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l'Eglise, fruit sacré de la foi des siècles—contre l’oppression de la faiblesse innocente—contre les outrages et les insultes faits à la majesté d’un Lontife, au Vicaire de Jésus-Christ, à un vieillard, à un Pape, à un saint — contre les violences éhontées d’une révolution sans pudeur qui ne se repait que de blasphèmes et de ruines—contre les lâchetés insolentes d’un voleur couronné, qui avilit son nom, souille le trône de ses pères, foule aux pieds la majesté des lois, frappe au cœur la propriété, et compromet la sécurité des familles et des empires.
C’est là, zouaves magnanimes, le second rayon de votre gloire.
Quant à vous, prince impie, craignez de voir tomber sur vous cette sentence formidable de l’Ecriture : que jamais on n’a outragé impunément la piété et la religion--Zn leges divinas impiè agere, impuné non cedit. Rappelez-vous, l’histoire nous le démontre, ne l’oubliez pas, rappelez-vous que sous les anathèmes des Papes se cache toujours la glaive des vengeances éternelles, que tôt ou tard il dévore les audacieux qui bravent ces anathèmes. L’avenir vous le prouvera. Hoc tempus sequens declarabit. ”
Un jour—-et ce sera bientôt peut-être—ce trône, que de vos mains insensées vous ébranlez sur sa bâse, honteux de vos méfaits, las de vous honorer, s’effondrera soudain pour vous ensevelir sous les Gécombres. Hoc tempus sequens declarabit.
Troisième gloire—Entendez-vous, mes frè: *s, la fille de l’orgueil et de la haïne, sœur de l’impiété, mère des tempêtes et des ruines ? L’entendez-vous qui, dans le lointain, crie et murmure, menace et s’emporte, gronde et blasphème ; et puis, se jette furieuse sur la Sainte Eglise de Jésus-Christ, comme une louve sur sa proie ?—C’est la Révolution. Et que demande-t-elle avec tant de colère ? La liberté ? Non—mais sa liberté —et pour condition, l’asservissement de l'Eglise.
L’Eglise, fille du Ciel et de l’éternité, demande, elle aussi sa liberté. Ce sont deux causes en lutte, deux pouvoirs aux prises, deux puissances qui se heurtent.—La liberté de l'Eglise, mouvement sublime dans l’être, affranchissement des vices, brisement des chaines du sang e: de la chair, ruine des passions, ascension magnifique, hardie, vers les splerdeurs de la perfection, dans la plénitude du bonheur par le nur amour.
La liberté de la Révolution, au cantraire,—mouvement dans le vide et le néant, égarement dans les abîmes, servitude honteuse sous les passions brutes, avilissement sous le joug du lucre et de la matière, transport délirant vers les profondeurs de l’anéantissement moral.
Deux libertés incompatibles, essentiellement hostiles l’une à l’autre. Qui l’emportera ? L’Eglise ou a Révolution ? La Révolution ? Ah! plutôt les montagnes seront déracinées de leurs bâses, que la cause souveraine de Dieu ne succombe sous les coups de l’erreur !
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Pour enchaîner l’Egiise, qu’avez-vous- fait, partisans audacieux de la Révolution ? Vous en avez d’abord appelé à la science, et vous avez été vaincus. La doctrine de l’Eglise, ses dogmes, ses mystères sont trop puissamment enchaïnés, et trop resplendissants de lumière pour être entamés ou obscurcis par vos sophismes. Vous en avez ensuite : pelé au ridicule et à l’ironie, et vous avez été vaincus. L’Eglise a trop de majesté dans ses institutions, trop de magnificence dans son imposante structure et sa sublime hiérarchie, pour être flétrie par vos sarcasmes. Deux fois vaincus, que faites-vous, de nos jours ? Ah! c’est ici que se révèlent surtout vos mensonges et vos fourberies.
Après vous être tant de fois emportés avec aïgreur contre le recours au bras séculier, vous-mêmes, vous l’employez ce bras séculier contre l'Eglise, et vous le levez maintenant pour en frapper, avec impudence au visage, cette mère de nos âmes et de nos consciences. Or,n’est-ce point par le bras séculier que vous pillez ses monastères, que vous jetez au cachot ses évêques et ses prélats, que vous volez les palais, que vous profanez sa Cité Sainte, que vous la dépouillez de ses Etats, hurlant vos blasphèmes sous les fenêtres du Vatican ?
