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Les Réverends Messires O'Connor d'Ottawa, Michaud et Routhier étaient les hôtes de Messire Moreau qui portait à cette occasion, pour la première fois, sur sa poitrine, l'insigne de sa dignité d'aumônier du régiment des zouaves pontificaux. Nous avons salué cette marque distinctive, donnant à M. Moreau le rang et préséance de chef de bataillon, comme un nouveau tribut payé à la patrie dans la personne de l’un de ses hommes les plus distingués.
Nous sommes demeurés à table environ deux heures et demie, à nous réjouir fraternellement du bonheur d'être réunis ensemble à dix-huit cents lieues de Montréal. En vérité, à voir l'harmonie, l'accord et la sympathie qui règnent entre nous, nous croirions être appelés à former en Italie une petite colonie d'amis plutôt que de soldats.
Notre fête nationale à été célébrée d’une manière tout à fait conforme aux vœux de Mgr de Montréal et selon nos propres désirs. Rien n'y manquait pour nous rappeler la brillante St-Jean-Baptiste de Montréal. Le matin, nous nous rendions en rangs, processionnellement, à St-Jean de Latran qui est la première église de la chrétienté et L'ÉGLISE PAROISSIALE de la catholicité, où nous avons assisté à la messe PAROISSIALE DU MONDE. De là, nous eûmes l'honneur d'être reçus en audience par le St-Père,
Nous n'avions pas le traditionnel petit Saint-Jean- Baptiste à suivre, il est vrai, en revenant, mais nous vénérious à St-Sylvestre in Capite, la tête même du vrai St-Jean-Baptiste, le patron du Canada, conservée
dans un magnifique reliquaire, orné de pierres précieuses
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et de diamants ; de plus, à l’instar du goûter qu'offre d'ordinaire le président de la société à Montréal, à ses membres, à l'issue des cérémonies. le Comité nous offrit un “ festin ” dont nous parlerons longtemps sous la tente. Nous avons bu, mangé, speeché, chanté le soir au son du piano, du violon et de la flûte, tout comme au concert-promenade annuel du marché Bonsecours. En somme, tout s'est passé avec beaucoup d'ordre et beaucoup de gaîté.
Nous avons grandement étonné, par nos cris joyeux, nos cousins les Français qui ont leur cercle à trois pas du nôtre. Les Européens sont de plus en plus étonnés à mesure qu'ils nous connaissent davantage. Plus ils nous étudient, plus ils trouvent que nous leur ressemblens. Nous nous moquons souvent de ces petits crevés oui n'ont pas d'autre connaissance de notre beau Canada, que parce qu'ils en ont appris dans les rapports des premiers gouverneurs français ; aussi, sont-ils tous surpris, que nous ne soyons plus ANTHROPOPHAGES OU barbares, et que les sauvages qui dansèrent devant Christophe Colomb, à son arrivée en Amérique, aient fait place à une race de vigoureux jeunes hommes, parlant français comme eux, qui s'énorgueillissent d’appartenir à la Nouvelle France, la petite-fille de l'église, par sa mère la France qui en est la fille aînée. En toute humilité, nous ne pouvons nous empêcher de nous croire, sans flatterie, leurs bien dignes cousins, et presqu'aussi malins qu'eux !
L'Université Laval a dû recevoir un portrait du pape Pie IX, de grandeur colossale, l'œuvre de l’un à + premiers artistes de Ron.e et exécuté sur la commande
de M. l'abbé Paquet. Ja veille du jour de l'envoi, il y a près d’un mois, J'acceptai avec plaisir l'invitation de visiter son studio. Ce tableau auquel l'artiste a travaillé pendant longtemps, est une véritable œuvre d'art et d’une ressemblance parfaite. C'est l'un des meilleurs portraits du Saint-Père (et Dieu sait s'ils sont nombreux). Avant d'envoyer cette toile en Aimérique, l'artiste, qui est Chevalier de l'Ordre de Pie IX, voulut le soumettre à l'approbation de Sa Kainteté, et lui demanda une audience à cet effet. Il installa ses chevalets dans un salon du Vatican et y monta sa toile,
Le Kaint-Père, accompagné de son camerlingue. Son Em. le cardinal de Angelis et de Mgr Pacca, sor majordome, lexamina avec attention et demanda à l'artiste S'il avait l'intention d'inscrire quelque chose sur la feuille blanche qu'il tenait dans sa main gauche. Le St-Père est peint debout. le bras droit bénissant, Sur la réponse du peintre qu'il sollicitait de Sa Sainteté la faveur d’une suggestion à ce propos, le Souverain Pontife se consulta avec ses suivants et leur proposa d'appliquer aux Canadiens l’apostrophe de César à Brutus. % Tu quoque fil mi!” Sa Sainteté,se ravisant, dit à l'artiste qu'il y réfléchirait et que, comme il s'agissait de son cher Canada, il voulait une maxime appropriée et plus chrétienne. Deux jours après, le peintre recevait un billet de la maison du Souverain Pontife, lui disant d'inscrire en lettres majuscules sur le tableau, ces belles paroles : ‘“Benedicti omnes qui veniunt in auxilium nostrum ” Pie IX P. P. Ces paroles étaient signées de la main même du Souverain Pontife.
