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Nous passons bien des heures agréables quand celui qui occupe le piano, nous fait revivre de la vie intime de la famille, en rappelant à nos souvenirs, les fantaisies de salons avec lesquelles nous sommes plus particulièrement familiers. Plus d'un de ces morceaux de musique nous rapprochent mentalement d'un ami ou d'une sœur qui en fait ses délices, là-bas, et qui protite du demi-jour pour se livrer à ses inspirations, quand la nuit commence à répandre ses ombres sur la terre.
L'arrivée du 4e détachement produisit un effet merveilleux sur NOUS, VIEUX ZOUAVES, qui éprouvions tous le désir d'avoir des nouvelles du Pays. L'un avait besoin des embrassements d’une bonne mère ou de l’assurance qu'il n'était pas oublié d’une personne chère ; un autre plus prosaïque voyait avec peine sa bourse à tabac s'amaigrir de jour en Jour et menacer sa pipe de la faim, avec toutes les tortures d’une pareille priration. Enfin, je suis heureux de le dire, ce détachement si bien composé de jeunes hommes forts, sains. et d’une tenue irréprochable, à été reçu à bras ouverts comme ses devanciers et x comblé tous les vœux des aspirants, suppliants et soupirants. Nos amis ont fait, leur entrée dans la Ville Eternelle, mercredi soir le 15 juillet, chargés de bonnes nouvelles. !TS sont allés prendre leurs billets de logements dans la magnitique ‘aserne connue sous le nom de NAINT-OFFICE, à côté de la basilique de St-Pierre au Vatican.
J'ai pressé avec bonheur la main de mes vieux camaades de collège Chs Collin, Munro, Allard et Blanchard qui font partie de ce détachement. J'ai aussi vu avec plaisir le jeune Ernest Lavigne, le frère de mes
amis Lavigne de Montréal, un véritable boute-en-train, celui-là, avec ses yeux noirs et ses seize ans. Il promet d'aller loin, Son premier bonjour à été, ‘ arrive-t-on à temps pour se battre ? ” [ne rêve que plaies et bosses. Et il a seize ans !
Dès le lendemain. ils reçurent la visite du chirurgienmajor du régiment, qui les déclara tous ft for service, sans même lesexaminer, Dix huit centslieues de voyage, sans repos, sont, je crois, un certiticat suffisant de santé corporelle, [ls reçurent tous les effets de grand et de petit équipement, et endossèrent la noble tenue de zouave pontifical le même jour.
Ils font partie de la deuxième compagnie de dépôt, commandée par le brave capitaine Joly, qui servait avec le grade de sergent à la bataille de Casteltidardo dont il fut l'un des héros. Son non figure dans LEs MARTYRS DE C'ASTELFIDARDO, par M. le comte de Kégur.
A la demande du Révérend Messire Routhier, aumônier du 3e détachement et des aumôniers du 4e, le colonel Allet obtint une audience du Saint-Père pour ces deux détachements ; environ quatre-vingts hommes.
Mardi le 21 juillet à cinq heures et quart, p. m,
j'eus l'honneur de conduire au Vatican les vingt-cinq
Canadiens appartenant à ma compagnie, qui y rencontrèrent les quarante-huit derniers arrivés. Nous fûmes introduits dans le grand salon destiné aux audiences publiques. Formant un carré ouvert en face du trône du Souverain Pontite, nous attendîmes le cœur gros d'espérances que le Père commun des fidèles nous honorât de sa présence. Après environ dix minutes d'attente, le Saint-Père fat annoncé, De suite, nous
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enlevâmes nos colbacks et nous mîmes un genou en terre, mais Sa Sainteté prit la direction de la galerie de la cour pu BRamanTE et envoya son Majordome nous avertir de le suivre, En un temps et un mouvement nous fûmes debout et sur deux rangs nous joignîmes le cortège.