Ici, l Orateur a montré l’état d’asservissement où se trouverait l’Eglise, si cet ordre impie de choses devait subsister. Il fit voir que le Souverain Pontife en qui est concentré le pouvoir spirituel de l'Eglise, devenant le vassal de la Révolution et le sujet d’un prince, perdrait par là même, soit au dehors, à l'égard des Pouvoirs étrangers, soit au dedans, dans l'exercice de sa juridiction suprême, l'indépendance qui lui est nécessaire pour la liberté de l'Eglise et celle de nos consciences. Il termina par un apostrophe aux Zouaves, montrant quelle gloire faisait rejaillir sur eux le dévouement avec lequel ils étaient accourus à la défense du Pouvoir Temporel, et comment ils avaient par là même vaillamment combattu pour la grande cause de la vraie liberté, la cause de l’indépendance des âmes.
NoTRE ESPERANCE.
L’Orateur appliqua à la France ces paroles du prophète Jérémie : Vox lamentationis audita est de Sion... Quomodo vastati sumus et confusi vehementer ? Voici qu'on enten de Sion des plaintes et des cris lamentables .. À quelle désolation ne sommes-nous pas réduits et de quelle confusion ne sommes-nous "pas accablés ? Væ mihi quia defecit anima mea propter interfectos. Mon âme m’abandonne à cause du carnage de mes enfants.— Tableau rapide des désastres de la France... “0 Dieu juste et équitable ! s’écria-il, pourquoi avez-vous livré en proie Ja Fille- Ainée de votre Eglise ?.. Pourquoi avez-vous permis que vos plus vaillants défenseurs soient tombés dans le combat ? Lupus ad vesperam vastavit eos.
Ce noble trépas quiles glorifie ne serait.il point pour nous le plus rude
de vor châtiments ? Non, confiance et espoir, le prophète ne nous dit-il pas que toutes les voies de Dieu sont miséricorde ? Universæ viæ Domini misericordia. Elévons nos âmes par la foi, au-dessus des vues grossières de la nature ; ne doutons pas que la mort de ceux que nous pleurons, ne soit même pour nous la marque d’un bienfait suprême. Magni beneficu esse indicium. Ils ne sont plus, il est vrai; mais ranimons-nous d’une sainte confiance. Dieu les a acceptés comme des victimes d'agréable odeur pour le salut de leur patrie, et peut-être pour la paix du monde. Quasi holocausti hostiam accept eos.
Quand l’impiété heureuse descendue, comme en nos jours, aux limites du mal, impose sa tyrannie sur les sociétés, tout est perdu, à moins que la vertu à son tour ne s’élève aux limites du bien par le sacrifice du sang. Car il faut alors prendre à la lettre cette sentence de l’épitre aux Hébreux : ül n’y a point de rémission sans effusion de sang ; sine sanguinis effusione non fit remissio.”
C’est pourquoi l’Orateur fit ressortir les espérances qui se ratiachaient pour nous aux restes vénérés des jeunes Zouaves, en développant les trois pensées suivantes :
1. L’impiété parmi les peuples, est maintenant descendue aux limites du mal. |
£. L'espérance n’est plus que dans la vertu, s’élevant aux limites du bien, par le sacrifice du sang.
