TOURNIS
symptôme que présentent les moutons atteints, pris subitement de vei'tige et tournant sur eux-mêmes toujours dans un sensdélerminé.
La cause du tournis réside dans la présence du Cœiiure cérébral dans le cerveau du mouton.
L'origine de cette aiïection est la suivante. Les chiens peuvent
Fig. 1. — Cœnure cérébral.
1, vésicule portant dos groupes de tûtes ou scolex, grandeur naturelle ; 2, deux groupes de scolex, grossis quatre fois; 3, scolex avec sa forme naturelle (non cotnprinié) et fortement grossi.
nourrir dans leur intestin un ténia de taille relativement petite dont les œufs, rejetés avec les excréments, sont ingérés par les ovidés avec leur nourriture ordinaire. Ces embryons hexacanthes, mis en liberté dans l'estomac du mouton, traversent les parois du tube digestif et sont emportés par les vaisseaux sanguins dans tout l'organisme; les uns s'atrophient et meu-
MALAm£â DES MOUTONS.
reni, seuls les (îiiihi vous (Uii a(t«'ii,aionl le cerveau s'y développeiit et se Iransl'orment eu uae véisicule qui atteint, en deux ou trois mois, le volume d'un œuf, et produit à son intérieur un grand nombre de petits bourgeons qui ne sont
autres que des têtes de ténia (ûg. 1 et 2); ce cœnure cérébral détermine Taffection dénommée tournis. Durant la première |)hase le mouton est dans un état de prostration accentué, les yeux et le cerveau sont congestionnés ; les sujets d'un ceilain âge triomphent de ces attaques; leurs tissus résistant aux embiyons qui ne tardent pas à périr. (îhez les agneaux les symptômes indiqués plus haut s'atténuent^ puis au bout de quatre à cinq mois la maladie reparait et s*aggrave, le mouton
Fig. 2. - Tète de mouton avec cuMiuro «^t pris de vertige, la dans le lobe anlcneur droit du ccr- mort peut survenir raveau. pidement. En règle gé-
nérale, il est plus avantageux (rabattre les animaux atteints plutôt que d'essayer un traitement quelconque.
Les seules mesures préventives consistent à surveiller les chiens de berger, à les débarrasser des parasites à Taide de vermifuges et surtout d'éviter de donner à manger aux chiens la tôte des moutons abattus, pratique qui assure inévitablement rinfection du chien et consécutivement ralla(|ue des moutons par cette afféction.
CAGBBXIE. AQUEUSE.
Kg. 3. — Lymniea truncata.
Cachexie aqueuse. — Les ovidés pâturant siii- les fonds humides sont attaqués souvent par une alTection désignée communément sous le nom de pourritw*e ou cachexie aqueuse, L*animai maigrit, ses muqueuses et principalement la conjonctive de Tœil sont de nuance pâle, un œdème s'étend parfois sous la gorge. La cause de cette maladie réside dans la présence de douves hépatiques dans les canaux hiliaiies du luit' du mouton.
La forme de ces helminflios l appt'lanl « ('lie des feuilles des renoncules, on a souvent attr ibué à ces plantes les troubles causés par cette ailection. 11 s'agit, en vérité, d'une affection parasitaire ; les embryons du distome hépatique accomplissent la première phase de leur existence dans le corps d'un petit mollusque (Umnxa truncata)
qui vit dans les fonds humides où précisément on rencontre bon nombre d*espcces de renoncules (lig. 3). Les ovidés abs(M'l)cnt avec l'lin be ces em])ry(nis et ces diM iiiei s évoluant viciuKMit se loger dans les canaux biliaires du loie.
Les agents essentiels de la maladie sont le distome hépatique et secondairement le
disUme lancéolé.
Le distome hépatique ou grande douve du foie i>rêsente une longueur de 2 à 3 centimètres avec une largeui- de 1 centimètre environ, le corps de couleur brun clair est assez large en avant et se rétrécit pour former une sorte de cou term i n é par une ventouse arrondie (fig. 4).
Le développement de ce trématode présente les phases suivantes. Les œufs (fig. 5) émis par la douve sont évacués i>ar Jes excréments du mouton, transportés dans un milieu
Fig. i. — iJistoiuc hépatique.
Fi
— OEuf
de distome.
