‹ Zootechnie; mouton, chèvre, porcChapitre 25 sur 168 · II. - PATURAGE · texte numérisé non relu

II. - PATURAGE

On réserve en général aux moutons les pâturages médiocras à herbes courtes et fines, poussant sur les sols secs et perméables à terrains sableux, calcaires, silico-argileux, pierreux, etc. Les ovidés sont pour ces pâtures les meilleurs

utilisateurs pt se satisfont parfailoment de ces conditions ;

l'éle\a;:(' réussit mal au ronlrair»' sur- l»^s; prés liuniides inarécaj:eu\ eou>liUiés par les fonds do vallées, les terrains bas impeiinéal)Ies.

LeH sols crayeux do la Chanipagno, h's jdaines calcaii'cs de rindre, les plateaux calcaires de la Côtc-d'Ur, de la llaule Marne et d(»s Vosges, les causses de TAveyron, du Lot, les régions à sol calcaire de T Isère, des Hautes et Basses-Alpes ainsi que quelques plaines à sous-sol calcaire, Beauce, Gâtinais, etc., ont été de tout temps célèbres pour leur élevage ovin.

On peut utiliser pour la pâture, les landes et les garrigues couvertes de bruyères, f^enêls ou <le romarins, lavandes, kermès (midi de la Franco ; les huis fournissenl do médiocios ressources aux moulons ol la laine dos (oisons ost ai rachéo par les épines. Les pâtures de montagne, des causses se

PATURA6B.

placent cnsuile dans rollr riassiliralion des pâturps par ordre croissanl de valeur» puis viennent les pâtures naturelles, les friches de la Bourgogne, de la Champagne; enfin les prairies naturelles de la Normandie, du Charolais où les ovidés consomment rherbe laissée par les bœufs à Fengrais.

Parfois on fait passer les troupeaux sur les prairies après la coupe des regains (automne) ou avant la pleine pousse de rherbe (printemps), le premier mode n*entratne aucune dépréciation dans la recolle suivanlo, le sol est même tassé avec avanla^M' par les moulons, niais la dt'jiaissance des prés au premier printemps déprimage délerniine une dépression sensible du poids de fourrage récolté ensuite.

Le changement des pâtures dans le cas des ovidés, dépend de la fertilité du sol, de la variété envisagée, de la spéculation poursuivie. Dans chaque région, on voit à ce point de vue des coutumes locales; mais en règle générale, il est recommandable de ne pas surcharger la pâture et de laisser le pré libre à certains intervalles pour que Therbe reprenne une nouvelle vigueur.

On l'épartira les sujets dti troupeau jiaïuii les pâtuies de diverses valeurs, on ayant soin de léserver aux anneaux l'iicibe la plus line, la plus tendre et la plus <li«;eslil)ie, poussant sur les terrains sains, pas trop secs cependant, situés au voisinage de la ferme. Les mères et les brebis seront placées sur des pâturages fertiles et abondants en sol sain, faiblement distants de Texploi talion. Les agneaux gris et les an tenais, les moutons un peu délicats, pourront se contenter des p&tures moyennes assez éloignées, à herbe courte et nourrissante, sur terrain sec ; le contingent des moutons à Ventrelien pourra paître sur les pâturages <lo moindre qualité les plus éloignés ; enfin, les moutons dVn«:rais, les jeunes brebis seront placés sur les pâtures lérlilesel <:rasses.

L'époque du pâturage varie suivant le climat. Dans le midi de TEurope ou dans les régi()ns à hiver peu vigoureux (Angleterre) les moutons rentrent peu de temps à la bergerie ; rbivemage se prolonge plus ou moins dans les contrées septentrionales et centrales.

U est avantageux de ne pas commencer le pâturage hâtivement au printemps, rherbe aqueuse convient peu au mouton,

ÉLEVAGES DES OViûËS

cl sî une reprise des froids survenait inopinément, les ovidés devraient être mis à nouveau au fouiraj^o sor qu'ils relusent parfois à cetlt3 éjxxjue. Si le piUurajjfc rommcnoe de bonne heure au prinlrni[)s, on ilislribuera aux nioiihwis avant leur sortie, chaque jour un peu de fourrage sec; ainsi se trouve réalisée une transition indispensable entre le régime du sec et celui du vert; Testomac du mouton éprouve ainsi moins d'inconvénient à Tabsorption de l'herbe parfois humide.

G^est ordinairement en avril que la dépaissance commence dans le centre et le nord de la France, elle dure jusqu'au milieu ou à la fin de novembre, c'est-à-dire pendant cent soixanle-dix à cent quatre-vingts jours.

Les moutons et k's bi-ebis qui n'ont [)as porté, les troupeaux de \ari<Hés communes sup])ortenl volontiei's un |)âlurai;e plus prolongé ; d ailleurs il est parfois «'*cononiique de leur faire consommer sur place les feuilles de betteraves, de navets, les racines en terre, les regains, etc.

Lorsqu'il s'agit de faii*e pâturer aux moutons des fourrages verts de légumineuses, il y a lieu de craindre la météorisaUon, avec le trèfle notamment. Les moutons absorbant une quantité considérable de ce fourrage, le matin, lorsque le trèllc a élt' cliaulle par le soleil, il se produit dans l'estomac des ovidés des térmentatiinis [)aiticulièies, (pii, par Tabondance des gaz formés, distendent la panse et peuvent occasionner des accidents graves. On fait avantageusement transporter aux champs des râteliers mobiles dans lesquels on disposera la quantité qui devra être strictement consommée. Une précaution indispensable pour éviter la météorisation consiste à faire consommer aux animaux avant le départ de la bergerie, des fourrages grossiers, de la paille qui absorberont dans Testomac Texcès d'humidité; enfin le berger devra attentivement surveiller l'ingestion de ces fourrages et limiter la proportion à consommer.

Lorsque les moutons sont coiuiuils >;iiis liansilion de j'égime sur les chaumes decéréales, ils peuvent é'pi'ouverdessympLomes congestifs des divers organes, notamment des pieds, par suite d'une consommation trop considérable d'épis abandonnés. Afin d'éviter ces fourbures qui peuvent immobiliser les ani-

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