3. Nos Héros sont tombés, parce qu'ils étaient choisis pour partager ce sublime sacrifice.
1ère Pensée. ‘“ Ils sont venus, mes frères, ces temps impies prédits par les Prophètes, où les morts doivent être troublés dans leur repos, ou arrachés de leur sépulcre. Les ossements des rois seront jetés au vent avec les ossements des princes ; les ossements des prêtres avec ceux des prophètes. Æjicient ossa regum, ossa principum, ossa sacerdotum et ossa prophetarum de sepulchris suis. [ls sont apparus ces temps de désolation où, selon le cri de douleur du Texte Sacré, la vérité éternelle s’est écroulée et s’est brisée sur la place publique. Corruit in plate@ veritas. Ces jours d’infortune et d’opprobre, où l’empire semble aux mains de la race la plus perverse et de la génération la plus méchante. Cœtus præraricatorum.....de cognatione pessimä—race de conspirateurs qui ne rêvent qu'à fouler aux pieds le bonheur des peuples, l'Eglise de Jésus- Christ et les débris des nations—Race dénaturée qui se livre avec une indicible fureur à la plus horrible des destructions, celle de leur âme et de leur conscience, plongeant ses mains parricides jusque dans les profondeurs de son être, pour en déraciner une à une ces glorieuses et impérissables notions qui font la vie et la dignité de la conscience humaine; notions du droit, du devoir, et du juste ; notions du vrai, du beau, du
Pptp aériennes
grand et de l’honneur—Race abominable qui, après s’être porté la mort dans le sein, se blesse le regard de l'âme, pour s’aveugler elle-même, et s'arrache le cœur, pour n’avoir point à s’élancer vers les biens éternels ; qui ne garde de son cœur que ce qu'il lui faut pour haïr, se révolter contre Dieu, insulter le Pape et blasphèmer le Saint, blasphemaverunt Sanctum. Race incapable de se contenir dans ses emportements, courant de crime en crime.. de malo ad malum egressi sunt, et se précipite avec fureur, pour tout abimer et tout détruire avec elle, usque ad terram humiliata set.
Ce qui ajoute encore à l’iniquité qui nous alarme, c’est l'étrange et inique complicité des peuples avec les impies qui les abusent. Zmpü insidiantes.. . ad capiendos viros—Aveuglement inouï, les masses séduites entraînées, fascinées se complaisent dans les mensonges mêmes qui bientôt seront la source des calamités prêtes à fondre sur elles. Stupor et mirabilia facta sunt in terr@. .. Populus meus dilexit talia.
Mais quelque chose de plus profond encore consomme cette immense iniquité et semble nous ravir tout espoir. C’est l’endurcissement inexprimable du cœur humain, une fois parvenu à ce point extrême de perversité. Alors les natures dépravées non seulement ne savent plus rougir, Rubescere nescierunt ; maïs de plus, rien ne les touche, rien ne les émeut, rien : ne les frappe. Il semble qu’elles aient irrévocablement fermé à Dieu toutes les avenues de leur âme. Prophètes, miracles, monuments immortels de l'Eglise, dogmes sublimes, phalange innombrable de Saints. .tout les éclaire, tout les environne, tout les pénètre..Les impies ont vu ces choses ; ils les savent, ils les voient encore ; et cependant, Ô. Cieux ! quelle indomptable résistance! Leur front s’est endurci plus que le rocher, Induraverunt faciem suam supra petram. Et verraïent-ils un mort ressusciter sous leurs yeux qu’ils ne se convertiraient pas encore, s’écrie le Sauveur, en gémissant ! Meque, siquis ex mortuis resurrexerit, credent.”
Ici, vive expression de douleur et d'abattement...% Quoi! tout est-il perdu sans retour ? Et ne reste-t-il plus qu’à s’enfuir avec effroi, répétant partout le cri désespérant d’Ezéchiel. Fünis venit, venit finis! La fin est venue, la fin est venue !”?
2eme Pensée. Sentiments de confiance. . Dieu a dans les trésors de son amour des secretsinfinis. L’Orateur montra par l’exemple de Jésus-Christ, que la dernière ressource que met entre nos mains la miséricorde éternelle, quand tout paraît compromis, est la prière, mais surtout la prière du sang, lP’immolation sur le calvaire.
Jésus-Christ en effet, ayant ure fois répandu dans le monde ses enseignements et ses miracles, va s’agenouiller au Jardin de Gethsémani, pour élever vers le ciel sa plus ardente prière, et ne consomme enfin l'œuvre de notre régénération, qu’en faisant boire à la terre impie le sang pur et adorable qu’il verse sur nos crimes.
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La terre ainsi rendue sainte et féconde est capable alors de faire germer des vertus jusque là étrangères pour elle...
8eme Pensée—Les justes ont, selon St. Paul, le devoir glorieux de perpétuer et d’achever, en leurs corps mortels, la passion et le sacrifice rénovateur de l'Homme-Dieu. Adimpleo ea quæ desunt passionum Christi in carne me4. C'est à eux de payer pour le salut de l'Eglise ou des nations chrétiennes en péril. Adimpleo. .pro corpore ejus que est Ecclesia.