Le Pape ouvrait la marche en s'entretenant avec notre colonel à sa droite et un camérier secret à sa gauche ; suivaient, Messieurs Moreau, Lussier, Routhier, Suzor et Roy, (M. Michaud était absent de Rome). Avee eux marchaient des prélats de la cour du Pontife- Roi. Nous venions ensuite, retenant notre respiration, marchant légèrement pour faire le moins de bruit possible, et les yeux tout grands ouverts. Une promenade à travers le palais du Vatican ayant pour Oicerone l'immortel Pie IX, était chose si surprenante et si inouie dans les fastes des visiteurs du musée, que nous en étions tous confus. Nos yeux trop petits pour la circonstance, erraient de notre Guide aux voûtes, et aux murs des appartements que nous traversions. Nous ne savions à quoi tixer notre admiration.
Le Saint-Père qui marchait allègrement, tout vêtu de blanc, coifté de son bicorne écarlate et chaussé d'escarpins rouges, semblait un astre éclatant répandant des ‘ayons lumineux qui faisaient briller d'un éclat plus vif les trésors de peintures que contenaient les galeries que nous traversâmes, les quatre chambres de Raphael connues sous le nom de Stanze, et les salons richement décorés destinés aux audiences des dames. Pour un admirateur du beau, qui n'avait jamais eu le bonheur de passer de longues heures dans le musée de peinture
ss ZOUAVIANA
du Vatican, avant cette occasion, notre passage était propre à lui donner le vertige,
Avant de nous rendre au pavillon où voulait nous recevoir Notre Saint-Père, nous marchâmes pendant environ dix minutes, coudoyant les trésors de la sculpture ancienne et moderne, admirant les merveilles sorties des pinceaux des plus grands maîtres de tous les temps, et tous les objets d'art qui font du musée du Vatican, le plus riche musée de Punivers.
Le Vatican est une réunion de palais, élevés par seize à dix-huit papes, qui ont attaché leurs noms à chaque
palais ou partie de palais, élevé sous leur règne. On le voit il ny à pas une seule dynast,. au monde qui puisse offrir un aussi grand nombre de protecteurs des beaux arts : et cependant on n'en continue pas moins à
| représenter les papes comme des ennemis de l'art, du h progrès et du beau, n'ayant pas d'autre souci que de
ramener l'humanité, à l'âge de fer ou à la barbarie.
On compte au Vatican, au moins huit grands escaliers, vingt cours, quatre mille quatre cent vingt-deux salons, et des jardins immenses. Comme le disait le Saint-Père à Messire Moreau, mardi dernier : c’est tout un petit pays que le Vatican.
Nous laissâmes à regret ces merveilles, mais pour Î entrer dans les beaux jardins qui dépendent de ce L Palais. Pendant le trajet, le Souverain Pontife se hi: retournait souvent de notre côté et nous invitait de la nn main à Le suivre. Nous parcourûmes ainsi une longue [1 suite d’allées bordées de lauriers roses, de grenadiers
1 et d’aubépines tout en fleurs, et nous nous enga- 11! " . . .
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au charmant pavillon construit sous le pontiticat de Pic IV.
Entre deux bosquets odoriférants et des massifs de verdure, s'élève ce petit édifice bâti en marbre, orné d’un beau portique d'ordre corinthien, soutenu par des colonnettes en marbre de Carrare. Le fronton tout orné de statuettes et de bas reliefs représentant des sujets tirés de l'Empire de Flore, contient une riche inscription rappelant à quelle occasion le Pape Pie IV le fit construire : une jolie petite pièce d’eau, à quatre jets,
y aichit les alentours.
Le Saint-Père monta sur les premières marches du portique, et nous faisant former en demi cercle devant
Lui, Il nous adressa quelques paroles qui nous remuèrent
jusqu'au fond du cœur, Il nous félicita de notre
dévouement à la cause de l'Eglise, et nous parla de son admiration pour notrelointaine patrie. [1 nous souhaita la bienvenue par une bénédiction qui devra nous accompagner pendant toute notre vie, dans toutes les occasions, jusqu'à l'heure de notre mort, Que cette bénédiction, nous dit-[l, rejaillisse sur vos bons parents, sur Vos amis, sur tous ceux que vous aimez.
