‹ Zootechnie; mouton, chèvre, porcChapitre 83 sur 168 · MOUTONS. — RAGE DE SYRIE · texte numérisé non relu

MOUTONS. — RAGE DE SYRIE

ou grise en mèches très longues, est d'une Anesse relative.

Les moutons sont nombreux en Bulgarie, on en compte environ 7 millions, soit 2238 par 1 000 habitants ; le pelage est roux, blanc, gris ou noir.

En Roumanie on distingue les variétés Tareane, Barsane^ et Strogose, Tzigata^ Spanca,

Les moutons Stro^^ose ont une laine assez fine et une conformation régulière, les moulons Turcane atteignent un poids de 40 kilogrammes, les niàles ont une liauteur de 00 à 70 centimètres, les brebis 55 à 60 centimètres; les béliers présentent souvent 4 à 6 cornesen spirales atteignan t jusqu*à90 centimètres de long, la queue est courte et en général couverte de toison épaisse. Excellents marcheurs et très rustiques, ils donnent annuellement environ 2^9fi de laine utilisée à la confection des vêtements des paysans.

La variété TzigàXa ou Ti'jala comprend un type blanc et un type noir ; les béliers possèdent de très fortes cornes, les brebis en sont dépourvues; on obtient de 2 à 2^^,^6 de laine de très bonne qualité. La variété noire ou race de Karnabal, excellente pour l engraissement, se rencontre surtout en Dobi'oudga, le long de la mer Noire.

Le type Spanca provient du croisement du Mérinos et du Tzigaïa ; son exploitation très suivie dans la région de Constantz donne 3 à 5 kilogrammes de laine blanche et line. A la ferme de Laza on a impQrté des Mérinos de Hambouillet que Ton croise avec les variétés indigènes. Les importations de la Roumanie en moutons se sont élevées à 35834 têtes (358 340 francs) en 1898 et 24 i20 têtes (241 200 francs) on 1899 (II. Lalière).

Le mouton de Valachie ou Zackehchaf habite le sud-est de TEurope et s'est étendu jusqu'en Gièce dans l'île de Crète. La conformation est régulière, la tète et les membres de couleur foncée, les cornes très développées se dirigent latéralement chez le type de la Valachie et verticalement chez les moutons de Crète. La toison comprend des poils grossiers, bouclés et longs, mêlés à du duvet fin. Très rustique, cette variété fournit de la viande, du lait et 2 à 3 kilogrammes par tête de laine appréciée pour la fabrication de tissus grossiers.

VARIÉTÉS AFRICAINES

Variétés africaines.

11 existe en Afrique un certain nombre de variétés ovines de ce type. Suivant la fertilité du milieu, les conditions climatologiques et les pratiijues de l'élevage, ces moutons pré-

Fig. 61. — Brebis Barbarinc.

sentent des diiïérences sensibles de conformation. Au Dahomey existe une variété de petite taille à la robe pie-noire, de conformation assez correcte. Le Muséum d'histoire naturelle possède à Paris quelques types de ces ovins dont l'élevage poursuivi avec méthode pourr'iit procurei* aux colons des

bénéfices appréciables. La viande des variétés afi icaines > à queue grasse est d'une qualité évidemment supérieure à celle des moutons du Soudan au.xquels ils sont parfois mélangés (O A. Ballière).

Variété Barbariae. — On rencontre cette variété en Tunisie, en Algérie, au Maroc où elle constitue de nombreux troupeaux. Les indigènes distinguent un certain nombre de

Fig. G2. — Crâne de mouton Barbarin à quatre cornes.

races locales ne correspondant le plussouvent qu'aux diverses tribus. La conformation, les caractères extérieurs varient suivant la fertilité des lieux ; parfois la toison est remplacée par des poils; dans d'autres endroits, comme en Tunisie, le corps est totalement recouvert de laine blanche en mèches vrillées, longues et pointue^ (tig. 011, la tète et les membres présentent alors des poils roux, noirs ou bruns; on rencontre quelquefois des toisons brunes ou rousses. Les masses adipeuses fréquentes en Tunisie n'existent pas toujours ; les moutons à cornes divisées y sont communs, surtout dans le sud algérien (fig. 62).

Les colons algériens croisent souvent les Barbarins avec les Mérinos. Les Barbarins purs ou les métis sont engraissés

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en grand nombre et dirigés vers Marseille ou l'Espagne.