Appliquart cette parole de l’apôtre aux jeunes victimes, objet de la pompe funèbre, l’Orateur les présenta vaillantes, résolues, intrépides, s’élançant vers Rome, le centre de la Religion, des lumières et des grâces; ranimant leur foi au tombeau des apôtres ; retrempant leur courage sur la cendre des Saints et des héros ; épurant leurs consciences et leurs cœurs sous les bénédictions du Vieillard du Vatican; s’exerçant à braver les périls des comnats et les terreurs de la mort sur les traces magnunimes et vivifiantes des martyrs, et se préparant eux-mêmes, à leur insu, mais sous l'inspiration d’en haut, à l’immolation la plus sacrée et la plus héroïque.
” Puis tout étant disposé pour le sacrifice, et le monde penché sur les abîmes,
réclamant dans ce danger suprème les victimes les plus pures du royaume le plus catholique.
‘ O France, s’écria-t-il, religieuse nation, Fille-ainée de l'Eglise, trop longtemps opprimée par des fils ingrats et avilis, qui outragent ton nom, déshonorent ta grande âme, et répudient ta vie et tor. histoire ;—France innocente et malheureuse, que profanent depuis plus d’un siècle des blasphèmes, et que déchirent des haïnes et des crimes ignobles qui n’ont jamais été ni de ta destinée ni de ton génie ;—Terre plus illustre encore par la vivacité de ta foi, la vaillance de ton courage et la grandeur de tes œuvres que par la beauté de ton climat et la richesse de tes provinces ; Pays immortel de l'honneur, de la piété, de la prière et de toute initiative généreuse ;—Sol fécond où se pressent de germer et de s’épanouir les plus saintes entreprises : fondations de charité, bibliothèques catholiques, écoles chrétiennes, conférence de St. Vincent de Paul, associations de toutes sortes ; —Refuge hospitalier qui sais pourvoir avec une magnificence royale à toutes les nécessités et à toutes les détresses ; qui élèves à tes vieillards honorés, à tes malades secourus, à tes veuves, à tes orphelins consolés, ces superbes Hospices et ces splendides Hotels-Dieu, où toutes les infortunes sont servies par les mains les plus pures et les plus héroïques dévouements ;— Foyer inépuisable du zèle et de l’apostolat d’où rayonnent en tous sens jusqu'aux extrémités du monde, par les courses, par les fatigues, par le libre exil de tes missionnaires, les bienfaits de la civilisation, les lumières et les espérances infinies de l'Evangile ;—Patrie glorieuse de tous les progrès modernes, mais plus jalouse encore de la grandeur morale que des richesses et même que des victoires ; patrie magnifique où s’abritent à l’envi et la chasteté du sacerdoce, et les splendeurs de l’épiscopai ;—patrie
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magnanime, toujours prompte à t’oublier toi-même pour la défense du faible opprimé, toujours ardente à prodiguer ton repos et ta vie pour la cause du droit, et surtout pour celle de Dieu et de la Religion ;—tant d’années vertueuses, tant de mérites éclatants et d’abnégations sublimes ne t’environnent-ils pas d’une protection plus invincible, que ne pourraient faire les armées les plus innombrables, les bronzes les plus terribles et les plus formidables remparts ?
‘ O France, tes vertus et tes œuvres veillent sur ta destinée, et Dieu qui les regarde n’a pas encore épuisé pour toi l’Océan de son amour ! Tu ne
périras pas ! Mais puisque plus de dix siècles t’ont toujours rencontrée la
première aux temps des gloires de l'Eglise, ne faut-il pas qu'aux jours sombres et néfastes de ta vie, on te retrouve la première encore dans les souffrances et au sommet du Calvaire ? Fille des tribulations, rien n'est plus beau que de s'immoler pour la justice ; ne renonce point à ta royale primogéniture ; l’heure du sacrifice a sonné ; grandis plus que jamais ; lève confiante en Dieu ton front impassible au dessus du malheur ; entrouve ton vaste sein ; reçois ces jeunes guerriers, intrépides victimes, qui accourent à ta défense de la Cité des Papes et du tombeau des martyrs. Vois le feu qui étincelle dans leurs vifs regards, vois la mâle dignité qui se reflèt: sur leurs traits menaçants ; vois l’ardeur courageuse qui exprime leur ferme et religieuse attitude. Ils ont prié sans rougir au pied des autels de Marie, la Reine des Cieux, la Vierge Immaculéc ; ils ont mangé avec foi et amour le pain des forts, qui nourrit les anges ; ils portent vraiment l’ineffacable empreinte de ton immortelle origiie. Ce sont les tiens, les fils bénis de Pie IX, les frères des saints et des héros, ceux en qui circule et bouillonne le plus pur sang de tes veines.
