HT
fa
Ne «(ri
SAR rt
oreiller. Ce n’est pas d'un sybaritisme bien énervant, n'est-ce pas ?
Mais gare la bombe, Le lendemain, le petit aumônier vous aperçoit dans la foule et vous apostrophe en souriant—aigre-doux. “Eh bien! mon vieux! c'est comme ça que tu carottes le service de Marie. Allons, un peu plus de chaleur et en avant à l'Eglise.”
Nous balbutions des excuses en riant et faisant demitour, nous allons à l'église Ste-Brigitte recevoir les instructions de Mgr Daniel ou de Mer Woëllmont, tous deux aumôniers des Zouaves Pontiticaux, tantôt de notre aumônier NATIONAL ou de quelque bon prêtre invité par Messire Moreau.
Ces exercices ont lieu sur la place Farnèse, dans la petite église de $Ste-Brigitie, adjacente au palais Farnèse, Où habite le roi de Naples avec ses frères et sa cour. Cette petite église, comme toutes celles de Rome, est d'une grande richesse, Partout où l'œil se dirige, notre vue tombe sur des objets d'art, tableaux de maîtres, mosaïque, riches sculptures, marbres précieux, fresques admirables et une voute peinte par un artiste célèbre. Les dalles sont en marbre rare, polies comme des miroirs.
Notre lieu de réunion. portant le nom pompeux de “ Cercle Canadien,” est attenant, et jouit d’une situation exceptionnelle, se trouvant sur une Piazza ornée de deux magnifiques jets d'eau, à côté du plus beau palais de Rome, habité, comme je vous le disais, par Sa Majesté François IT, Roi de Naples.
Cet appartement, est situé au rez-de-chaussée.
Tous les jours, duns les moments de temps libre nous nous y réunissons, pour parler du pays, pour nous plaindre de la chaleur, ou de la poussière, pendant la promenade militaire du matin, pour faire des suppositions sur notre destination probable, pour nous encourager mutuellement, où pour y rencontrer un ami employé dans un bureau de l'administration militaire. Quelques uns y viennent aussi pour financer avec M. Moreau, le banquier de plusieurs, et qui, en accord avec l'article V du règlement, “les jours de banque sont les mercredis et Jeudis après-midi,” viennent toucher leur pension ou leur ration, Là, dans ce cercle où J'écris, en ce moment, sont réunis les quelques journaux que des amis complaisants du pays nous font la faveur de nous adresser, avec en plus trois ou quatre journaux de France et de Rome. On y fume quand on à du tabac.
Permettez-moi de remercier ici M. Anatole Desforges de la Compagnie du Richelieu, pour l'envoi de journaux contenant le récit de l'assassinat et des pompes funèbres qui ont accompagnés l'inhumation de l’'Hon. M. Mctree. Ces journaux ont été religieusement déposés au cercle comme tout ce qui vient de ceux que nous aimons audelà des mers. La Minerve y tient la place d'honneur.
L'Ordre à failli se faire écharper d'une belle manière, il y à quelques temps. parceque son correspondant lui écrivait que “la solde qui n'est que de quatorze sous tous le cinq jours. était suffisante pour couvrir les besoins des zouaves et que les sous à Rome valaient les schellings du Canada.” À la lecture de ces lignes, une grande indignation s'est élevée contre cet anonyme, qui se contentait de si peu, “On l'accusait d'être vendu
LETTRES ROMAINES il nous au gouvernement ” ; on allait jusqu'à dire que ce sobre nous correspondant avait une chambre en ville où il résidait, L pro- qu'il mangeait ses rentes au café ou dans les Trattoria. tions et qu'il avait une ordonnance pour astiquer ses armes rager et son fourniment.
ployé C'était un feu roulant d'imprécations qui menaçait Quel- de prendre une tournure grave pour ce mauvais ZOUAve. TEA, Les plus jeunes surtout étaient adorables dans leurs ; l'ar- réflexions. ‘ Que va dire mon père à qui je demande nt les de l'argent, disait le jeune 1... % je m'attends bien r leur que maman va menvoyer noyer dans ma gamelle "écris, suffisante ! ! en réponse à mu lettre où Je crie famine, X que disait un autre,” Mais le plus malheureux était un ur de charmant garçon de Québec, bien connu dans les cercles ux de fashionables, où il a obtenu jadis des succès marquants. tabac. La mélancolie qui attristait sa figure d'ordinaire si orges gaie, inspirait des craintes à un groupe qui riait de EAUX toutes ces boutades, de ces réflexions poivre et sel et de nèbres À ces demi-malédictions qui pleuvaient de toutes parts. c(ree. A Nous craignions beaucoup que le lendemain, le caporal ‘ercle 4 de semaine n'eût à l'inscrire sur la liste des malades. I] is au- à avait écrit à ses parents qu'il avait vendu ses habits neur. ; de Pékin pour manger et pour s'empêcher de mourir nière, : de faim (sic) ; que quand à fumer, il ne fallait pas y nt lui À penser sur cette terre inhosp.calière où le tabac se
sous 5 vendait au poids de l'or, et d’autres bonnes raisons ir les À ejusdem farine, très-nouvelles et de circonstance, pour it les : attendrir le cœur d'un père et délier les cordons de sa , une à bourse,
yime, ‘ Enfin, chacun s’est calmé, confiant en sa bonne étoile, et endu s faisant des vœux pour que là MAUVAISE FOI DE CE COR-