Étude de l'élevage ovin en Algérie. — En résumé', on rencontre en Algérie des bov idés se rattachant au type Berbère, au type Barbarin, au type Arabe dérivant du Mérinos.

La raro Berbère occupe une grande partie des massifs montagneux de la SeOa, de Sedrata, de Souk-Âhras, on la trouve dans FAurès, à Gollo, à DjidjeUit dans la Grande Kabylie; le Dahra, le massif de TOuarsenis, dans la partie montagneuse de la région du Tiaret, à Ain Fezza, Sebdore et une partie des cercles de Lalla-Mamia et El-Aricha.

La taille varie suivant la fertilité des milieux, mais elle reste en général petite, la conformation est défectueuse, la viande coriace; ils n'ont ni gigot, ni cMeIctte; la laine, pou abondante, courte, demi-longue selon la région, est toujours dure, réche, à mèche ouverte (Couput). Ces ovidés sont destinés à disparaître et cèdent la place aux moutons que les Kabyles vont acheter en pays arabe.

Le second groupe comprend les moutons Barbarins à large queue et ses nombreux métis ; ces populations ovines sont cantonnées le long de la firontière tunisienne et dans Test de la province de Gonstantine.

La taille est peu élevée, le poids de viande nette obtenu ne dépasse guère 18 à 20 kilogrammes de viande y compi is la queue (^ui n'est qu'une boule de suif de i''s,;jOO à 3 kilogrammes.

La viande est de qualité médiocre, la laine est assez bonne.

Le troisième groupe, le plus nombreux, comprend les dillérentcs races à queue fine, à téte blanche, noire ou brune qui habitent les hauts plateaux et la presque totalité des plaines algériennes.

Un mouton adulte donne 18 à 20 kilogrammes de viande nette; la viande est de bon goût si la castration a été faite de bonne heure. La toison est courte, tassée, plus ou moins fine,

parfois mélangée de jarre; certains sujets se rapprochent cependant du Méi inos.

Les troupeaux, assez lioniogènesdans le Modna, la l'égion do Sétif, de r>ou-Saada, lîoghari, présentent dans les auties centres un nombre de métis d'autant plus élevé qu'ils sont en

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contact avec les Bari>arins dans la province de Gonstantine i>u les Berbères.

Les modes d'amélioration de l'élevage ovin algérien doivent se plier aux conditions climalériques de la région considérée, au n'uHme cullural, etc.

Dans les pays à grande transhumance où le mouton est la seule richesse agricole, les brusques variations diurnes et nocturnes de température, la rigueur (!e Thiver, la chaleur des étés obligent à des coutumes spéciales.

Les troupeaux ne quittent le steppe couvert d*alfa, de thym, d*armoise, de salsilacées que lorsquils en sont chassés par la sécheresse, le froid; les moutons vont hiverner dans le Sahara ou se réfùgient dans les massifs montagneux du Tell.

Les améliorations à conseiller seraient la constiuclion d'abris en quelques endioils privilégiés, la constitution de réserves alimentaires; il faudrait surtout aménager les sources existantes, augmenter les points d'eau potable; enfin, par sélection pure, grâce à la castration obligatoire des béliers de type inférieur, on parviendrait à perfectionner le type général.

Sur la zone à populations sédentaires et à transhumance restreinte, les essais de croisement avec les Mérinos ont donné de bons résultats. La population ovine de ces régions comprend 4000000 de têtes et pourrait se développer sensiblement; Teau se trouve piesque partout en quantité suffisante, l'habitat est sain, le climat régulier, la constitution de réserves fourragèies facile.

Le croisement Arabe Mérinos donne des résultats remarquables; dans les troupeaux où les brebis indigènes pesaient à deux ans et demi 38 kilogrammes, l'emploi de béliei's Mérinos Grau Rambouillet de Mondjebeur a permis d'obtenir des brebis pesant, tondues de quinze à dix-huit mois, jusqu'à 43 kilogrammes ; les béliers du même âge pèsent 49^ v,600; un bélier Mérinos précoce champenois donna avec ces mêmes brebis Indigènes des agneaux pesant, entre six et sept mois, jusqu'à 31 kilogrammes.