MALADIES DfiS MOUTONS.
humide, ils évoluent vi dnmH'iil naissaficc à di* |H»lile8 larves
revèliH'sdecilsà rai(lt'(lfs(|uels elles nagent (embryons inlusofuinies) (lig. 6) et se déplacent jusqu'à re qu'elles aient rencontré
rhùte qui leur convient :
un petit mollusque du genre Lymnée le lAmnœa truncata. L'embryon traverse les tissus du mollusque, m'iH'lie jiis(iu'ù la cavilé pulmonaire où il se transforme en line soi-le de sac ovoïde, le sporocyste {i). Le spoi'ocyste se développe, à son intérieur des cellules bourgeonnent et produisent i ig. 7. — Cer- chacune un corps cylincuire du dis- drique muni d'un appareil tome. digeslif : la rédie. Ces ré-
dies s'échappent du sporocyste, se fixent dans ditr«''i'ents oi^anes du mollusque, donnent des rédies-iilles qui bourgeonnent à leur tour et produisent iOà 20 cercaires, sortes de corps ovalaires aplatis munis d'une queue, qui 8*échappent du mollusque, nagent dans Teau environnante et se fixent sur une plante aquatique ou une herbe des prairies humides (lig. 7). Les cercaires perdent leur queue, se rontractenl et ne forment plus (ju'une petite boule recouvertes d une couche protectrice p. ^ K ste d d* dure et blanche; ces kystes forment fomêTépilique Vés sur l'herbe de petits points brillants sur un brin d'herbe, et restent à l'état de vie latente jusqu'au jour où ils sont ingérés par un herbivore, ordinai-
Lurvu de distoiiio hépatique.
(1) GvÈHAVx, Entomologie et parasUologie agricoles.
GAGflEXIB AQUEUSE
rement un mouton qui tond les prés de plus près (fig. 8).
Parvenu dans Festoniac, le kyste se dissout; le cercaire, mis en liberté, pénètre dans le foie par le canal cholédoque et deux mois après, évolue en douve hépatique (fig. 9).
La plupart des moutons ont le foie rempli de douves; lorsque leur nombre ne dépasse pas une centaine Tanimal n*en souffre pas; ralfection s'a«ri,M'ave lorscjuc ce chiffre atteint 600 à 800 et même 1000 douves, les canaux biliaires pré-
Pig. 9. — Métamorphoses de Trématode.
A, larve ciliée; a, tégument; 6, rédie ; G, rédie avec rédies de 2° génération ; D, rédie avec cercaires ; E, cercaires ; F, trématode adulte.
sentent une irritation caractéristique et le mouton est atteint de cachexie aqueuse, distomatose, pourriture, etc.
La petite douve du foie ou Douve lancéolée est de dimension plus réduite: 1 centinièlre de longet 2 millimètres de largeur. L'évolution de la petite douve n'est pas encore nettement connue (fig. 10).
Les embryons vivent dans le corps d*un mollusque gastéropode, la planorbe (Plantmbis miirginata) ; on la rencontre avec la grande douve dans les- canaux biliaires du mouton, du veau, elle détermine rarement des troubles graves.
MAUDIBS DBS MOUTONS
Dans Il>s ('as de cachexie aqueuse rinfection est insidieuse el dirUciieàdélermIner au début, ordinairement au printemps ; à peine constate-i-on un peu de faiblesse et d'abattement, la peau est moins rosée, Ut muqueuse de Tœil est un peu sa-
franée (premièra période). A la seconde période, les moutons sont mous, sans énerjrie, ne réagissent plusàla main qui les saisit au jaiTol. (îi» diajjnostic nu pou siuiplislc csl liabiliK'llt'nKMit utilist* par les l)()U('luM's. l/apjx'tit diniiniK', Ic^s aîiiniaux sont alléivs el urincnl iréquenuuenl, les muqueuses se décolorent, celle de Tœil paraît s'épaissir et forme un bourrelet au bord des paupières {œil gros des bouchers).
Des engorgements œdémateux qui surviennent peuvent donner au mouton Tapparence d'un certain embonpoint, parfois rexcitation produite à ce moment par les douves >ui' la sc'cri'lion biliaire au^nionte l'appélit iSiiiKiiids ; ('(:[)en<iant en maniant l'animal on perroil aisénuMil la mollesse des tissus; la laine, sèche, cassante, se détache spontanément.
Dès septembre et novembre survient la troisième période, le mouton maigrit rapidement, Tœdème sous-cutané se localise dans les régions déclives, un engorgement nettement déterminé se forme sous la gorge (bouteille), disparaît la nuit pour reparaître la jour née ; rapf)étit est faible, la respiration accélérée; la mcu't survi(Mit souvenl durant cette période. La qnatrième période, (|ui débute en mai sni\ant, est njarquéo par la guérisou des sujets, guérison apparente, car le l'oie de l'animal est attaqué irrémédiablement et l'animal est voué à une mort certaine qu*il sera bon de devancer.
