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A LEURS COMPAGNONS DE FRANCE. 5 genou devant l'idole da Baal — la hideuse, impie et dissolvante Révolution ! |
Soldats du Christ, de la Religion, de la Justice, de 1x Patrie, vous êtes de ces sept mille. Ceïgnez vos glaives, enflammez-vous d’ardeur, coure, volez à la défense du Père de vos consciences et de l'héritage de l’Eglise. Vous n'avez point courbé le genou devant l’idole de Baal.
Quant à vous, 6 héros, dont nous célébrons le noble trépas, admirables victimes du devoir, qui succombâtes, en dignes fils de l’Eglise, sur la terre ensanglantée de votre patrie, vous avez immortalisé le nom illustre que vous avez dignement porté,
Et trois mots de gloire, semblables à rois rayons d’immortelle splendeur, seront gravés par la main des temps sur la pierre de votre tombe.
Première gloire— Vous avez défendu l’œuvre des siècles.
Deuxième gloire— Vous avez protesté contre le plus sacrilége des forfaits.
Troisième gloire— Vous avez combattu pour la grande cause de la liberté.
Première gloire. Remontons les âges jusqu’au huitième siècle ; et de là, poursuivons quinze siècles plus loin ; nous embrassons dars cette espace à peu près toute l’histoire connue de l’humanité. Que rencontrons-nous sur notre course ? Tout au plus cinq ou six grands noms—vraies figures gigantesques, détachées du plan commun, pour tracer la ligne des temps, et grouper toute l'histoire en quelques périodes. Mais ces noms, à quoi sont-ils attachés ? Aux siècles mêmes qui les emportent—et ces siècles, à leur tour, qui les meut, qui les pousse, qui les dirige, sinon la main souveraine de Celui qui conduit tout d’une manière infaillible au dessein qu’il a marqué ? Ainsi tout roule sous la main éternelle de Dieu, et les siècles et les choses, et les princes et les empires.
Or, à quoi se termine ce vaste travail des siècles ? Pourquoi cette succession d’empires qui naissent, et d’empires qui tombent? De gloires brillantes et de catastrophes désastreuses ? Pourquoi l’Assyrien, qui voit sitôt tomber sa gloire ? Pourquoi le Perse qui lui succède ? Le Grec qui renverse le Perse ? Et le Romain qui absorbe tout dans l’unité du plus vaste des empires ? Pourquoi ?.... Pour l'Eglise, et pour elle seule.
Au temps marqué, la petite pierre prédite par le Prophète se détache, sans main d’homme, des montagnes éternelles, roule sur leurs flancs et descend jusque dans l’étable ignorée de Bethléem. Là, dans cette patrie de l'humilité, de la pauvreté, de la faiblesse et de la souffrance, elle s'arrête, s’enfonce, s’enracine, croît, grandit, se développe, brise le géant des empires, s’étend encore et commence à se former en un monument colossal—c’est l'Eglise. Apparait Constantin qui travaille sous l’œil
de Dieu à en asseoir les fondements extérieurs, et après lui vient
6ô LES ZOUAVES PONTIFICAUX DU CANADA
Charlemagne, qui de sa main chargée de gloire, en cimente au dehors les indestructibles assises.
Le monument est achevé—solide, vaste, majestueux, é.ernel, il emplit l'univers. Les siècles ne l’emportent point ; mais, au contraire, il contient et emporte les siècles, et avec eux, tout ce qui s’y rattache—la destinéo des empires, le sort des princes et des rois, la fortune des nations, la cause des consciences, le progrès, la dignité, la perfection et le bonheur des peuples. Immuable en elle-même, l'Eglise meut tout dans l’univers....
Telle est l’œuvre des siècles, enfantement gigantesque des pensées éternelles, auquel Dieu fait servir, à leur insu, les princes et toutes leurs vicissitudes, leurs triomphes comme leurs infortunes. Telle est l’œuvre magnifique que les pouvoirs humains semblent ne plus connaître et que vous avez eu l'intelligence royale de comprendre—l’œuvre divine pour laquelle vous avez affronté les périls, bravé les insultes, essuyé les ignominies, sacrifié vos pères, vos mères, vos plus belles espérances, les douceurs du foyer domestique et même votre vie.
