C, europaea
Caractères zootechniques. — La l)ra( liycéphalie est lorlemenl accentuée, le front excavé, à'arcades oi hitaires saillantes présente des cornes à base étroite, d abord parallèles, puis arquées en arrière en spirale très allongée. Les sus-naseaux sont courts, larges, déprimés à leur union avec les frontaux, unis en voûte très surlmissée. Le profil est angulaire rentrant, la face triangulaire à base large un peu camuse.
La taille est variable (O", 93 au maximum), le squelette fort, peu musclé, le corps étroit, à dos tranchant, à croupe courte et inclinée, le cou lonj^ et mince, les membres hauts, le pied sans sinus hillcxc, les poils sont longs, grossiers, de nuance brune, jaune, j^rise ou blanche.
La tète est forte, parfois sans cornes, les oreilles moyennes, rœil vif, la bouche grande, le menton muni de barbe.
La chèvre d'Europe met ordinairement au monde deux chevreaux ; bonne laitière, elle présente des mamelles peu-dantes à trayons allongés verticaux et non divergents.
La chair du bouc exhale le parfum particulier à cet animal et ne peut être utilisée si la castration n est pas pratiquée,
Diyilizea by CjOOglc
GUÉVUBS. — RACE D'EUROPE.
relie de la rli»'vi-e consei xr i n pni li»» cet aruine. aussi n ulilîse-t-on ordinairement dans ralinientalion lunnaine que la v iande des chevreaux ; la peau de ces jeunes sujets est estimée dans les industries de la panlerie.
Le tempérament est rustique, vigoureux el alerte. ' Aire tféogtaphique. — Le berceau de celle race semble être les Alpes (Sanson) el les représentants de ce type se sont étendus successivement sur toute l'Europe et même en Afri(|ue, utilisant les pâturages escarpés; inaccessible» aux moutons, ('.es chèvres constituent de petites populations isolées, en rranc(? (au-dessous de la L(ure), en b'uisse, en Italie, en Autriche, en Kounianie, Sorhie, Turquie, Grèce, Espagne, etc., ainsi qu'en Algérie et Tunisie.
Variétés des Alpes.
Suisse. — On rencontre principalement les chèvres de ce . type en Suisse où Télevage de ces animaux est pratiqué avec
sollicitude et où Tapplicalion judicieuse des méthodes de sélection a peiinis d aniéliorer également la conlormation et l'aptitude laitière. (Test ainsi ([ua pu èlic constitué un certain nomhre de variétés locales netlenjent délinies.
Variété blanche de Gessetiuy ou de Saanen, — Cette variété .est originaire du Ilaut-Siminonihal ou mieux de Gessenay (canton de Berne), elle s'est répandue dans i'Appenzell où sous une taille un peu réduite on la dénomme « chèvre blanche d'Appenzell sans cornes ».
La valeur de ces chèvres a déterminé un actif mouvement d'exportation en Suisse même et à Tétranger.
La laiUe est relativement élevée : 78 à 1I3 centimètres; c est la plus <;ian(le chèvre» de Suisse, son <lévelo[)j)enK'nl rapide lui permet «l atleiiidre le poids de 70 à 90 kilo<.îramnies.
La robe est blanche, variant du blanc neif^e au blanc crème, les muqueuses rosées, les yeux de nuance jaunâtre, les cils blancs, les onglons jaunes (lig. 63-04).
Le poil est court, sauf sur le dos et les cuisses où il prend quelque développemen t ; le bouc présente une barbe de longueur moyenne, plus longue que oelle de la chèvre.
VARIÉTI^S DES ALPES.
La conformation est correcte et régulière, la tète bien proportionnée, moins courte que chez les autres types suisses ; le Iront et le muile larges, les oreilles lines, parfois légèrement
Fig. Vûi. — Chèvre blancho de Saanen.
tombantes; celte particularité, transmissihle par hérédité, semblant indiquer un séjour prolongé à l'écurie.
L'encolure est mince et allongée, la poitrine ample et profonde, le dos droit, les reins larges (N. Julmy). La croupe de cette chèvre est relativement phis développée (|ue chez ses congénères, le pis est volumineux, les trayons moyens et bien placés (fig. 63).
Sans être aussi robuste que les races à cornes que nous
CIlÈVRliS. — RACK D'EUROPE.
