FIÈVRE GHARBONNEUSB OU SANG DB RATE
de certains foyers (« places. maudites » de la fieauce;<' montagnes dangereuses» deTAuvergne). Les perles causées à l'élevage sont considérables et s'évaluent à une dizaine de millions chaque année (1); en France cependant, la fréquence du charbon diminue nettement.
Chez le mouton les symptômes de la fièvre charbonneuse sont les suivants : dans un prcmici- type IVéquemmcnt observé, le moulon cesse bi usijueincnt manger et de l uniiner, il |)arait inquiet, la tempéralure s'élève à 41". même 42*^, les muqueuses sont injectées, la respiration haletante, des tremblements musculaires surviennent. L'animal expulse à de courts intervalles une urine fortement colorée, les matières excrémentielles sont parfois injectées de sang; le mouton tombe bientôt, rejette par la bouche, les narines une écume sanguinolente et meurt. Ces synqitùmes évoluent en une à quatre heures environ (Nocard et Leclainche).
L'évolution peut être plus rapide encore: le mouton f^rince des dents (juehiues instants, gravite en avant, tournoie cl tombe sur le sol ; la mort survient en ciiK} à dix minutes.
Une forme plus insidieuse et plus lente détermine la mort en six à onze heures.
La putréfaction du cadavre s'opère rapidement, les vaisseaux sous-cutanés laissent échapper du sang noir et incoagulé, le foie est congestionné, friable et cuit; la rate est en général hypertrophiée et atteint quatre à huit fois son volume, Furgane est gonflé de sang (sang de rate).
La rapidité delà maladii; permet un facile diagnostic ; les bergers reconnaissent le chiul)on à rémission d'urine sanguinolente, provoquée au besoin par le pincement énergique des naseaux.
Chez les animaux atteints et morts le sang et tous les tissus sont virulents. Depuis longtemps on avait remarqué Torigine tellurique de la fièvre charbonneuse. Cette influence du sol était établie nettement par Texistence des « places maudites » de la Beauce, des « montagnes dangereuses »> d*Auvergne. Les
(1) En 4842, la Beauce éprouvait un doriifiia<i:e de 7 millions; en 1862, le seul arrondissemenl de Chartres pcrdail 2U OUO moutons.
MAUDIES DBS MOUTONS.
berpprs beaucerons savaient bien que seul rrnif'de consislait à faire émigrer le troupeau vers les terres de la Sologne. L'affection ne se transmettait pas par les modes ordinaires de )a contagion, la maladie frappait un mouton et épargnait ses voisins.
Il y avait là un ensemble de faits spéciaux dont l'explication fut donnée par les Iravaiixdc Pasteur, (Ihanibcrland et Roux (18781, élablissant la présence <le spores charlxtnncnses dans le sol des « champs maudils ». L'ori|:in(' de ces spores s\*xpli(juail ainsi. Les corps des moutons mot (s enfouis dans le sol infectaient toute la terre environnante et les vers de terre ramenaient à la surface le parasite, contenu dans ces petits cylindres de terre qu'on rencontre à fleur du sol. La poussière de cette terre désagrégée se répandait sur les plantes et les moutons en pacageant absorbaient les spores avec les aliments; Tinoculalion était favorisée par la présence de corps piquants, barbes d'orge, feuilles de chardon «lesséchées. Les fourrages pi-ovenant de région ainsi infrctées par l'enfouissement d'animaux moi'ls du charbon pouvaient même délcr ininer de graves infections. Les chiens ingérant les viscères charbonneux et rendant avec leurs excréments des spores charbonneuses serv«Mil d'agents de dissémination ; les poules, les pigeons joueraient un rôle analogue ; l'inoculation par les mouches ayant séjourné sur les cadavres est par contre exceptionnelle. Telle est l'évolution nettement établie de cette affection.
L'immunisation peut s'obtenir par l'inoculation de virus allémié, par les toxiru's, par les sérums antiloxitiues.
La démonstration de la vaccination contre le charbon a été établi»' (M) 1881 par Pash'ur, et cette opéiation csl devenue uni; prati(|ue courante, le vaccin fourni par l'Institut Pasteur est inoculé sous la peau à la face interne de la cuisse ; on fait deux inoculations de virus atténué à 12 ou 15 jours d'intervalle. L'immunité n'est assurée que quinze jours après la deuxième inoculation et la durée de la préservation, variable suivant les races et les individus, ne parait pas dépasser un an.
Comme mesmes s;iniUiiies, on aura soin d'isohM' les sujels atteints, de désinfecter les locaux, de bi ùier les litières et les
GLAVELÉE.
fourraj^M's; les endroits où le l adav re aura posé seront arrosc^s de solutions acides, de sublimé ; eniin la deslrucliun complèle du cadavre sMmpose essentiellement; rincinération est peu pratique, la cuisson peu économique, le mode de solubilisalion par Facide sulfurîque (Aimé Girard) offre une solution réalisable. Si Tenfouissement reste le procédé employé, il faut le pratiquer obligatoirement dans des endroits spéciaux et clos ; les cadavres non dépouillés devront èli e transportés dans des voitures étanches.
Le draina^^e peut dans une certaine mesure éviter la cou lajuination et diminuer la fréquence du cluu bon.
