LA COLONIE AGRICOLE DE PIOPOLIS
M. Ulric Moreau, Vice-Président de l'Union-Allet pour la Section de Piopolis, et l’un des hardis pionniers de la colonisation dans le township de Marston, était présent à l’assemblée du bureau de régie, du 7 novembre courant.
M. Moreau était délégué par la Colonie zouave,
auprès des sociétés de colonisation de Montréal et auprès du bureau de l’Union-Allet, pour demander des secours pécuniaires, qui pussent mettre ces braves colons en état de subsister pendant l'hiver, tout en continuant leurs défrichements.
Les pluies torrentielles du printemps dernier, ayant
retardé considérablement l’action du feu dans les abattis,
les semailles tardives n’ont pu parvenir à maturité, et
| la gelée les a privés en deux nuits, des fruits de longues
et pénibles Journées de travail.
Cependant il faut vivre.,et se tenir prêt à ensemencer au printemps les quelques arpents qui ont déjà coûté tant de sueurs, et il faut faire cet hiver des abattis
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LA COLONTE DE PIOPOLIS 117
nouveaux, pour agrandir le domaine cultivable à la prochaine saison.
Mais quand il n'y a pas de pain dans la huche et que le grenier est vide, il doit être permis au colon de venir frapper à la porte de ses frères, pour emprunter ce qui doit le sauver et l'aider à poursuivre sa carrière honorable. C’est ce qu'ont fait nos camarades de Piopolis, tout comme jadis, quand ils partageaient avec nous leur miche de pain de munition, sur le bord des grandes routes romaines.
Les sociétés de colonisation de Montréal, ne pouvant donner de secours immédiats à la Colonie de Piopolis, ces zouaves-colons sont venus franchement à nous,
Nous n'avons pu faire pour eux, tout ce que notre cœur nous dictait, vu l'état précaire de la caisse de l'Union-Allet, mais il est encore temps. Les membres actifs et honoraires de notre association ignorent-ils que l’un des buts de notre fondation, est de nous entr'aider mutuellement ?
Nous venons done tendre la main, à nos camarades zouaves et aux membres honoraires de notre société, pour qu'ils s'empressent de remplir notre trésor de leurs cotisations arriérées. De plus les patriotes qui s'intéressent à la colonisation, trouveront une excellente occasion de contribuer à une œuvre nationale en nous appuyant auprès des autorités pour obtenir des amendements à la loi draconienne qui régit aujourtt'hui es domaines de la Couronne.
Mais, une question vient sur les lèvres du lecteur : Pourquoi l'Etat ne vient-il pas en aide à ces colons ? Oui, vous avez raison, pourquoi ? Parce que la loi s'y oppose.
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et comme le gouvernement est chargé de faire respecter les lois, même quand elles sont brutales et odieuses,— eh bien !... il les respecte.
Nous demandâmes à M. Moreau si leurs terres étaient bien boisées : Oui, fut sa réponse.
Yat-il une scierie dans la colonie ? Oui,
Le propriétaire de ce moulin achète-tl des bois de service ? Oui.
Mais alors, lui dîmes-nous, pourquoi ne coupez-vous pas ces bois sur vos lots, et ne les rendez-vous pas au propriétaire de la scierie, au lieu de venir demander des secours, sans avoir au préalable, épuisé toutes les ressources que vous offrent vos terres ?
Parceque, répondit M. Moreau, ces bois ne nous appartiennent pas. Le gouvernement de Québec avait déjà vendu la coupe &es bois propres à la construction, à des marchands, lorsqu'il nous à cédé le fonds de ces mêmes terres, sujettes à cette odieuse servitude. Et nous ne l'avons appris que deux ans après notre installation ! C’est incroyable, mais c'est la vérité nue.
Au retour de Rome, Messire Moreau, aumônier-enchef des zouaves canadiens, avait obtenu du gouvernement de Québec, pour ses zouaves, des réserves de terre, sur les bords du lac Mégantic, township Marston, réserves quil se permettait de trouver magnitiques. En eftet, le site est enchanteur. Un beau ciel, un lac limpide, très poissonneux, et des forêts majestueuses annonçant la bonne qualité du sol, venaient y mourir sur la plage. Messire Moreau ignorait alors, que le gouvernement avait deux cordes à son are, (chose assez rare d’ailleurs) : il vendait au riche marchand de
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