Après nous avoir ainsi béni, le Souverain Pontite fit approcher plusieurs domestiques qui, porteurs de grandes corbeilles, disparaissaient sous les fleurs qu'eiles contenaient : d'autres portaient des plateaux chargés d'oranges. Le Saint-Père commença la distribution de sa propre main et donna à chacun des heureux zouaves qui avaient l'honneur d'être présents, un magnifique bouquet de fleurs, une orange et une médaille en argent, marquée à son effigie,
Nous étions tous ébahis, les mains remplies des dons du Souverain Pontife.et,ne sachant comment exprimer les sentiments qui nous animaient. Alors, Sa Sainteté Sentretint familièrement avec les prêtres canadiens qui l'entourent. Nous ne perdions rien de la conver sation qui se faisait en français. IE demanda à l'un d'eux, à quel diocèse il appartenait, Ce monsieur répondit qu'il appartenait au diocèse de Trois-Rivières. Le Saint-Père lui dit, en élevant la voix : * Mais, vous m'appartenez d'une manière spéciale, attendu que c'est moi qui ai créé ce diocèse, J'ai aussi érigé un autre diocèse, leur dit-I1, dans les environs de Trois-Rivières, cest celui de StHyacinthe.”" Il demanda alors pour quelle raison la cité tri-fluvienne portait ce nom pompeux. Il nous dit qu'il connaissait les avantages immenses que procuraient à l'Amérique ses grands fleuves. Sa Sainteté en nomma plusieurs et passa aussi en revue les rivières de moindre importance, en disant : Vous avez aussi des fleuves secondaires, comme l'Orégon, l'Orénoque, etc.”
Pie IX, est comme vous le savez le seul Pape qui ait visité P'Amérique jusqu'à nos jours.
Après cette digression géographique. le Saint-Père, prenant un sentier tout bordé de haies, tailles à l'anglaise, nous fit parcourir une partie de ses jardins, quand, arrivé près d'un mur, Il S'assit sur une petite borne en marbre, adossée à lune des galeries du musée, Il continua à s'entretenir avec notre colonel pendant quelques instants. puis, nous adressant la parole, Il nous montra une ouverture qui conduisait par un escalier en-dessous du Vatican. Le Saint-Père nous dit :‘ Allez
es dons primer sainteté nadiens convetr à l'un onsieur ivières, IS, VOUS ue c'est n autre ivières, s pour e nom intaues grands & AUSSI lisant :
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voir, c'est très Joli. Quelques-uns s'avancèrent pour regarder ; Pie IX, pour encourager les timides, nous dit: Andate. Andate,” (allez, allez). Nous nous ruâûmes tous vers la partie indiquée, cherchant à voir ce qui avait tant d’attrait, quand, tout-à-coup, des centaines de petits filets d’eau s'échappèrent du sous sol par Îles tissures des allées sablées sur lesquelles nous piétinions, et vinrent se croiser sur notre figure, dans nos jambes, sur notre dos, partout. Rien n'était aussi comique que de voir le saure-qui-peut général qui s'ensuivit. C'était une vraie averse de petits jets. Sans égard pour le décorum que nous devions observer devant l'auguste Pontife- Roi, nous fuîmes bravement devant l'élément qui nous poursuivait partout.
Quand nous fûmes hors des atteintes de cet ennemi d'un nouveau genre, nous fimes volte-face et nous contemplimes le Saint-Père qui riait aux éclats de notre décontiture, [en montrait plusieurs qu'Ilremarquait avoir été plus favorisés que les autres, c'est-à-dire qui étaient légèrement trempés. [nous dit en riant : “Je ne savais pas que mes zouaves fuyaient devant l'eau. Que serait-ce devant l'ennemi, ?” Le colonel Allet répondit : * Devant le plomb, Très Saint-Père, ils avanceront. ”
Je n'ai pas besoin de vous assurer que pas un de nous n'aurait voulu manquer cette averse qui ne pourra que féconder nos cœurs et leur faire porter de bons fruits pour l'Auguste Successeur de Saint-Pierre qui sut ainsi les arroser, La sécheresse de nos sentiments ne nécessi
tait pas cette rosée, il faut plutôt croire que c'est une
mesure de précaution contre la tiédeur !
à se termina notre audience, qui avait duré une heure et demie. Nous prîmes congé de Sa Sainteté, heureux, d'avoir été l’objet d’attentions aussi délicates et remportant outre plusieurs marques sensibles de notre visite, de doux souvenirs pour l'avenir.