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Je tiens ces détails de l'artiste, qui ajouta que le Saint- Père lui parla des Canadiens comme étant ses enfants préférés et qu'apprenant que ce tableau était destiné au Canada, Pie IX fut plus attentif dans l'examen qu'il en fit. Sa Sainteté dit-il, aurait eu presqu'un mouvement de coquetterie, si sa grande âme ne fut pas audessus de ces faiblesses, Heureusement que la ressemblance est parfaite et que l'œuvre est de main de maître ; aussi le St-Père l’approuva entièrement.
Cette toile ornera les grands salons de l'Université Laval, où elle doit être déjà rendue.
Notre dépôt (le 4ème) a vu ses rangs se grossir d’une noble recrue, Son Altesse Royale, l'infant d'Espagne, Don Alphonse de Bourbon, âgé d'environ 26 ans, est venu prendre du service dans l’armée pontificale et compte remplir tous les devoirs et obligations d’un simple zouave pendant la durée de son engagement ; c'est le fils de Don Carlos, le légitime prétendant au trône d'Espagne, qui guerroya pendant de longues années contre Christine, la mère d'Isabelle, la souveraine actuelle,
Ce noble pioupiou, qui est arrivé accompagné de son gouverneur, de son médecin, et de son secrétaire, a été versé dans mon escouade, On l'appelle Monseigneur. Il faut me voir quand je fais l'appel des zouaves à la corvée des pommes de terre, destinées au Rata, appeler, “Mgr Don Alphonse de Bourbon !” Comme le Prince suit un cours d'instruction militaire, en outre des exercices ordinaires de la compagnie, il brille souvent par son absence à certains appels du service interne—
aussi je me vois forcé de jui infliger publiquement,
“deux corvées à l'œil,” pour absence. — C'est pour l'exemple, car. tous sont égaux dans le service, mais je sais qu'il est dispensé de peler les pommes de terre, “par ordre Superior.” On l'entraine, dit-on, pour le faire passer officier aussitôt que possible.
Le major Barnard à quitté Rome le 25 juin pour retourner en Canada. Il est parti chargé de nos amitiés, de nos souhaits pour son heureuse traversée, et de plus de mille paquets, lettres et commissions pour nos parents et amis. Le comité a le droit d'être fier de son délégué. Le commandant de Troussures l'avait honoré particulièrement de son amitié.
Le 26 juin, le Souverain Pontife s'est promené pendant environ une heure, à pied, dans les rues de Rome, accompagné d'abord d’une toute petite escorte: puis d'un grand nombre de fidèles qui lacclamaient avec amour. Ce n'est pas un signe que la ville de Rome soit agitée et que ses rues soient dangereuses, quand l’on voit un vieillard de 77 ans, le point de mire de toutes les attaques des ennemis de l'Eglise, Sy promener à pied avec sept à huit gardes n'ayant, pour toute arme, qu'une frêle épée de cour. C’est une réponse au Witness. Quand le souverain se promène en plein jour, sans craindre, un brave zouave peut bien passer la nuit à la belle étoile, sans plus de risques. C’est aussi une réponse aux bruits que font courir ces mêmes brigands sur la santé de Notre Saint-Père.
Les fêtes de la Pentecôte et de la St-Pierre, ont été célébrées avec toute la pompe que déploie l'Eglise romaine en ces circonstances. Le tout fut favorisé d’un temps admirable. La procession du St-Sacrement, porté