« Verse, 0 France, ce sang régénérateur sur les rives gémissantes de tes fleuves désolés ; abreuves-en tes plaines ravagées et tes larges sillons flétris ! Que les crimes qui, depuis tant d’années, faisaient ta honte et ta douleur soient à jamais lavés, détruits, expiés! Que les bénédictions célestes rendent à tes travaux leur fécondité accoutumée, à tes familles les douceurs d’une sécurité sans trouble, à tes villages les joies simples et profondes de l’innocence ! Que tes campagnes rajeunies voient refleurir la foi, les mœurs, les vertus, les traditions antiques! Que tes villes transformées et pacifiées se pressent avec respect sous les voûtes de tes temples et se prosternent avec une ferveur suppliante devant le marbre de tes autels, et l’éclat rayonnant de tes aimables et mystérieux tabernacles! Que ta face mutilée reflète sa splendeur native ; que ton bras abattu se relève avec une valeur nouvelle ; que ton cœur intact, mais épuré au creuset de l’épreuve, soit comme jadis l’inviolable sanctuaire où habitent la justice, la vérité, l’ordre, la générosité et la magnificence !
‘ Grande entre toutes les nations, reprends, reprends, Ô France, ton rang, ta couronne, ton épée et demeure à jamais la Fille-Ainée de l'Eglise !
« O Dieu des armées! Dieu, Notre Père les immenses douleurs de la France que vous aimiez, vous trouveraient-elles irxorable ? Ne verrezvous point avec pitié les plaies vives qui la déchirent, et les sanglantes blessures qui de toutes parts la meurtrissent ? Ne serez-vous point touché du courage intrépide dont elle étonne l’univers parmi tant de détresses ? N’aurez-vous point pour agréable le sacrifice des plus valeureux de ses enfants? Contemplez, Ô mon Dieu ! le sang pur qui l’inonde et la revivifie. C’est le sang même des braves qui combattirent pour votre gioire.—Ecoutez la prière de ce sang ; et si cette voix était encore impuissante à monter seule jusqu’à votre trône, entendez alors le Pontife persécuté qui, du fond de sa prison du Vatican, lève, lui aussi, les mains vers vous et intercède avec instance pour la nation chérie qui jadis l’a sauvé ? Le cri de ce sang, les vœux de ce Pontife, les sanglots de cette France, frappent ensemble à la porte éternelle de votre miséricorde, pourriez-vous ne pas les exaucer ? ”?
L'Orateur, après cette pathétique apostrophe à la France et cette fervente prière, mit sur les lèvres du Vicaire de J. C. quelques versets dn Psaume Ad te, Domine, levavi animam meam : et termina par des paroles pleines de confiance en l’avenir de l’Eglise, de sa Fille-Ainée et du monde
entier .”?
‘ Au Colonel Baron de Charette, À MM. les Officiers des Z. P. Français, A MM. les Sous-Officiers et Soldats.
‘ Nous ne pouvons voir sans un cruel déchirement du cœur, les maux qui affigent la terre de St. Louis, notre mère-patrie. Nous avons suivi les péripéties glorieuses, mais terribles que vous avez traversées. Notre cœur à saigné plus d’une fois au récit de ces terribles batailles ; la dou. leur nous a accablés à la pensée des grandes infortunes de votre pays. Nous avons senti qu’un lien de plus nous attachait à la France—le glorieux drapeau qui nous avait unis à Rome. Aussi, Chers Frères d’armes, malgré notre douleur profonde, nous n’avons pu nous défendre d’un sentiment de fierté bien légitime, l’orgueil du drapeau.