éludions ci-dessous, la chèvre du (iessenay s'accoutume au régime des montagnes, bien que le séjour de la plaine lui soit plus favorable. Les qualités laitières sont très remaixjuables ; dans sa jeunesse cette chèvre s'engraisse aisément.
Variété Valaisicmio ù col noir. — On rencontre cette
Fig. Ot. — Bouc do la race à col noir du Valais.
variété, dénommée encore race de Viège, dans la vallée de Viège et le Haut- Valais jusqu'à Sierre; ces chèvres gagnent insensiblement la vallée d'Herens où elles supplanteront la race chamoisée des Alpes.
VARIÉTÉS DES ALPES. 295
Le caractère le plus saillant de ces caprins est présenté par la robe délimitée en deux portions, Tune noire à l'avant-main, l'autre blanche à larrière-main, se rencontrant derrière répaule au passage des sangles en une ligne de démarcation
Fig. Gii. — Chèvre du Valais.
nettement verticale; les onglonsde devant sont noirs, ceux de derrière, blancs (fig. 64 et 65).
La taille est moyenne, 0"',70à0",78, le corps n'est lotalnnent développé qu'à quatre ou cinq ans. La toison très fournie, très longue, permet à ces animaux de résister aisément au froid;
CUkiVUBS. — RACIi; D JlURÛPB.
sur l'épine dorsale le l>ouc [)résente des poils lon^^s de 0™J5G, Itî Iront el les yeux sont oiubra^jés [>ai' une forte touH'e de poils, la bai hc singulièrement longue tondbe parfois jusqu aux onglons.
La conformation générale est toujours ramassée, avec la • tête courte, le front large, les oreilles réduites; le cou est i^ela- • tivement court, bien attaché. Le dos est droit, les reins lai*ges, la croupe développée et faiblement inclinée, les cuisses musclées, les aplombs réguliei*s; le pis est de grandeur moyenne, avec des trayons bien placés.
Celte variété est reinai'(jual)le par sa rusticité, c'est la chèvi-e des hautes iiion(a*riies, le type des ^rlaciers; sa sohiiété et sa rusticité sont hieii conimes. Les \ alaisiennes iVanciiissent plusieurs lieues pour chercher leur nourriture et passent les nuits en plein air ; la stabulalion leur convient peu. La sécrétion lactée est peut-être moins abondante que parmi les Saanen ou les .Toggenbourg, mais leur endurance et leur sobriété sontdes qualités primordiales. Les chèvres s*engraissent facilement et donnent une viande réputée. Les suj<'tsde choix sont chaque année exposés en France, Hollande, Italie, Allemagne, Aiiti iclie : les pr ix moyens sont de 50 à 80 francs.
Viir 'u'tô cJjnmnisée dos Alpes. — il s'af^it d'une des vai iétés les phis lépandues en Suisse où la pliipar-t des races locales se rattachent à ce type. Son habitat pai liculii'r comprend la chaîne méi idionale des Alpes Suisses, le long de la frontière dllalie où elle est fréquemment contbndue avec les chèvres de la vallée d'Âoste ou avec la chèvro Piémonlaise.
On irencontre également ces caprins sur la frontière italienne» avée un manteau plus ou moins foncé et sur les montagnes avoisinant le Mont Blanc en Italie ou en Savoie, la robe est ici plus claire et le poil pins court; dans le centre de la Snisso le pela^^e est en };éiiéral plus soinhic et i ap[>elle celui du huuquelin des Alpes. Sui- une air'<' i:éo.,Mapiii(|ue aussi vaste les noms varient sensiblement ; dans le canton des Grisons, où les troupeau.\ sont nombreu.\', on la dénomme Einhcimiscke lias e — braunschwarZf reiner Gebirgsschlufj — Dunkclgemsfarbig — Rein GemsfàrOige Ziege, — ces vocables indiquent la couleur brun foncé du manteau de cette chèvre, d'une taille sensible-^
VAUIÊTÉS DBS AI.PES.
ment réduite et rappelant la conformation du chamois.