Selon la force, le tempérament du mouton, les conditions du milieu, Talimentation, la marche de la maladie est plus ou moins rapide ; des moutons meurent entre sept et neuf jours, pour d'autres la cachexieaccomplit son œuvre en six mois
Fig. 10. — Uislomc lancéolé.
CAGUEXlfi AQUEUSE. 51
seulement; des maladies parasitaires, des coinplicalions diverses viennent d'ailleurs hâter le dénouement.
Un diagnostic sûr ne peut être pprté.qu'àla deuxième période, en recherchant les œufs de la douve dans les excréments des malades (Davaine).
Le traitement préventif aura pour base une hygiène bien comprise; les bergeries placées sur un sol sain ou drainé seront largement aérées ; les montons ne sortirant pas pendant les temps pluvieux. Si, par lUMcssité le troupeau doit aller pâturer, on distribuera aux animaux avant la sortie une ration de fourrage sec, ou de l'euillards arrosée (Teau salée. Les pâturages sains seront préférés et on s éloiguera des pâtures marécageuses non drainées.
Afin d'éviter la propagation de la maladie, on détruira autant que possible les œufs de douves et les limnées qui servent d*intermédiaire aux diverses métamorphoses du trématode, en répandant en couverture de la chaux ou du sel marin ; les foies des si^yets abattus seront cuits avant leur distribution aux chiens.
Le traitement curatif consiste à soutenir et tonifier les animaux par une alimentation sèche et concentiée.
Comme traitement, onpeutdonnerchaquejoui 7 àSgrammes de sel marin et 200 à -2;)0 grammes d'avoine par tète (Neumann) ; un mélange de 15 à 20 grammes de baies de genièvre avec 200 grammes d'avoine, arrosé d'une cuillerée de vin rouge et distribué tous les deux jours, donne d'excellents résultats (Thierry).
Les bourgeons de sapin mélangés au son (Trasbot), un mélange de naphtaline (70 centigrammes) et de poudre de gentiane (5 à 10 grammes) ont été égalem<'nt préconisés.
Les anticachecliques de Deiafond contiennent :
Farine de blé non blutée
— d'avoine
— d'orge
Sulfate de fer
Carbonate de soude
Sel marin ...
5 kilogr. I 10 ~ i La pâte
5 — I fermentée . 15 à 20 gr. 1 est cuite . Idà^O — \ au four.
1 kilogr. /
M. Thierry recommande enlin le traitement suivant : dis
52 MALADIBS DES MOUTONS.
tribut iuii le iimliu de la ratioa bui vante composée pour 10 tètes :
Farine de bl6 mêlée au son 2 kîlogr. \
— d'orge 3 — j Arrosé de
Tourteau de navette 1 — [ V2 litre
Baie de genièvre 125 f^r. \ devin.
Sous-carbonate de fer âO —
A n)idi, on doiuir <iii son aiiuséavec du lait de vacheou du bouillon de viande et 30 grammes de sel marin. Le soir, distribution du mélange ci-de.ssous :
Avoine !'>^,:>00 Aii<>,>é de
Farine de blé et son :i»^*>,uOO j vin, lait
Poudre de gentiane 50 gr. . ou
Feuilles de noyer sèches et bri- \ bouillon
sées 100 gr. ; de viande.
Les bacs à eau doivent contenir des morceaux de fer rouillé et sont changés tous les trois jours.
La cachexie aqueuse s*observe toujours sous forme enzootique et même épizootique; les agneaux, les antenais sont les
pi'einier>;illeints. surtout en autounie, eu hiver et au priuteinf)s. La nature du sol. du sous-sol, joue dans cette propagation un rôle important ; les sous sols argileux lavorisent laformation de flaques, de mares d^^au propices à 1 éclosion des œufs et aux métamorphoses de la douve.
Fièvre charbonneuse ou sang de rate. — La lièvre charbonneuse est une maladie générale virulente, inoculable aux principales espèces domestiques, due à la présence dans Torganisme de la haetéridie de Davaine.
On distingue cette afîection sous le nom de charbon bactéridieHy du charbon si/mptomatif/ue ou rharbou à tumeurs dû au dé\ t'l(i|i|ieiiienl d une bact»'rie spe( ilii|ne { liacterium Chauvœi y et ijui allecte d'ailleurs rarement le mouton.
Le micridje de la lièvre charbonneuse {Bacillus antlu^acis se présente dans le sang et les tissus sous la forme d'un bacille immobile et rigide de 4 à 6 [x de longueur sur un \l de largeur (Nocard et Leclainche). L'affection existe de temps immémorial dans les diverses contrées de TËurope et notamment autour