Vous étiez vraiment dignes de Dieu. Znvenit illos dignos se. Voilà votre première gloire.
Deuxième gloire—O cieux épouvantés, détournez votre face ! Terre désolée, couvre-toi d’un voile impénétrable ! De quel immense forfait ne sommes-nous pas les témoins malheureux !
Autrefois, le premier César converti, tout fumant encore de l’encens qu’il brulait aux idoles, élevait des basiliques au Pontife Suprême, lui donnait des palais, lui livrait Rome et par respect se retirait à Byzance.
Et de nos jours, un prince issu de la race des Saints, vole au Pape son Quirinal, l’emprisonne au Vatican et lui ravit sa Ville Eternelle.
Quand le grand Charlemagne, couronné de plus de vingt victoires, voyait de loin s’approcher vers lui la majesté auguste du Vicaire de Jésus- Christ, sautant de cheval, il tombait à genoux et se courbait avec amour et vénération, lui et toute sa cour, sous la bénédiction du père de son âme.
Et maintenant, un monarque sans nom, jouet ridicule d’une bande méprisable de sauvages démolisseurs, insulte le Pape, brave ses anathèmes et le dépouille de ses Etats.
Et à quel titre, roi impie et sacrilége, portez-vous done la main sur le patrimoine de St. Pierre—l’héritage de l'Eglise et le trésor de deux cents millions de Catholiques ? Ouvrez, prince, ouvrez le livre de vos propres lois, de ces lois qui sont la force, le nerf, le soutien, la bâse du trône même qui vous porte. Qu’y at-il de plus sacré dans votre code et dans celui de toutes les nations, que la fermeté du contrat ou le droit de la propriété ? Et parmi les contrats, quoi de plus inviolable que le droit de la donation, surtout la donation ayant pour cause la piété et la religion ;—pour motif, les services les plus signalés ;—pour titres, les actes publics les plus
solonnels;—pour confirmation, des édits royaux ou des concordats sans cesse renouvelés—et enfin, pour dernière sanction, l'investiture d’une prescription la plus longue, la plus paisible, la plus authentique, la plus légitime ?
Or, ces biens qne vous pillez, à le plus impie des monarques ! ces Etats que vous confisquez, cette Ville des martyrs que vous profanez, ne sont-ils pas une propriété, la propriété du monde catholique, la propriété des Pontifes Souverains, fondée sur l’inviolabilité d’un semblable contrat revêtu de tant de titres ?
Compulsez les monuments de l’histoire. En sept cent cinquante-cinq, Rome et ses environs ne se trouvaient-ils pas déjà, par une suite de concessions, sous la puissance de St. Pierre, et ne formaient-ils pas sans contestation, depuis des siècles, et peut-être depuis Constantin, le droit inaliénable du Saint-Siége ?
Astolphe, alors le plus terrible des Lombards, ne fut-il pas contraint d’en fournir un témoignage manifeste ?
Pepin, son redoutable vainqueur, qui l’obligea à restituer les terres de l'Eglise, n’accrut-il pas ces terres par sa royale munificence *
Charlemagne, noble héritier de Pepin, ne suivit-il pas des traces si généreuses ?
Et Louis, fils de Charlemagne, ne vint-il pas confirmer encore ce qu’avait établi, avec tant d'autorité et de grandeur, son auguste père, son glorieux aïeul, et la volonté des siècles qui les précédèrent ?
Que dire maintenant du serment fameux par lequel l’illustre Othon, cent ans plus tard, et après lui, Saint Henri, tous deux empereurs d’Allemagne, perpétuèrent l’éclatante tradition du pouvoir temporel des Papes ?
Que dire aussi des Concordats qui se succédèrent, jusqu’à nos jours, entre le Saint-Siége et les diverses Puissances, telles que la France, l’Autriche, l'Espagne, le duché de Milan, la Sardaigne, le Royaume de Naples, le Wurtemberg, et même la Russie ?