Dans le canton de Sainl-Gail on désigne ces capridés sous le nom de Saint^Oall Oberlandet* ou Stiefelgeissen^ GeUdich^ gehôrl ; le mot Sliefel : botte, rappelle la couleur foncée des poils des quatre membres qui la fait paraître ainsi bottée ; les chèvres du canton de Berne sont dénommées //aleschlag ou tf/pe du Hdslfj, elles piennenl le nom de 0 iw a Uincr soldai] hraun, dans (ri nterwald; on l'ait suivit^ ces indications du mot « pehocnt cncornth', la (lliamoisre ainsi (jue la Valaisienne étant toujours gai iiies d" cornes, sauf dans la Gruyn e où existe un type de forte taiiie, très honne laitière, à robe brune mais sans cornes. Les chèvres de Gruyère sont les plus fortes et les plus grandes de Suisse, elles sont moins vives et moins alertes que les précédentes, s'accoutunient également de Talpa^^e et de la stabulation ; il est possible que ce régime de stabulation ait aidé avec le croisement k TafiTaiblissement de la nuance du i)elaL:»' constaté chez certains sujets du canton de ( il n\ n e à la robe gi is ccndi é.
La variété CJianioisée se distin^'ue à j)reniiére vue par sa l'obe de nuance brun clair avec une raie doisale brun foncé de la nuque à iextrémité de la queue. La fac(>, le bord et Tinté* rieur des oreilles, la partie antérieure de la poitrine et les épaules sont de. couleur plus foncée ; les jambes vues de devant sont également brun sombre jusqu'aux genoux et aux jari*els ; les tendons sont parfois plus clairs. Le régime du grand air fonce le pela<re (}ui s*éclaircit au contraire à Fétable.
Les nui([ueuses sont pi«:inentées, les cils noirs, ainsi que les
inU([Urnsrs «'t 1rs oniiloiK li^'. OG et 07).
La taille e>l luovfnm', 7.» à centiniéti'es au i^aiiot ; la conformation est Une, éle^^anle, dé^^a^rée ; la tète courte, lé^'ére» Fœil vif,lc .front déprimé, les cornes élancées, de forme plutôt ovale, le cou mince et court, le garrot arrondi, la poitrine large et profonde. Les membres sont secs, lins, plutôt courts avec des jarrets secs et vigoureux, la ligne du dos est droite, lalargeur des reins, Fampleur de la croupe laissent un peu à désirer, celte dernière région est un peu courte, étroite et avalée.
Le poil est demi-long, bien que plus dévclopj)é sur le dos et les cuisses.
CHÈVRES. — HACE D EUROPE.
La chèvre chamoiséeesl essentiellement montagnarde, mais s'adapte bien à l'écurie; robuste et vigoureuse, elle s'engraisse facilement, le rendement en lait varie suivant la fertilité des milieux.
Les croisements de la chèvre chamoisée avec les autres types
Fig. (3G. — Bouc (\e la race rhanioiséc des Alpes.
ont donné lieu à un grand nombre de variétés répandues dans toutes les localités suisses ; la persistance de 1 influence du sang de la variété chamoisée montre bien l'ancienneté de ce type.
Les métis chamoisés et valaisiens présentent aux oreilles et au cliantVein, des poils roux persistant plusieurs générations;
Variétés des alpes.
les croisements Gessenay et chamoisés donnent des sujets à robe alezan doré ou jaune-paille.
Variété de Togrf en bourg. — Les chèvres de ce type sont peu nombreuses en Suisse, bien que leur réputation de laitières soit parfaitement établie.
La variété a pris naissance dans la vallée de To;:gcnbourg
Fig, (il. — Chùvre chanioisùc des Alpes.
et s'est répandue dans le canton de Sainl-Gall ; les plus beaux sujets sont exploités aux environs de Alt-Saint-Johanne cl dans rOber-Rheinlal près de Buchs ; la chèvre chamoisée et la chèvre blanche d'Appenzell sont lente menl refoulées par les ïoggenbourji^.
Le manteau particulier de cette variété est brun clair avec
CHÈVRES. — RACtt D'EUROPK.
deux handes grisâtres de chaque eut»* de la tèle sur les joues ; le front et le chanfrein sont hrun clair, l'extrémité du nez est ^M-is(% le poil des jamhes est gris clair jusqu'au-dessus du genou et du jarretainsi que la face inférieure descuisses; l'in-
Fig. 08. — Cliévre de Toggenbuurg.
téi ieur et le hord des oieilles est j:ris clair et à la base de la (jueue lisérée de gris s'ohsci v eut deux taches de la mènienuanre.