Claveîée. — La clavelée est une maladie contagieuse, inoculable, spéciale au mouton, analogue à la variole de rhomme et caractérisée par une éruption pustuleuse sur la peau et sur diverses muqueuses. Les documents les plus anciens [Laurent Foubert (1578), Rabelais, qui la signale sous le nom de « picotte » ; Ramazzini (1691 ]) mentionnent déjà cette affection que les progrès scientili(|ues modernes ont permis de coinhatlre, sans pouvoir déterminer cependant juscju ici la^^ent delà virulence. De tout temps la clavelée a sévi sur les populations ovines du midi de l'Europe et même sur la Suisse, le Palalinat, la Picardie (1740), la (lliampagne (1754- 1756), rUede France (1786), la Beauceet la Ih ie (1795), le nord de la France (1815). Cette affection est entretenue sur tout le littoral méditerranéen, Espagne, Italie, Ballcans; les Pays barbaresques, FAlgérie et la Tunisie sont infectés en permanence ; les Gorbières, la Gamai gue, la Grau constituent des foyers continuellement renforcés par les importations de moutons algériens qui sont les plus sûrs agents de propagation pour les troupeaux tVan< ais.
lin Algérie, bien que l'atTection soit ordinairement peu grave ainsi que sur tout le littoral de la Méditerranée, le taux de mortalité peut atteindre 10 p. 100, dans les grandes poussées épizootiques; en Europe, les pertes sont parfois considérables.
On peut distinguer une évolution régulière caractérisée par lapparitionde pustules sur la peau, les muqueuses extérieures,
et une évolution irrè'julièrey avec diverses complications.
MALAUitiS DBS MOUTONS.
Le liHuilon iillf'int (ie clavelée parait tiislf, aliultu, il s'isok», reste Iat«''te ]>ass«', la (einiuM'alurt? s'élève, atleint 40", laseiisihililédii dos, (li's lonilx's, de Tabdomeii est patiiculière, l'appétit diminue ou cesse. Au bout de (|uatre jours environ l'éruplioii débute par i':(pparitiou de taches rouge fon(*é sur les régions dépourvues de laine, face interne des cuisses, ventre, aine, ars, face, etc. ; au niveau des taches, des pustules se forment alors, hémisphériques ou coniques ; la peau environnante est chaude, douloureuse, sur la conjonctive la pustulaiion pmvoque une ophtalmie externe intense, au niveau de la pituitaire elle détermine un jetaj;e mufjueux abondant, la localisation bmcalr s'accompagne d'une salivation abondante (Nocard et Leclainche). Quati'e à cin(| jours après, le bouton claveleux laisse transsuder un liquide roux et trouble, puis jaune et limpide (claveau), la sécrétion persiste un ou deux jours, des croûtes irréguiières se forment à sa surface, la pustule s'affaisse, la croûte se détache, la cavité mise à jour continue à sécréter du pus durant quelques jours, une nouvelle croûte se forme et la cicatrisation s'achève ; l'évolution totale dure vingt à trente jours.
Les localisations sur b's muqueuses digeslives et respiratoires déterminent une ciavelée irrégulière qui évolue toujours sous nne forme grave.
i^a marche de la clavelée dans le troupeau est particulière, l'airection atteint une portion du contingent et parcourt ses diverses phases sans que les autres animaux soient atteints, puis lorsque l'évolution est terminée, un mois après, un second groupe de moutons est atteint et ainsi de suite ; la clavelée dure donc dans le troupeau trois ou quatre moisjusqu'àce que tous les sujets en état de réceptivité soient atteints. Ce cycle particulier était désigné autrefois |»ar les bergei's sous le nom de « clavelé»» de première, dcnxièfne el troisième lunes ». (le j»ro( «'<sns jiar liculiers e.\pii<iue (»n l'emanjuant ([uela contagion ne s'exerce que durant la dernière période alors que le claveau desséché est répandu dans les miheux habités.
La clavelée, assez bénigne sur le littéral méditerranéen, offre un caractère de gravité accentué lorsque l'on s'élève vers le Nord ; k mortalité atteint 20 p. 100 pour la France
CUVSLÉB.
(Delafond)ot oO p. 100 pour rAiiKlfterre (Simonds). Certaines races semblent offrir une résistance particulière, les populations indigènes de TAlgérie notamment, les moutons bretons également; par contre, les variétés améliorées, surtout les types ovins précoces destinés à la production de la viande, sont particulièrement atteintes.
La transmission de la clavelée s^opère par les poussières provenant du claveau desséché et transportées parle vent, par les litières, les foiin aj^^es, les personnes visilanl les ber^-eries, les chiens, les étoin neaux, elc... En dehors d'une elliacliona travers le té«;umcnt rarement réalisée, c'est toujours par les voies respiratoires que s'opère rinfection nalurelle (Nocardet Hoiix) ou parfois par les voies digestives (Chauveau^
11 n'existe aucun traitement spécial pour la clavelée; lors d^évolution régulière, les animaux affectés sont placés dans des bergeries désinfectées, propres, bien tenues, munies de litières fraîches ; on leur distribuera des aliments choisis et de digestion facile. Les modes de sauvegarde consisteront dans l'immunisation des moutons par inoculation de virus normal ou modilié et par injection de sérum provenant de moutons immunisés.
L'inoculation intra-cutanée est suivie en général d'une éruption pustuleuse limitée au niveau des piqûres et confère rapidement l'immunité.
L'inoculation de virus affaibli détermine des accidents qui ne diffèrent des précédents que par leur intensité moindre.
Les résultats obtenus par des injections de sérum paraissent actuellement peu concordants, les exj)ériences réalisées par Duclert, Nocard ayant doinn' des conclusions opposées, tlues peut-èti'e à la diiïéri'nce des races de sujets traités. (".ejM'ndant M. Boriel recommande l'emploi d'un sérum anli-claveleux obtenu en inoculant à des moutons guéris de la clavelée, des quantités de plus en plus considérables de virus. Le traitement au sérum est employé seul ou combiné avec la clavelisation. La méthode de séro-clavelisation a donné à Arles des résultats très remarquables.
L'inoculation intra-cutanée du claveau ou elavelùation est considérée comme le mode le plus sur de sauvegarde. On peut