LA COLONIE DE PIOPOLIS
Québec, la coupe des bois, mais il réservait le fonds ruiné pour le pauvre colon.
Nos zouaves auxquels un bon nombre de familles se joignirent, se divisèrent ces lots fortunés, bâtirent une chapelle et une espèce de Caravansérail où, dans les débuts, prêtre-missionnaire et colons habitaient ensemble, [sse mirent hardiment à l'œuvre, et bientôt, des ‘abanes surgirent ça et là. Des éclaircies se pratiquèrent dans la forêt, un moulin s'y bâtit, plusieurs colons même s'y marièrent, quand un beau jour, un étranger arriva dans la colonie pour engager des bûcherons. Mais pour où travailler ? Dans Piopolis même ; c'était ça qui était commode ! M. Hall venait faire chantier sur les terres de nos zouaves en commençant par saccager le lot de la fabrique. sur lequel était élevée la chapelle, et leur offrait de l'ouvrage pour l'hiver, sans presque se déranger, à la porte de leurs cabanes !
Tout fut employé pour arrêter M. Hall. Les colons se soulevèrent et menacèrent de partir. Mais L'on. M. Beaubien, alors Commissaire des terres de la Couronne, les calma par ces mots magiques ; C'est la loi. Eh, Oui !'il parait que c'est si bien la loi, que L'Hon. M. Fortin, le Commissaire actuel des terres, malgré tout son désir de leur venir en aide, ne peut maintenant que plaindre nos jeunes colons du fond de son cœur. Le Rév. Messire Dufresne, aumônier par interim des zouaves pontificaux, constata lui-même, dans une entrevue avec cet honorable monsieur, que la loi paralysait ses bonnes intentions,
M. Ulrie Moreau nous raconta que M. Hall, riche marchand de bois de Québec, avait acheté de l'Hon.
M. Beaubien, le droit de couper tout le bois qui couvre une partie des townships de Marston et Ditchtield, englobant la réserve, si généreusement vendue plus tard aux zouaves canadiens, Et voilà comment il se fait, que nos pauvres colons, vont avoir de l'ouvrage à leur portes, en aidant à piller et à ruiner leurs terres. Ils auront toujours la consolation de dire à leurs enfants, qu’il y avait autrefois de bien belles sucreries sur le sol qui les aura vus naître, et qu'ils les ont même vues. Amère dérision !
Les demandes de secours sont pressantes, C’est pourquoi, au lieu d’ergoter sur les vices qui enrayent l'action des sociétés de colonisation, sur les remèdes à apporter
aux dangers que présente le système actuel de conces-
sions de coupes de bois, sur des lots destinés à être colonisés dans un avenir prochain, et sur les conflits qui existent entre les départements des Terres et de l’Agriculture, nous faisons un appel énergique à tous les vrais amis de la bonne cause, pour aider à maintenir la Colonie de Piopolis, encore une année. Car, si cette œuvre tombait, ce que nous ne soutfrirons pas, l'honorable nmunistre de l'Agriculture n'aurait plus l'occasion de | prouver les bons résultats des sociétés de colonisation, en disant comme l'an dernier, à la page V de son rapport aux chambres. “Les sociétés de colonisation “ de Montréal, ont fondé sur les bords du lac Mégantic, “une colonie déjà importante.”
25 novembre 1873.
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