La variété de Togg«'nh(»ui*g ne pi'ésenle pas de cornes, deux pendelo([ues se remarqih'iit toujours sous le cou (Maneli : Zrdleli, llalsglocki ; sonnelli'-^ du cou , les onglons sont jaune clair lig. (JN .
VARIÉTÉS DES ALPES
Le corps est lotalemeiiL ivcouvert de poils couiLs et gris à. rexceplioii du dos et des cuisses où le poil est court et lia (Julmy), la barbe du bouc est très longue.
La taille est moyenne, 0'"J0 à 0"',78, la conformation est correcte, analogue à celle du Gessenay, mais la tète est moins courte que celle des Ghamoisées et des Valaisiennes ; le front et le mufle sont larges, les oreilles parfois un peu pesantes. Le dos est droit, la croupe ample, les côtes rondes, les membres relativement longs, les aj)loinbs réguliers; 1& pis bien développé présente des trayons dislants.
Cette vai'iélé parait issue d'un croisement léalisé entre la Chamoisée de Saint-Gall et la chèvre blanche d'Appenzell ou de Saanen; ses caractèi'esde race sont actueilcraenl nettement fixés.
Ses aptitudes sont semblables à celles de la chèvre de Gessenay;. on peut renvoyer sur Talpage ou Tentretenir à récurie.
Les ([ualités laitières sont très accentuées et les éleveursallemands du duché de Saxe, de liavière, de lîade viennent chaciue année cberclK i- des reproducteurs de choix (qu'ils paient de 00 à 80 Irancs.
\'uriétés mélisses. — Il existe en dehors de ces types délinis un certain nombre de métis issus de croisements variés. Dans le canton de Berne on cite la FriUigen, la Schwarzenbourg ; dans le canton de Fribourg la chèvre de Gruyère, les variétés des- Qrmont8,de Glari$,\d'Uri, du Pralligau, les variétés d'ÂppenzeU Bergzicgen»
France. — Le long des Alpes françaises viviîut en petits troupeaux des chèvres se rattachant au type des Alpes.
L'état peu progressif de cet élevage permet dil'licilement d établir avec quelque netteté les caraclères différentiels des types que ces conditions diverses d'habitat et de régime ont pu créer.
La variété Savoyarde ou chèvre galonnée (à ne/ gris) présente un manteau noir ou chàtalo foncé ayt^^^les taches grises
Variétés des Alpes.
902 CHÈVBES. RACR D'EURdPB.
autour du nez, sur les joues, aux membres, etc. ; l'aptitude laitière est très développée. Les cultivateurs des vallées de la Haute-Maurienne, de la Haute-Tarentaise à Termignon, Val d'Isère, Lans-le-Bourg fabriquent un th>niage dit du Mont" Ceniê ou Persillé ou fromage bleu ou Tigiwrdt utilisant partiellement le lait de chèvre concurremment avec celui de brebis et de vaches.
Dans la Maurienne et la Tarentaise un certain nombre detypes pouiTaient être aisément li.xés el améliorés.
En Savoie la variété dite Cou-Jaune présente une robe particulière, la tète, le cou, Tavant-maio sont jaune safran tirant sur le gris; le reste du corps est noir, deux raies sombres descendent sur la face, des oreilles aux lèvres.
On rencontre également des chèvres à la robe blanche, de conformation régulière, rappelant le ty})e de Gessenay, ainsi que d'autres capndés d'un blanc crémeux tirant sur le rose et dont la nuance assez constante pourrait être aisément (i.\ée (Ciépin).
Ces variétés caprines se distinguent pas leur sobriété et leurs hauts rendements.
Dans le département des Basses-Â.lpes les chèvres sont beaucoup plus nombreuses que les bovins, on en compte environ 28000 à 29000 têtes, mais il y a peu de troupeaux. Ces capridés sont disséminés uniformément dans tout le département ; cependant vers la région du Jura dans les cantons de Saint-Ëtienne et de Banon, de Turriers, de la Motte-du- •Caire, de Noyor-sur-Jalron l'effectif est plus considérable.
