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Vous recevrez ces jours-ci une photographie repré sentant le détachement canadien en uniforme, une partie sous les armes et dans des positions plus où moins originales, le tout groupé autour d'un buste du Souverain Pontife. Les chevaliers de l'ordre de Pie IX, le sous-lieutenant Murray et M. Alfred Larocque occuperont de droit, les places d'honneur auprès de celui pour qui ils ont tous deux versé généreusement leur sang.
Notre petite colonie d'outre-mer s'est augmentée ces jours-ci par l'arrivée de MM. Lefebvre, Paquet et Rouleau, qui ont déjà endossé le harnais avec gaieté, comme nous tous et qui demandent déjà qu'on les conduise à l'ennemi. Les garibaldiens ou tout autre ennemi de la Papauté qui fera notre connaissance, peut compter sur une poignée de mains où ils perdront les doigts, ou bien donc, la jeune Amérique aura perdu sa poigne.
À la douloureuse nouvelle de la mort de la mère de notre camarade, Noé Raymond, nous avons organisé un chœur pour chanter une messe de Requiem pour le repos de son âme le 15 mai. Nous avons exécnté l'œuvre d’un dilettante canadien, en chantant la messe composée par le Dr. Desjardins, sous l'habile direction de son frère Henri. Nous nous associons de tout cœur à la douleur d'une famille qu'un grand nombre ont eu l'avantage de connaître, d'estimer, et de respecter. Nous avor: aussi versé des larmes en apprenant la perte douloureuse que venait de faire le Séminaire de St-Hyacinthe dans la personne du Rév, M. Desaulniers. Les zouaves canadiens s'associent à toute la patrie, pour déplorer la perte de l’une de ses gloires nationales les plus pures.
En terminant, je saisis l'occasion d'assurer toutes les familles qui ont payé leur tribut à la cause de l'Eglise en envoyant un des leurs sous les drapeaux du $St-Père, que leurs enfants sont bien vus et bien traités par les chefs et jouissent de la plus haute considération, aussi bien dans les cercles militaires que dans la prélature, et que la qualité de canadien est une recommandation suffisante pour ouvrir bien des portes, fermées à d’autres. Ï faut aussi être en garde contre les plaintes, souvent mal fondées, que plusieurs des tout jeunes, venus pour se battre mais que le poids du sac surprend, font à leurs parents, comme du temps qu'ils étaient en pension. Quelques journaux s'emparent souvent de ces correspondances et en citent des bribes qui ne sont pas en harmonie avec la vérité, ni avec notre position de premiers soldats du monde.
Rome, 6 juin 1868.
Nos cœurs ont tressailli d’allégresse avant-hier matin, à la vue des vingt-quatre nouvelles recrues d'outre-mer, qui viennent déposer aux pieds de l’immortel Pie IX, leurs respectueux hommages et l'offrande de vingtquatre cœurs généreux et courageux pour l'aimer, le servir et le défendre jusqu'à la mort. Qu'ils soient les bienvenus, ceux que la patrie envoie à la rescousse de ses autres enfants pour partager avec eux leurs travaux,
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