'une manière complète les loges, les compartiments et une litière fndche sera disposée ; si la saison est rigoureuse, les ouvertures seront closes. Le berger devra alors se tenir prêt nuit et joui pour porter aide aux bl'ebis dans le cas de parturitions dilliciles.

Les présentations anormales sont d ailleurs rares et les bons

Digiti/oû by Cjt.)0^lc

GBSTATIOM ET PARTURITION.

bergers savent en général agii- avec rapidité et adresse, soil en exerçant de légères tractions, soit en administrant des breuvages de vin, cidre, l)ière chauds avec une légère décoction de rue. La présentation vicieuse sera rétablie en station régulière, en repoussant Tagneau au fond de la matrice et en ramenant les parties du corps en position normale ; dans le cas de non réussite on devra sacrifier Tagneau pour sauver la mère. Il importe d'observer si le délivre a été expulsé, ce qui s'opère en général avec grande facilité.

La parkn ition dt^s lirebis s'elîectue, en générai, très sinipleinenl el sans danger.

Parfois on constate après le part, le renversement de Tuferus. Lorsque sitùt la délivrance et surtout au moment de Texpulsion de Tarrière-faix des efforts violents se manifestent, il faut avoir soin de ne pas quitter la béte et refouler avec la main bien - aseptisée les parties étrangères, aux enveloppes fœtales qui tendent à sortir. Si, malgré ces précautions, la matrice se renverse, il faut étaler Torgane retourné sur un linge bien propre imbibé d eau pliéni(jiiée et vineuse. On fait ensuite absoiber à la l)re])is un quart à un demi-verre de bonne eau-de-vie pour la metti'e en état d"i\ l osse, puis l'organe heinié est soigneusement lavé; un aide soulève le train postérieur de la brebis placée le dos sur le sol, et l'on remet en place l'organe, enfonçant avec précaution la main bien aseptisée aussi profondément que possible. La brebis est maintenue dans la position indiquée pendant une demi-heure et généralement tout est remis en état; En cas de menace d'expulsion nouvelle on fera de nouveau ingurgiter à Tanlmal un demi-verre d'eau-de-vie.

L'état d'engraissement un peu accentué des brebis seml>l(^ favnriseï- la })i'()ducli(»n do cet accident, ou tout au moins la diflirnlté de réduire la mali ice berniée (K. Thierry).

Allaitement. — La mère lèche ordinairement son agneau; on peut l'y inviter en saupoudrant le jeune animal de son ou de sel ; au besoin on devra opérer des massages à l'aide d'un linge ou du foin fin.

L'agneau se dirige instinctivement vers le pis; dans le cas contraire on l'y conduira en faisant couler dans sa bouche

MÉTHODES DE REPHÛDUCTION.

quelques gouttes de lail. On laisse la hrebis et son aL^ioau dans une logotte quatre à six jours, pour qu'ils puissent se leconnaître et se chercher dans le troupeau.

L'agneau devra absorber le premier lait ou colostrum et la seule règle à suivre durant col te période est de l'allaiter copieusement. L'observation de celte règle est d'autant plus impérieuse que 1a durée de la vie du mouton exploité zootechniquement est très courte et que ces animaux sont, proportionnellement à leur poids total, les plus forts producteurs de viande.

L allaitement abondant et prolongé a pour l ésultat <le développer la surface de la caillette ; ])ar contre, les sujets nourris à J aide d'aliments \t''i:étaux et grossier's ont une panse, des intestins plus volumineux et présentent une conformation défectueuse (Wilkens); les rendements des agneaux allaités exclusivement au lait sont supérieurs à ceux des sujets ayant reçu des aliments solides.

Au point de vue économique, il est donc d*un intérêt considérable d'allaiter copieusement les jeunes agneaux et d'aider à ce résultat en veillant à la nourriture des mères. 11 est peu recommandable d'élever av<»c une seule nouri ice les deux agneaux des parlurilious doubles; il vaut uiieux sacritier le <lcuxiènie né ou le donnei* îi une mére (lispoFiihlc. sauf ccpen- (liint loisqiic la spéculation Zdotcchnitjuc |»oursuivie es! piécisémcnt la production d'agneaux de lait vendusà trois (»u quatre semaines (sud-est de la France).

Aiin d'empêcher que les agneaux ne tourmentent les mères et pour assurer également la facile digestion et la complète assimilation du lait ingéré, il est bon de séparer les jeunes des nourrices et de régler le nombre des tétées qui ne doit pas dépasser quatre par jour.

Otte séparation est d'ailleurs «ddigatoire, lorsque les hn-liis vont au pâturage; dans le cas d'allaitement d'hiver, on place les agneaux dans des compartimcnls séparés, munis de cloisons mobiles par où les agneaux seuls peuvent passer et ;rejoindre ainsi leurs mères.

(3n peut constater parfois chez les brebis une inflammation de la mamelle revêtant une forme suraiguë (mammite gan-

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