Kn rè{ilcgénéralechaf|uecultl\ atourdes Basses-Alpes j)Ossèdo 2 ou 3 chèvres qui i'ou laissent le lait nécessaire au ménage ; <lans raiTondissement de Forcalquier et dans le nord du département il existe cependant quelques troupeaux de iO à 20 tètes que les chevriers mènent pacager dans les montagnes dénudées ou sur les terrains incultes ; ils passent ensuite dans les villages vendre le lait (1). On utilise en général le lait des chèvres à faire des fromages vendus au marché voisin au
(I l HiKimHo sur l'Industrie laitière, publii'o j),ir l'Office des renseii^nemonts af^'ririilrs <lu Ministrrf do ragi icuiturc (Service des Études techniques), 1U04. liupriincric nationale.
VARIÉTÉS DES ALPES
prix de 0 fr. 15 à 0 fr. 20 pièce; ces petits fromages, tômes oti banons, sont très appréciés ; mais cette industrie tend à disparaître par suite de la concurrence exercée par les produits de Saint-Marcellin, du Mont-d*Or, par le camembert, le gruyère, le fromage bleu dès Hautes-Alpes et aussi par suite du manque de soins apy)ortés à la fabrication ; aux environ? de Digne les froma<?es de chèvres de Cheneveilles, d'Kntrevennes jouissent ce[)endant d'une bonne réputation. Dans les Hautes- Alpes les chèvres concourent avec les vaches à l'approvisionnement des industries laitières d'ailleurs peu développées ; on peut évaluer à 20000 hectolitres la production du lait de chèvre dece département ; la Drùme compte un effectif de 58000 chèvres et de 29300 bovins.
Variété du Mont-âtOr. — tes chèvres de Tlsère et du Montd'Or Lyonnais se rattachent au type des Alpes ; ces animaux ne constituent point de troupeaux mais vivent isolés ciiez les petits cultivateurs qui les nourrissent avec des fourra^'es <lr lém uni Ht uses, feuilles de choux, marcs de raisin, racines, lul)ercules.
te lait est utilisé à la fabrication dos fromages, notamment ceux de Saint-Marcellin et Sassenage (Isère) dont la production annuelle atteint plus d'un million de francs.
Dans la région du Mont-d*Or Lyonnais les chèvres donnent 3 ou 4 litres de lait en moyenne par jour pendant neuf mois. La valeur individuelle de ces sujets est de 20 à 30 francs; iHie chèvrerie de 2'* têtes peut établir un total de leceltes de 2 Ois lianes en chevivaux et lait isous forme de fi'omageV L'entretien étant évalué à 1898 francs, on obtient ainsi un bénéfice de 1 020 francs, soit 42fr. 50 par tète, ceijui repi ésente 200 p. 100 du capital engagé en négligeant la valeur de la main-d'œuvre (Martegoule). Ces chiffres montrent bien Tintérét que présente l'exploitation rationnelle des chèvres et détermineront sans doute des efforts persévérants dans le but de sélectionner ces races caprines ; il faut reconnaître en effet que rélevage des chèvres dans la région du Mont-d*Or est en voie de régression; des croisements réalisés vers 1815-1820 avec des chèvres d'Angora ont détruit Tbomogénéilé du type et le nojubre de Lètes a diminué considérablement. On comptait
304 C&ÂVRfiS. — RACB D*BUROPE.
18 000 chèvres dans celle région en 1830; c'est à peine si aujourd'hui on réunirait 1200snjels. Le fromage du Mont-d'Or est fait aujourd'hui avec du lait de vache et a perdu son ancienne réputation.
La chèvre du Mont-d'Or est dépourvue généralement de cornes, son poil est pie, gris&tre ou fauve, très soyeux; ses formes sont fines, la téte élé^nte. Très bonne laitière, la chèvre du Mont-d'Or donne 3 à i liU es de lait par jour, (juelquel'ois 0 à S litiges et jdoiliiit jusqu'à l'aire «le cjuiuzc ans. I^e réf^ime général est la stal)ulation, el la liaile a lieu :\ lois par jour, dès le malin, à midi et le soir. La taille des chèvres est de 0'",87 àO»,88, la longueur du corps : 1°>,33.
Variété des Pyrénées.
Variétés des Pyrénées françaises. — La taille moyenne de ces ovidés est inférieure à celle des chèvres des Alpes ; le pelage est le plus souvent noir ou brun, constitué par des brins
longs, pendauls, l'aiMement ondulés, les sujets sont presque toujouis pourvus de coi iies.
