‹ Zootechnie; mouton, chèvre, porcChapitre 95 sur 168 · C. asiatica · texte numérisé non relu

C. asiatica

Caractères MoatecbaiqaeB. — Le crâne est nettement dolichocéphale, le front, faiblement incurvé latéralement, présente des arcades orbitaires effacées ; les chevilles osseuses, souvent absentes, sont à base étroite, dirigées obliquement en

arrière et contournées en spirale à un seul tour. Los susnaseaux, rectilifînos sans dépression à la racine du nez, s'unissent en voûte i)Iein-cintre. Le profil est rectiiigne, la face elliptique, allon^'ée.

La taiÛe est peu élexée (O'»,^ à Le squelette fui, les

masses musculaires peu épaisses et les membres courts. La tète est fme, sans barbe au menton.

Les poik longs abondants forment des mèches ondulées ou vrillées cx>uvrant tout le corps et jusqu'à la partie moyenne des membres ; la livrée est de couleur variable, blanche, brune, jaunâtre, tachetée, etc. ; sous les poils existe un duvet fin et soyeux qui précieusement récolté est utilisé à la confection des étolTes rares, dites chàles d inde.

Aire géographique. — Les animaux de ai type, souvent distingués par les naturalistes sous les deux groupes de C. /anigera et C, thibekaiOf sont originaires de THimalaya et ont gagné progressivement le Pundjab, le nord de THindoustan, lesuddu Thibet. La chèvre asiatique est susceptibled*adaptation à nos climats et se rencontre dans nos contrées où son exploitation est plutôt un objet de luxe et un agrément.

Variété d'Angora.

Les chèvres d'Angora représentent le minimum de (aille de la race (0",60), les cornes du màle sont longues et spiralées, celles de la femelle petites ; les oreilles sont larges et tombantes, le poil, d'une blancheur éclatante, forme des mèches longues, frisées ou bouclées, il tombe par mue annuelle au printemps

CHÈVllES. — RAGE D'ASIE.

et, récolté avec soin, est utilisé pour la confection de la passementerie fine et de certains tissus.

('es animaux habitent l'Asie Mineure et durant plusieurs siècles les indij^ènes ])<)ursuivirenl leur t'Ieva^M? avec un soin jaloux, cmprcliant toute exportation des chèvi-es. Diverses tenlalivesd importations elIVctuéps, notamment pai le mar(piis de Ginori (1182) en Toscane, par M. de la Tour d'Aiguës, à la bergerie de F(ambouillet, par le roi d'Espagne Ferdinand VU (1830), ne furent sanctionnées par aucun succès définitif.

L'importance économique dé l'élevage de ces chèvres détermina la Société d'Acclimatation à tenter Tintroduction et Tacclimaten^ent de ces ovidés caprins. On obtient, en effet, 5 à 700 grammes de toison chez les femelles, 1 000 à i 200 grammes ( liez les mâles; les lilés de ces jxiils donnent environ 2.*i(HK) iiH'tres de iii jwir li\i'<' aiiirlaise, on en l'ait des tissus « mohair » ou des velours dits dT'Irt'i ht.

Cette race ne se dislinj^ue pas seulement par la (inesse de sa toison, mais sa chair est de qualité excellente; très médiocres laitières cependant, les animaux sont d'humeur douce et peu capricieuse.

Dès 1854, la Société d'Acclimatation recevait un convoi de 15 animaux offerts par Abd-el-Kader, retiré en Asie-Mineure ;

plus tard un troupeau de 75 tètes complétait cet effectif. Ces chèvres turent répai ties dans le Dauphiné, l'Auvergne, les Vosges, le Jura et en Algérie.

Ia's sujets importés en Ali;érit' et conliés à un colon, M. Fruitie, j)ropriétaire à Cheraga, s'adaptèrent parfaitement à c<'s conditions et I acclimatation de la chèvre Angora en Algérie est un fait établi ; la toison a gardé ses qualités de iinesse et de blancheur ; la chair est toigours estimée.

Quelques sujets Angoras importés au Gap par un officier anglais, puis par le D' Whiti (1857), MM. Mosenthal, firent souche et se développèrent ])rinci paiement dans les districts de Somerset-Kast, Bodlord, (îradork, etc.; on estime à 2 millions euv iron le nombre de chèvres Angoras élevées dans rAfri(|ue du Su»l.

Aux Klals-Unis on estime à 400000 tètes reifeclif des chèvres Angoras, produisant environ i 000000 de iivresde laine mohair ;

VAUIÉTÉ D*ANGORA.

les provinces les plus peuplées sont celles de Texas, Nouveau- Mexique, Californie, Orégôn, etc.

L^éievage de la chèvre Angora en Algérie a fait peu de progrès; alors que le Cap exporte chaque année 11 millions de toisons angora, notre colonie africaine n*en vend pas pour 4 000 francs. 11 serait à souhaiter que cette production se développât, la race étant parfaitement adaptée aux conditions du milieu et les revenus procurés étant très remar(iua])les.

L'éleva^n^ de la (^liévi*e aiiirora a pris depuis le milieu du siècle dernier un développement sensible sur tout le plateau de TAsie Mineure; la composition géolof^ique des terrains de la province d'Angora étant peu favorable à la production des céréales et Texploitation du mouton difficile en ces régions où les pluies sont rares e.t les végétations naturelles réduites à quelques plantes ligneuses, Télevage de la chèvre d'Angora se présente comme une spéculation zootechnique des plus intéressantes.

L'aire géoj^'rapliiquo occupée par ces animaux peut s'étendre aisément, la ruslicilé de ces ('liè\res leur peniiettanl de supporter les froids rigoureux et les chaleurs intenses, Thumidité seule est peu favorable à leur exploitation.