On peut donc augmenter neltemenl la précocité et les

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VARIÉTÉS AFRICAINBS.

rendoinonts des sujets obtenus; alors que les agneaux arabes augmentent de 80 grammes par jour, des mélisarabes et Mérinos ont pris un accroissement journalier de 170 gFamiàes(Fieury); dans un autre troupeau les agnelles arabes pesaient à huit mois 27 Itilogrammes, les agnelles arabes pures et de race choisie marquaient 31 kilogrammes, et les agnelles croisées

Les béliers de souche pure ont parfois du mal à s'acclimater, mais les premiers métis manifestent nettement leur supériorité, la viande est de meilleure (jualité, la cùtelelle et le gigol plus développés, la toison fC^iKiit" î>0 P- 100 en poids; le jarre disparaît dès la première génération si Ton opère sur des brebis arabes de race pure, et à la deuxième génération avec les brebis berbères.

La laine est bien ondulée, un peu moins ûne et moinst chargée en suint, mais sensiblement plus longue.

Le cheptel' algérien comprend environ 8 millions de tètes, mais ce nombre pourrait être porté à 40 millions sans envahir les terres de bonne nature, car les deux tiers du territoire algérien n'ont d'autre mise en valeui' que le mouton (de Loncey). '

Les Aral)es castrent les moutons lardix «'ment, sans doute pour laisser aux agneaux la force sullisanle pour suivre leur mère; cette opération tardive et souvent incomplètement effectuée par suite du bistournage rudimentaire, nuità la qualité: delà viande et laisse au mouton quelques-uns des attributs du mâle, lourdeiir de la tète, épaisseur du cou, au détriment désreins et du gigot ; une castration h&tive et mieux appliquée serait en tous points recommandable.

Les moutons al<?ériens fournissent un appoint considérable à l'alimentation do Paris, et depuis quelques années le cliifTre des exportations a pi is une intensité bors de proportion avec rimportanre du rinqdcl ovin.

Celte au«:mentation du cbifTre des exportations, de nature à faire obstacle au renouvellement normal des troupeaux, est d'autant plus dangereuse que les envois ne comprennent pas, comme autrefois, que des montons adultes, mais aussi de jeunes sujets, et, dans une proportion excessive, dès brebis en

état de gestation avancée (2^ 000 par an en moyenne, ce qui

représente une perte de pliiscrun demi-million de tètes pour reffectit' de Tannée suivante).

Il n'y a pas lieu de s'étonner, dans ces conditions, que le nombre des moutons, qui était de 11 millions en 1887, soit allé, depuis lors, en diminuant d'une manière constante jusqu'en 1900, pour se relever dans une proportion» d'ailleurs insuffisante en 1901 et en 1902.

11 a paru nécessaire de porter remède à cette situation et, dans ce but, d'interdire Texportation des brebis pendant la période du 15 août au 31 décembre, où, en règle générale, elles sont toutes en état de gestation avancée.

Les Chambres d'a2:ricuUnre, à l'exception de la Chambre de Constantine, ont donné un avis favorable à Tadoplion de cette mesure.

Si on trouve encore des agriculteurs qui restent opposés à rintroduction du Mérinos, c'est ({ue, placés dans des conditions particulières, ils ont tout intérêt à faire de Tengraissement pluUVt que de l'élevage. Certains terrains, mal ressuyés l'hiver, couverts de pâturages Tété, donnent de fort beaux bénéfices tant que l'on y fait des opérations d'embouche; mais la cachexie y tue irrémédiablement les moutons qui y séjournent toute Tannée. Les Mérinos qu'on a voulu y élever sont moi ts, les brebis arabes n'auraient pas mieux résisté.

Les eiïorl^ de radmiiiislration tendent à amener simultanément, par les deux procédés préconisé^, sélection et croisement, l'amélioration du mouton arabe. Cette amélioration s'impose de plus en plus, et pour la laine, dont le débouché est assuré en France et qui se vendrait un prix bien plus élevé, si elle était de meilleure qualité, et pour la viande, si l'Algérie veut continuer à vendre ses moutons à la métropole.

Les procédés préconisés pour l'amélioration de l'élevage

ovin en Al£:érie sont donc de diverses natures. Dans le département de Constant ine les éleveurs se montrent partisans exclusifs de la sélection du type indiirène: en Oranie on recommande la sélection dans les pays à culture extensive et

VARIÉTÉS AFRICAINES

les croisements par le Mt^rinos partout où Tagricuiture plus

indispensables. Le Mérinos gagne de jour en jour du terrain sur tous les points de la région tellienne et les résultats obtenus paraissent concluants (1).

(1) L(î lecteur qui s'intéresserait particulièrement à lV'I>'\an^e aif^érien trouvera des renseignernenls ♦•omplériientaires dans les études docuiuenlées, publiées successivement par M. Tisserand et M. Viger.

ressources alimentaires

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