On reucoutie ces animaux sur' les versants espagnols et français, réunis en troupeaux sous la garde des chevriers basques et béarnais. Durant Tété les troupeaux vont, paître sur les sommets des Pyrénées pour redescendre en hiver dans les vallées ; les plus forts contingents se rencontrent dans les départements des Basses-Pyrénées.
Le lait est utilisé à laconsommation locale, aucune industrie fromagère n'e.xislant en ces i-égions. 11 n'est pas rare de rencontrer ces lroupeau.\ dans les grandes \illesdu Sud-Ouest et mémo à l*aris.
Dans les lîasses-Py l éuèes lesclièvres sont associées en petit nombre aux troupeau.x de brebis; on en oblient 1 litre et demi de lait par jour,utilisé, en mélangeavec celui de brebis, à con fectionner les fromages de niofitagne très estimés dans les plaines du Béarn et en pays basque. Le troupeau, comprenant en général iOO brebis, d5 agnelles et 7 à 8 chèvres, vit à Tétai perpétuel de transhumance, de juillet à septembre il pacage
VARIÉTÉ D1£S PYRËiNÉbS
sur la haute nionlajLjne, de septembre à juillet dansles plaines des Basses- PvTénées, du Ors, de la Doi-doiriio, etc.
Dans le département de la (iironde on trouve une population CAprine de type pyrénéen pouvant s évaluer à 3500 lètes; sur ce nombre 500 animaux environ transhument avecles brebis, les autres sont disséminés dans les départements par petits groupes; la production du lait de chèvre est évaluée à 900 hectolitres pour le département. Les chèvres de transhumance ont une existence des plus précaires ; de neuf à dix heures du matin ou de cinq à six heures du soir selon la saison, elles parcourent les villes<'t les bourgs pai* ^^loupes de 5 à G sous la conduite <lu pâtre (pii les ti'ait de porte en poi te. Trois ou (|uatre groupes se réunissent ensuite pour constituer un petit troupeau qui vit sur lecommun et à ses dépens (1).
Le département de rUérault compte 174000 brebis de types m^angés se rattachant aux variétés pyrénéennes.
Les chèvres sont nombreuses dans le département du Lot» environ 14000 têtes, on en rencontre de véritables troupeaux dans la région des Gausses, mais le plus souvent ces animaux sont mélangés on petit nombre aux moutons, l'ne çlicx je lourniL en moyenne 2 litres de lait par jour pendant cinq mois, soit 600 litres par an.
La production totale du lait de chèvre dans le département du Lot est évaluée à 4 200 000 hectolitres utilisés à la fabrication de fromages, la plupart du temps en mélange avec le lait de brebis. Le fromage de Rocamadour est actuellement très estimé.
La Pyiénéenne est très rustique, d'un caractère très doux; les rendements en lait peuvent s'évaluer de 600 k iOOO. litres par an.
A côté du type commun se place une variété de plus grande faille (") à G centimèties de i)Ius au garrot), remarquable par l'absence de cornes et j»ar la longueur plus considérable des poils, de couleur brune plus uniforme. Cette variété améliorée pourrait être avantageusement exploitée. Le lait des variétés pyrénéennes est signalé par sa richesse en beurre
(1) Enquête sur l'Industrie laitière. Office des renseignements agricoles. Service des Études techniques.
Diyilizea by CjOOglc
GUËVafiS. — AAGfi D*£UiiOPË
Variétés Espagnoles. — On trouve sur los versants pyrt"^nt'cns espa^niols dv> pojjulalions ra|)rines du même type, réputées pour leur séciélion lactée. L'Espagne entretient un nombre élevé de chèvres, dont les races les plus célèbres sont celles de Murcie et de la Mancha.
Variété Mardeone, — La Murcienne est à poil ras, sa robe est de nuance nettement tranchée, soit blanche, soit rouge, blanc taché de roux ou rousse marbrée de blanc.
La téte est fine et jolie, le chanfrein droitou très légèrement concave, roreillo courte dressée à la façon du chevreuil. L'ensem]»le est uMacieux et lin; les jambes paraissent haules par suite de leur élégance el de leur linesse, mais la taille est petite et ne déf)asse pas ordinairement 60 centimèti^s. Le pis est en général globuleux, très ample, à trayons courts (M. de Lapeyrière) (1).