Le Saint-Père avait fait placer, intentionnellement, des immortelles dans tous nos bouquets. Le souvenir de cette journée mémorable ne s'effacera donc jamais. Notre audience eut un cachet particulier, comme on le voit. En retournant à la caserne nous nous disions : “Qu'avons-nous fait jusqu'à ce jour pour mériter de telles faveurs ? Rien, aussi nous ne soupirons qu'après une occasion de prouver au Pape notre dévouement.”
C’est ainsi que l’'Immortel Pie IX reçoit les Mercenaires qui marchent sous ses drapeaux.
Nous profitâmes de notre audience pour faire bénir pur le Saint-Père, divers objets de piété, que nous destinions à nos familles et à nos amis, afin que ces derniers retirent quelques fruits de la faveur dont nous jouîmes dans cette occasion, unique dans la vie d'un zouave.
Le lendemain, nous fîmes, un pèlerinage dans les églises les plus célèbres de la chrétienté, pour ajouter des mérites aux objets de piété déjà bénis par le Pape. en les faisant toucher aux saintes reliques que possède la ville de Rome, Aïnsi pour ma part, en compagnie de trois zouaves canadiens, nous gravimes à genoux les vingt-huit degrés de la SANTA ScaALA, à St-Jean de Latran, et nous fimes toucher nos chapelets et médailles aux endroits marqués par le sang du Rédempteur. Nous reçûmes la faveur d'être admis dans le trésor de
l'Eglise de Ste-Croix de Jérusalem, bâtie par Ste-Hélène,
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pour recevoir la vraie Croix. Cette église a été érigée sur un emplacement couvert de terre apportée de Jérusalem, par les soins de la mère de Constantin, aui en avait fait charger plusieurs vaisseaux.
Là, nous vénérâmes une partie de la vraie Croix, un des clous qui percèrent le corps de Notre-Seigneur, deux des épines de sa couronne, un morceau du voile de la Sainte-Vicrge, la croix de cuivre que portait sur sa poitrine St-Pierre, apôtre, et une partie de la croix du bon larron. Nous eûmes le bonheur de faire toucher nos chapelets à toutes ces augustes reliques. Nous les fimes aussi toucher aux chaînes de St-Pierre, à l'église St-Pierre aux liens, et à la tête du glorieux patron du Canada, St-Jean-Baptiste, à l'église St-Sylrestre in capite. Nous fîmes aussi une visite au plus ancien monument de Rome, qui date des Rois, à la prison Mamertine, où nous bûmes de l’eau de la fontaine miraculeuse, que St-Pierre fit jaillir du roc pour baptiser ses gardiens, et dans laquelle nous trempâmes nos rosaires,
M. l'abbé Routhier, qui part en emportant l'estime et l'amitié de tous les zouaves canadiens, et de tous ceux qui ont eu des rapports avec lui, a eu l'obligeance de se charger de ces objets précieux pour nos parents et pour nos amis. Nous faisons des vœux pour qu'il arrive à bon port avec son compagnon de voyage, M. Félix Sincennes. Nousavons eu la douleur d'en voir un des nôtres retourner dans la patrie avant que l'heure du combat ait sonné. Le beau ciel de l'Italie, d'ordinaire si clément aux soutfrants, à affecté la santé de notre ami au point que le chirurgien major du régiment
lui a ordonné de retourner en Canada, s'il veut se con-
server à sa famille et aux nombreux amis qu'il laisse derrière lui,
Le troisième dépôt, qui fait toujours son service comme une vieille compagnie de guerre, à Velletri, a perdu 42 de ses membres. Ils sont entrés à l’école des #aporaux, Ces quarante-deux Canadiens suivent un cours d'instruction particulier. On en fera d'excellènts sous-ofticiers et caporaux plus tard.
Le dix-huit juillet, douze zouaves appartenant à la cinquième du premier, ont fusillé deux sales brigands, dans le dos, en dehors de la porte Romaiïne, à Velletri. Ces coquins, aussi lâches que cruels, avaient commis des meurtres révoltants sur la personne d'une jeune fille et d'un garde-champêtre. Le matin de l'exécution, l'un d'eux faillit mourrir de peur avant d'arriver sur le terrain, où il devait expier ses affreux forfaits.