On compte actuellement dans la province d'Angora SOC 000 chèvres réparties en quatre catégories : les Oglak ou jeunes caprins d'un mois à un an (120000 tètes), les Tchebich d'un an à deux ans (125000 tètes), les Erketchs, mâles âgés de trois ans, destinés à la reproduction et à la récolte de la laine (300000 tètes) et les Damislek, femelles de plus de trois ans donnant des chevreaux, de la laine et du lait (2ooOOO tètes).

Dans les onze districts où res chèvres sont réparties, lt\s rendements et la qualité de la laine \arient, mais on peut arriver h un rendement moyen de 37;i grammes pour les Oglak, iiOOgrammespour les Tchebich, 1 kilogramme pour les Erketchs •et 750 grammes pour les Damislek; les poils sont de différentes longueurs et couleurs : la première qualité atteint 25 centimètres de long, la couleur est blanche, l'aspect brillant, le toucher soyeux et doux; le j>rix en était autrefois de 6 francs le kilogramme : dej)uis la toncurrenrc des produits du Cap cette valeur est descendue à 3 francs et 3 fr. 50. La deuxième

DiPFLOTH. — Zootechnie. III» — IB

3ifc CHÈVRES. — RACË D'ASIE.

qiialili'jiui vaut 2 francs à 2 fr.50 le kilogramme, présente des poils moins lonjLrs, de nuance noii àtreou rouirecàtre.

La nourriture des chèvres d'Angora se compose de la végélation spontanée des Hauts-Plateaux, feuilles de vigne et autres; pour rhiver on fait de Tensilage avec des branches feuillues de chêne que Ton recouvre de grosses pierres et de terre (i). Les chèvres se vendent couramment 10 francs; les jeunes animaux 4 francs; les déi)enses, nourriture et entretien, sont évaluées à i fr. 80 par tète; la rente annuelle (lait et fromage est estimée 3 francs. Une chèvre achetée 10 francs donne donc cha(|ue année : un chevreau (3 fr. 50 , 750 grammes de poils {'À fr. oOj, du lait (3 francs), soit 9 francs de produit hrut.

Kn déduisant la taxe que paient les bergers (1 fr. 40 par tète) et la dépense courante d'alimentation et d'entretien on arrive au bénéfice annuel de 5 fr. 80. La viande des chèvres se vend 0 fr. 50 le Idlogramme, la peau vaut 1 franc à 1 fir. 50.

Les résultats pécuniaires de cette exploitation sont donc très remarquables, il y a quarante ans environ les Anglais ont acheté les plus beaux béliers pour les importer au Cap ; les Américains ont également introduit aux États-Unis, comme nous l'avons dit, 200 tètes et les Australiens 400 tètes.

La concurrence exercée ainsi par les produits du Cap, des États-Unis ont fait baisser de 50 p. 100 la valeur de la laine d'Asie Mineure; néanmoins cet élevage gagne progressivement les provinces de Brousse, de Sivas, Castamoni, Koma, Van, Teffectif général atteignant actuellement 1 500000 têtes.

L'emploi des poils de chèvres d*Angora est généralisé en Turquie, on en fait des tissus brillants, très solides et rendus imperméables par un tissage spécial ; en Europe on utilise ce poil en mélange avec certains autres et il passe pour recevoir aisément toutes les teintures ; on le recherche pour la confection des velours d'ameublement qui ne s'imprègnent pas des matières grasses susceptibles de les tacher.

(i) Les bergers d'Angora font ainsi de l'ensilage depuis un temps imméinorial sans se douter de la valeur de ces procédés de conservation.

VARIÉTÉ D£ CACUËMIRE

Variété de Cachemire.

L habitat de cette population caprine comprend la vallée de Cachemire dans le Pendjab.

La taille est un peu plus élevée que TAngora, la tête relativement fine est toujours dépourvue de cornes. Les poils sont abondants, longs, à peine ondulés et cachent complètement le duvet lin qui sera récolté au [)rintemps à l'époque de la mue et servira à confectionner les célèbres chàles de Cachemii e.

\a\ robe est ordinairement l>lanclie ou café au lait, les oreilles sont longues, larges, minces et pendantes. Le poil grossier de la toison nommé bal recouvre le sifsii ou duvet; plus le bal est long et lin plus le duvet est de bonne qualité; on recherche de plus, à ce point de vue, les femelles à tète courte et ramassée, à oreilles minces et tombantes. Le pis des Gachemiriennes est peu développé, néanmoins les rendements en lait sont satisfaisants.

Les ciièvres de Cachemire sont en /général robustes et peu délicates, elles s'alimentent aisément avec les ressources fourrajxères diverses; l'humidité seule leur est funeste. Le froid, rexisteni e à Tair libre sont des conditions plutôt favorables, d'ailleurs le régime de la stabulation nuit à la qualité du duvet, plus fin mais moins élastique.

Un essai d'acclimatement fut réalisé en 1816 par M.Temaud concurremment avec M. A. Joubert ; en 1854, un troupeau de 16 chèvres de Cachemire, don d*Abd-el-Kader au maréchal Vaillant, était également importé en France; mais pour des raisons diverses cette tentative fut abandonnée sans avoir produit aucun résultat. L'adaptation semble possible, mais l'utilisation difficile du duvet par nos industries textiles enlève à cette e.xpérience toute portée pratique.

Variété Tbibétaine. — La conformation générale rappelle celle des chèvres du Cachemire, le duvet est seulement moins fin et sert à fabriquer les ch&les du Thibet.

La chèvre du Thibet, appelée encore chèvre des Kirghises, habite en troupeaux nombreux les flancs de THimalaya, son berceau semble ètrelesbordsdu lacManusarovar(Petit Thibet).

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