Le lait, d*un goûtagréable et délicat, est moins abondant que chez les variétés de haute taille, mais sa richesse en beurre est exceptionnelle. La production moyenne est de 2 litres par jour.
D'un naturel très doux, la chèvre Murcienne est vagabonde, vive et se plaît aux pai*cours accidentés; la fécondité est moyenne, on obtient à chaque poi tée un ou deux chevreaux. On peut reprocher à ces chèvres leur robe à poil ras qui ne les garantit pas contre les changements de température et ne permet pas leur exploitation sous un climat variable et changeant.
la comtesse de la Boullaye élève dans son domaine des Béniguets (ile de Houat, Morbihan) des chèvres Murdennes dont le lait sert à produire un beurre fin et estimé.
' Par croisement de la Murcienne avec diverses variétés caj)iines, françaises et étrangères Nubienne, Gessenay, chèvres françaises), M™'" de la DouUayc est parvenue à créer, sous le nom de race de Sainte-Geneviève, un type métis dont les caractères semblent actuellement lixés.
« La chèvre de Sainte-Gene\iève a le dos droit, le museau
(1) M. (le Lapt vrière tlirigt' à Saint-Julien-de-Marseille (Bouchosdu-Hhùne) un élevage de chèvres Maltaises, Murciennes des plus rationnels.
VAHIÉTÉ DU POITOU.
fin. la bouche <?rafieusp; ses oreilles, assez fortes mais droites, lui donnent une allure éveillée; ses yeux sont <'.\i»i*essiîs, son caractère est alTectueux et sociable ; elle sait comprendre son maître etest susceptible d'attacheoient. La «Sainte-Geneviève» saura apporter Taisance dans un pauvre ménage qui n'aura rien d'autre à lui donner que la liberté de chercher sa vie et, à la nuit tombante, une place entre le porc à l'engrais et la provision d'ajoncs pour le feu d'hiver ; elle aime la i)ropreté, elle sait apprécier les bons soins et le bien-être, mais si on ne peut lui donner une litière, de laquelle elle fait un riche engrais, elle se contentera de la terre battue ; si au contraire on la traite à l etable comme elle le mérite, si l'on veut même en tirer partie en slabuialion, elle s'y fera aussi, toujours vive et satisfaite. Celles qui sont dépourvues de cornes sont les meilleures. C'est, en résumé, une race de chèvres parfaites, sans cesser d'être rustiques.
4< Elle est aussi bonne laitière (^uc productrice d'excellent beurre ; celui-ci est agréable à l'odorat et au goût, léger à l'estomac et en tous points égal et même supérieur au meilleur beurre de vache. Le fromage est très apprécié tant pour la linesse de son goût (jue })()ur sa saveur particulière.
« C'est également un animal déboucheriez les boucs castrés au sevrage sont des animaux à la chair plus délicate que celle des moutons ; à deux ans, en les laissant manger à leur gré, ils deviennent gras comme des porcs et grands comme des jeunes veaux. Us sont ainsi une précieuse ressource à la campagne; la viande se garde dans le sel, et, dessalée la veille du jour où elle sera servie, elle s'accommode comme du bœuf ou du mouton frais. Ces boucs castrés donnent de 15 à 18 livres de graisse fondue, graisse qui fait des soupes très bonnes, ils pourraient être des animaux d'agrément et même pièler leur aide dans un jardin, car ils sont d'une douceur parfaite, très robustes et forts; de belle taille, ils se laissent volontiers dresser à la voiture; le travail et des repas réglés empêchent qu'ils deviennent trop gras. » (C*** de la Boullaye.)
Variété du Paitou.
Les chèvres du Poitou ont toujours une taille élevée (0»,80) ;
308 CllÈVUES. — RACE D'EUHOPK.
dans l'ensemble la variété est dépourvue de cornes elle pelage varie (lu brun au uris, en passant par le blanc.
Lcxploilalion se n»alis(? en réunissant aux troupeaux de moutons 4 à a de ces sujets. On letii e connue protit le lait et les cbevreaux. Les cultivateurs poitevins obtiennent environ 10 à i2 litres par semaine, produisant 2 kilogrammes de fromage estimé. On rencontre cette variété principalement dans le Bocage poitevin (Vienne, Deux-Sèvres et Charente- Inférieure).