Je m'étais transporté à Velletri avec MM. de Cazes et de Hempel pour voir la conduite des condamnés, croyant trouver des Fra Diavolo possédant quelque poésie, mais, ma foi, nous avons été tout-à-fait dégoutés de la poltronnerie que ces vilaines canailles montrèrent sur le terrain de l'exécution.
Le gouvernement est bien décidé à ne plus gracier ces brigands, et six de ces misérables seront encore fusillés sous peu à Frosinone.
Après cette exécution, nous acceptâmes l'invitation de notre ami Taillefer, d'aller nous réconforter un peu. à Genzano, petite ville située à une douzaine de kilomètres de Velletri. Nous partîmes à quatre, TFaillefer, de Cazes, de Hempel et moi.
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Pendant que cuisait notre modeste déjeuner, à la “Trattoria ”, où nous avions remisé nos bourriquets, la patronne nous engageu à aller visiter le lac Némi, à une portée de fusil de (renzano. M. de Hempel qui avait été dévoré toute la nuit par des myriades de petites bestioles qui se nourrissent du sang des zouaves, à Velletri, fut tenté par la vuede cette jolie pièce d'eau, qui nous rappela le lac de Belæil, et il nous invita à nous y baigner.
Nov: avions le corps tout tatoué par les piqûres de ces petits vampires, qui avec un vin délicieux, mais fort capiteux, sont les principaux produits de la saison estivale, de Velletri.
En sortant des eaux glacées de ce lac, Raillefer nous apprit que nous venions de nous baigner dans le cratère d'un célèbre volcan, devenu le lac Némi. Il y a longtempsqu'il est éteint, dans tous les cas, repartit de Cazes, ar, brrrr.. l'eau est bigrement froide ! Taillefer nous apprit ensuite que Velletri s'appelait “ Velitr&” du temps des Volsques, et qu'Auguste en était originaire,
De Cazes, en train de secouer la partie de son uniforme quil appelait son sac à puces ”, interrompit Taillefer dans son petit cours d'histoire Romaine, et lui demanda, sil l'avait connu. Taillefer, toujours sérieux, lui répondit : Mais non, Charles, l'empereur Auguste est né il y a plus de dix-neuf cents ans !
Eh bien, vrai !—répliqua de Cazes toujours gouailleur, Parole d'honneur, je ne le croyais pas si âgé que cela !
Nous reviînmes à Rome dans la soirée, moins Taillefer, “ garnisaire ” de Velletri, qui fut fort malade pendant
trois jours, des suites de ce bain pris dans des eaux glacées, chargées de principes délétères. Notre distingué camarade est bien portant maintenant et ne conserve pas d'autre souvenir de notre excursion à Grenzano et au lac Némi, que les gaies réparties de Charles de Cazes.
Quelques Canadiens de ma compagnie ont présenté ces jours derniers, un gros pain de sucre du pays à S. À. Don Alphonse de Bourbon, le prince espagnol qui fait partie de notre depôt.
Le jeune prince à fait un accueil charmant à ses visiteurs et les à remerciés cordialement de leur cadeau. Il fait tous les exercices prescrits par les règlements comme un simple mortel, sans se plaindre, et porte sur sa gamelle son numéro de matricule, avec son nom “ Don Alfonso de Bourbon.” Je ne jurerais pas que Son Altesse, la mange tous les jours, ralgré tous les efforts que je fasse pour bien nourrir ma compagnie, en ma qualité de caporal d'ordinaire, mais que voulezvous ? Avec sept sous par jour, je ne peux pas donner des confitures au prince, à chaque repas !
Nous avons vu dans les journaux du Canada, que vous aviez été de votre côté, honoré de la visite d'un jeune prince. J'ai eu l'avantage de passer quatre jours dans les domaines de Charles ITT, son père, l’an dernier. Monaco est le plus petit royaume de la terre, comme Saint-Marin, en est la plus petite république. Trois rues étroites bordées d’aloës de lauriers roses et de actus énormes, poussant sans culture, une belle grande maison que l’on est convenu d'appeler le Palais, quatre genda mes (dont deux en uniforme), trois canons
des eaux tre distinut et ne eursion à parties de
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nant à ses ur cadeau.
règlements t porte sur : son nom is pas que ré tous les ‘ompagnie, jue voulezpas donner
anada, que visite d’un uatre jours an dernier.
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elle grande lais, quatre lois canons