Cette longue chaîne, non interrompue, de faits, de décrets, de diplômes, de contrats et de titres, enveloppée et revêtue de toute la force que les lois du genre humain, unies aux lois éternelles, communiquent à une prescription de quinze cents, ou au moins, de douze ou treize cents ans, ne fonde-t-elle pas, en face du tribunal de Dieu, des sociétés, et de la conscience, le droit, le domaine le plus mémorable, le plus indestructible, le plus saint qui soit-dans les annales de l’histoire ?
Et c’est sur ce droit, sur ce domaine, monarque sans principes, que vous osez porter votre main lourde d’iniquités ? Ne vous faut-il pas, pour en arriver à cette criante impudence, déchirer à la fois et les pages de votre code, et les traditions et les lois de tous les peuples de l’univers ?
Qu’avez-vous, Ô fils dégénéré d’ancêtres trahis, pour justifier devant les siècles accusateurs, votre folle et cupide violence ?
Sera-ce le prétendu vœu de la nation ? Hé! quoi! Ne comptez-vous pour rien les réclamations, les dénégations justes, fortes, pressantes de deux cents millions de catholiques ? N’aurez-vous point égard aux condamnations foudroyantes du prince des Apôtres et de Jésus-Christ, votre Dieu ? Tant de protestations et d’anathèmes ne l’emporteront-ils pas dans votre conscience sur les cris sauvages d’une horde avilie ?
Sera-ce même, un récent plébiscite ? Un plébiscite !.., Appelez-vous ainsi un acte méprisable, qui n’a rien eu, rien de lu liberté dont il est censé Vincorruptible et essentielle expression.—Un acte menteur, frauduleux, dérisoire, sans valeur—quelques votes jetés dans l’urne par une faction soudoyée, ou extorqués à la faiblesse par la vue du sabre et du canon ? Fit-ce à un piébiscite ?
Mais fût-il librement émané—ce qui n’est pas—., il n’en demeurerait pas moins frappé d’impuissance, à l'effet de détruire un ordre de choses que réclame impérieusement le bien suprême de toute la chrétienté. Ignorez-vous que les lois fondamentales du genre humain, lesquelles partout font céder les causes particulières à la grande cause générale, établissent le peuple des Etats Pontificaux dans une telle dépendance et de telles relations envers l’universalité de la vaste famille catholique, qu’il n’a pas à se choisir, sur les domaines sacrés, où il vit, la forme de son gouvernement? Sen est-il, du reste, jamais plaint lui-même? Et ce sort exceptionnel lui venant du droit même des nations, l'Eglise en est-elle blâmable ?
Ne serait-ce pas une criante injustice qu'il fût interdit à la Société, mère de nos destinées, la plus parfaite, la plus étendue, la plus nécessaire parmi les hommes, ses intérêts majeurs et généraux l’exigeant, de suspendre, en paix, dans ses propres terres et là, où réside le centre de son pouvoir, l'exercice de quelques droits politiques, lorsque, pour des fins analogues d'indépendance, mais d’un ordre inférieur, la fière République, qui nous avoisine, suspend, sans réclamation quelconque, les mêmes droits dans la Columbia, où siégent sa Capitale et son Congrès ; enlève l’autonomie propre à cette province enclavée entre deux autres Etats ; la frappe, sans l’avoir consultée, d’une sorte de neutralité, et la soumet, dans l’intétérêt commun, à l’administration directe du gouvernement fédéral ?
Le plébiscite du peuple romain est donc nul de droit et de nul effet ; la violence exercée sur les Etats du Saint-Siége, un vol, un scandale, un sacrilège, un attentat à la propriété et à l’ordre public, sans atténuation, sans justification, sans excuse.
Voilà, jeunes et braves guerriers, le crime énorme qui a fait battre vos poitrines de colère, et contre lequel vous vous êtes justement soulevés.— Vous avez protesté contre la grande et ineffable iniquité du XIX siècle. — Vous avez protesté contre des vols audacieux et d'ignobles spoliations ; protesté contre les coupables et sacrilèges envahissements des domaines de
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