Variétés d'Allemagne,
Les résultats obtenus en Allemagne par les croisements des cbèvres in(lii:ènes et suisses, les soins particuliers prodigués à ces animaux oui donné à l'exploitation, des ovidés caprins une importance inattendue. L'élcNage <les cbèvres est dévelo[>|)é dans les montagnes moyennes <le i AUemagne. La principauté de Lippe vient entête avec 26 chèvres par 100 habitants, puis viennent encore les États de Scharzbourg, Rudolstadt (20 chèvres par 100 habitants), Scharzbourg-Sonderhausen (19,2), Saxe-Gobourg-Gotha (17,5), Saxe-Meiningen (15,7), Waldeckfl5,6i, Saxe-Weimar (14,5), Schaunboui*g-Lippe (13,3), liruns\vi( k (1 1,») , liesse ( 11,1 , liesse-Nassau, Westphalie, etc.
La j»r'oduclion annuelle du lait de chèvre peut ôtre évaluée à niiiiions de marcs 1 1 marcs = l iV.25), celle de la viande à 14 millions de marks ^Dettweiler).
Des importations de chèvres de Gessenay ont donné en Aile, magne d excellents eirets, principalement en Posnanie.
Dans la Prusse Orientale on s*est efforcé d'instituer des stations de saillie et de fournir des reproducteurs.
Les provinces orientales possèdent en effet 'une variété abâtardie manquant de caractères spécifiques et par suite ditlicilc à décrire.
Dans l'est et le sud de rAllemagne, bien (jue le type soit souvent dégénéré, on peut dislint:uer (juelqnes races locales, notamment celle de Lnnyelnsalza ; la race du Hanovre mériiiionul, la race du llarz sont susceptibles également d'amélioration; quelques variétés locales peuvent être signalées dans
VARIÉTÉS ALG£Ul£iNiNËS £T TUiNlSIEiNNES.
!a province rhénane. La première société d'éleveurs de chèvres a élé instituée à Osnal)nick (Ilanovie .
f/Allemagne du Nord présente un certain nombre de races locales, en Bavière la race Franconienne et la raro Rkônienne, en Saxe la race deVErzgpbirq, en Wurtemberg, la race de la Forêt Noire; le grand-ëuché de Dade présente la race WAhUer,
Soutenu par les pouvoirs publics, Télevage de la chèvre a pris un remarquable essor en Allemagne et les procédés d^entretien, d'alimentation, de reproduction ont été sérieusement améliorés.
Variétés italienne, hongroise^ grecque, roumaine, etc.
Le Tyrol, TUalie sont également peuplés de chèvres de la variété des Âlpes; la Corse élève 200000 de ces animaux dont on rencontre encore des représentants dans les régions balkaniques et jusqu'en Grèce.
La chèvre roumaine est généralement de pelade roux, quelcpielois gi'is, noir ou pie, les cornes sont nioyonnenient dével()()pées, le pis assez volumineux, les oreilles perpendiculaires à la tète.
L'élevage de la chèvre est peu important en Hongrie où l'on compte à peine 250 000 tètes ; la raison en est dans la concurrence faite aux chèvres par les brebis laitières.
Le type général est peu amélioré, le pelage est ordinairement blanc ou roux.
Variétés Algériennes et Tunisiennes.
Les indigènes exploitent dans ces régions de nombreux troupeaux de chèvres rappelant par leurs caractères la variété
des Pyrénées. Les produits obtenus sont le lail et la \ lande qui est couiainiiiciit consonnnée; reirectil" des chèvres en Tunisie est voisin de (iOO 000 tèles.
Les chèvies algéi iennes vivent avec les brebis; le poil grossièrement tondu est mr-lô à îa laine du mouton noir pour tisser les burnous ou les lés de la lente. Chaque tente, dans W Tell élève une demi-douzaine de chèvres accompagnées d'un bouc.
310 CaÈVHES. — aACE D'fiUaOPE.
La race est pou laitière mais très rusli(jue; la viande des niùles À'riv> de dt'ux ans, ('hàti*és de bonne heure, est particulièrement recherchée des l)nii( hers juifs ; les chèvres sont très proliiiqucs, les portées «loubles sont la règle générale. C^s animaux parviennent à s'alimenter à Taide des maigres ressources offertes par ces contrées arides.
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