Soldats de Pie IX, vous n'avez pas dégénéré. Au service de l'Eglise, vous aviez puisé ce courage qui ne connait que la victoire ou la mort. I] vous appartenait d'offrir à votre patrie le spectacle d’un dévouement plus grand que ses malheurs. Comme toujours, un contre dix, un contre vingt vous avez affronté l’ennemi. Nos Frères de Castelfidardo ont succombé! Comme eux, vous avez succombé, la face à l’ennemi, l'honneur sauf ; comme eux, vous aurez des vengeurs ; pour vous luira encore le soleil de Mentana. Que de fois, noble Charette, nous avons tremblé pour votre précieuse existence! Que de fois nous avons senti le regret de ne pouvoir mettre nos poitrines avec celles de vos braves, pour protéger votre vie et. donner a nôtre, sous vos yeux, pour vous et la cause !
Et vous tous, nobles Offigiers, braves Camarades, vos frères d'armes de la Nouvelle France vous portent sur leurs cœurs, fiers de votre héroïsme, fiers de vos défaites glorieuses, fiers de se dire les amis, les frères des vaincus d’Arthenay, de Patay et d’Yvrée-l’Evêque.
Nous n’oublions pas vos morts; nous avons prié et fait prier pour eux. Nos pleurs auraient séché à la vue de leur héroïsme, si nous: avions pu oublier les nobles familles de ces braves soldats chrétiens ; mais nous com. patissons à leur douleur, nous pleurons avec elles. Ah! séchez vos larmes, Familles éplorées, vous aviez fait le sacrifice de vos fils pour la bonne cause de Rome ; la bonne cause de la France vous les a enlevés. Dieu et la Patrie vous tiendront compte de votre noble résignation et de
votre sublime dévouement.
Suivent les signatures des Z. P. Canadiens.)
Montréal, 15 Mars 1871.
UNION ALLET.
Les Zouaves Canadiens présents à Montréal pour la démonstration du 14 courant, se sont réunis le lendemain dans la Salle Saint-Jean-Baptiste à l'Institut Canadien-Français et ont procédé, entr’autres choses, à la nomination des officiers de l’Union Allet et à l’adoption de la motion ci-après :
Voici le résultat des élections :
Président—Jos. Taillefer, écr, lieutenant aux Zouaves Pontificaux ; 1er Vice-Président pour Québ2c, M. le lieutenant Hugh Murray; 2nd do pour Montréal, M. Gustave A Drolet; 8me do pour Trois-Rivières, M. Gédéon Desilet; Trésorier, M. B. A. T. de Montigny ; Secrétaire, M. F. J. D. Ricard ; Assistants, MM. Alfred Prendergast et Edwin Hurtubise.
Conseillers—MM. Alfred LaRoque, chevalier de Pie IX, P. O. Duprat, N. N. Raymond, C. Vallée, J. P. Marion, Louis Dussault, Josué Pineau, Eugène Varin et N. Hudon dit Beaulieu.
M. l’Aumonier Moreau est de droit membre du Bureau.
Sur proposition de M. A. Laroque, secondé par M. G. A. Drolet, il est résolu à l’unanimité :
Que des remercîments soient votés à sa Grandeur Mgr. l’Archevêque de Toronto, à Nos Seigneurs les évêques de Montréal et de Birtha, qui ont bien voulu assister à la démonstration d'hier, aux Messieurs du Séminaire de St. Sulpice, à Messire Rousselot, curé do la paroisse, à M. Colin, prédicateur, à M. Chabert, principal de l’Institution nationale des Beaux Arts, et à M. Laliberté de Québec ; à M. le Colonel d’Orsennens, aux Com. mandants et Officiers des Chasseurs Canadiens, à M.J. Bte. Labelle, organiste, aux membres de l’Institut Médical, aux Elèves du Collége de Montréal et à la Presse, pour le concours que ces personnes ont donné, les sympathies qu’elles ont témoignées et la part active qu’elles ont prise à la démonstration du 14 courant et que le secrétaire reçoive instruction de communiquer à ces personnes l’expression des vifs sentiments de reconnaissance des membres de l’Union Allet.— Minerve.