DE LA VIANDE
Les ovidés livrent à la consommation trois sortes de viandes : la viande d*agneau de lait, sacrifié avant le sevrage ; la viande d'agneau sevré ou agneau gris, et la viande de mouton.
La viande d'agneau de lait esl [ïrincipaleinent cslirnée dans les pays méridionaux et le débouché en est assez restreint. L'agneau gris, engraissé et abattu entre huit à douze mois, fournit une viande très appréciée comme mets de luxe dans les grands centres, Paris notamment ; le plus fort contingent apporté à la consommation publique est sans contredit • celui de la viande de mouton, c'est-à-dire la chair engraissée provenant d'animaux adultes, ou près de le devenir.
Viande d'agneau de lait. — La production de ces sujets est surtout en laveur dans le sud-est de la France et dans les régions où les brebis sont e.\|)loitées comme laitières (variétés Larzac, Millery, îSahune, Barbarinei.
On consomme également beaucoup de chevreaux dans la région des Alpes, autour de Grenoble notamment, la peau de ces jeunes sujets alimentant les nombreuses mégisseries de cette contrée.
La seule méthode d'exploitation à recommander consiste à allaiter copieusement les jeunes animaux jusqu'à l'époque de
la vente à la boucherie, entre un mois et six semaines. On recherchera les brebis capabh's de donner deux agneaux et les deux sujets seront ek'\és. On obtient ainsi un poids total plus élevé qu'avec un seul agneau consonunant tout le lait et dans ce cas particulier c'est la seule considération importante. Une adroite sélection permettra de ne consacrer à cette production que les agneaux les plus forts et les plus lourds ; il existe à ce point de vue des différences tenant à la race et à l'individualité.
Dans le midi de la France les agneaux de lait nourris
EXPLOITATION DES OVIOÉS.
e.\( lu>i\ eiiHMit <lu lait de leur luèfc si; Nciidciit à ciiKiuaiili; jours au larit' de 0 fr. 80 ù 1 Ir. 20 le kilo;^n-uinine de poids vif; on stipule en générai dans les inarehés de ne pas livier de inoutun d'un poids supérieur à 13 à 14 kilogrammes doiil le détail serait moins rémunérateur pour le boucher qui vend une parlie de la marchandise à la pit'ce et à prix fixe (Farcy).
Les naissances ont lieu en général en février^mai*s et les brebis n'apnMent qu'une fois Tan ; les troupeaux pâturent dans les cliainns d'of^^e founa^ei*, les luzeines, les vijines a|)i'ès les vetidaii«:es, les jaclièiH's ; à la bi'r^M'rie, on donne de la i»aille, un jieii de ft)in,el un jifu <le t()ur(eau<lc sésame.
Quelijues éle\eurs aolièlent des biebis d AlVique pleines et les revendent après agnelage el vente de 1 agneau de lait une fois qu'elles sont à demi engraissées. (>elte spéculation, diflicile à bien conduire par suite des qualités inégales du bétail d*ÂIgérie, peut laisser de beaux bénéfices. Il serait avantageux d'obtenir des brebis deux agneaux par an, le premier en octobre, le deuxième en avril ; on devancerait simplement répocjue de la lutte, les bénélices obtenus en seraient d'autant ])lus considérahltîs.
11 eduvieni de signaler une producliou un jm u sj>é( iulc prali(juée dans les rét-Mons àculluie intensive des en\ irons de Paris et qui consiste à vendre vers trois ou quatre mois des agneaux non sevrés mais ayant reçu un sup|>lémenl de nourriture : son, avoine, tourteaux. A Trappes, M. Pluchet distribue aux agneaux dishley-mérinos, drs qu'ils peuvent manger, un demi-litre d'avoine et de son mélangés et un quart à un demi-kilogramme de regain; on obtient des sujets pesant 2$ kilogrammes à trois mois el demi, vendus 1 fr. 20 le kilogramme de poids vif. M. Petit, dans sa ferme do (Ihampa^ue, fait lultei- des brebis disbiey-méi inos par des bé'liei's soutlido>vn ; les ai:neau.\ sont \eu(lus à «pialie mois, ajurs avoir reçu des pulpes, des lourleaux, de la paille d'avoine. M. Lesage, à l'^resnes, élève des agneaux berriclions-soulhdowu livi^ à la boucherie à trois mois, après avoir consotnmé, indépendamment du lait de leur mère, des pulpes, de Pavoine, des tourteaux et du regain.
ViMide d'agaeau gris. — Pour être appréciée du con-