ET VA TON CHEMIN
C'est ainsi que se traduit le dévonementet l'ubné
gation de ee brave Paquet. ui, tuillé comme un hereule et qualifié pour commander un bataillon ou diriger les finances d'une banque, Sen va peut être Senfouir dans une position des plus infimes aux veux du monde, mais grande aux veux de Dieu, par son effacement volontaire.
Ses mérites, nous lespérons, seront récompensés et sa situation sera en harmonie avec ses aptitudes et ses brillantes qualités.
Nous faisions des rapprochements entre Te dévouc ment de M. Pakocque, qui a engendré une croisade, et celui de M Paquet Sen allant, obseurément prendre du service pour le vie, dans liomaison Hu Pape,
Ledévoucmentde Paquet neseraitilpas le prélude de Houveaux événements 2 Qui sut si Paquet ne sera pus à Rome comme la sentinelle avaneée des grand'eardes, qui nous Jjettera de temps à autre, par dessus les mers, le eri de sentinelles. prenez garde à vous 1
Lartilleur qui met le feu aux pièces est souvent un soldat obscur, et cependant le résultat de son tir est Auflisant pour couler les navires -embraser les villes et faire erouler les murailles Que Paquet soit en haut de l'échelle sociale ou en bus, peu taporte. Fest à Rome, et quand «ai voix nous arriver toute imprégnée des parfums d'Halie, nous recevrons ses communications avec délices et nous ferons des eflorts pour que notre conduite soit en accord avec ses lecons. Ses conseils acront aussi goutés et appréciés Nil nous éerit de Rome, étant valet de chambre du Pape, que Silest majordome du Vatican.
L58 ZOUA VIANA
Ama Dio e tira via ! Va ton chemin, brave Paquet ! tu pars chargé de nos vœux pour l'auguste Pie IX ; sil t'est donné de Le voir, tu diras à Notre Saint-Père que par de là les mers, il y a cinq cents vieux de la vieille, qui enviant ton sort, s'efforceront d’être, comme tu l'as toujours été, prêts à prendre, sous vingt-quatre heures d'avis, le bâton de soldat-pèlerin pour voler vers Rome, se ranger à tes côtés, chasser de la Ville Éternelle, les soldats de l'hypocrite Victor-Emmanuel.
“Va ton chemin,” cher Camarade ; nous serrerons nos rangs, pour remplir le vide que ton départ a fait parmi nous, mais nous n'arriverons Jamais à te remplacer. Tu pars chargé de nos souhaits, et de plus, chargé de nous représenter auprès du Saint-Père. Les gouvernements choisissent toujours leurs diplomates les plus distingués, pour envoyer en mission diplomatique auprès des cours étrangères, de même dans notre corps, le Canada envoie à son Pape le meilleur de ses Zouaves, le plus dévoné et le plus tidèl: Je ses enfants. Ama Dio e tira via !
Montréal, 26 mai 1876 !, À
1 M. Charles Paquet a vu ses vo:ux exaucés— après avoir servi le Saint-Siège pendant près de seize ans, en qualité de gendarme pontifical, attaché au Vatican, il est mort à Rome, en pleine activité de service, le ler oct. 1892, en odeur de sainteté,
Paquet | e IX ; sil -Père que la vieille, me tu l’as tre heures ers Rome, ernelle, les
‘rerons nos fait parmi placer. Tu gé de nous vernements distingués, ès des cours ada envoie $ dévoré et via !
après avoir n qualité de st à Rome, en de sainteté.
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REAEUE FÉES 4:
Pres
Lugano, le 3 novembre 1877.
Mon cher de Montigny,
Je cherche des excuses depuis quinze jours et je n’en trouve pas. Je ne sais comment m'y prendre pour me faire pardonner ma négligence à te répondre : Je suis tenté de commencer ma lettre par les paroles que Marie Stuart adressaic à la cruelle Elizabeth, sa virginale cousine :—
«“ Par où commencerais-je et comment à ma bouche ‘“ Prêterais-je un discours qui vous plaise et vous touche.”
mais tu es l’indulgence même— “extra judiciairement par exemple— et je compte bien sur ton pardon— vu me pardonnes, n'est-ce pas ? bien, merci. Ces bonnes raisons-ci, tu voudras bien les répéter à mon excellent ami Rivard, envers qui je suis dans le même cas, mais
M. Rivard m'a joué un vilain tour qu'il me paier: lus tard. Voici à quelle occasion.
C'était à Aix-les-Bains, en Savoie, où j'ai passé une partie des mois de juillet et d'août. Il y avait fête tous les jours pendant la saison. Les officiers de dragons, en garnison à Chambéry, donnèrent un jonr une espèce de Carrousel dans le parc de Marlioz, aux portes d'Aix, avec courses de chevaux. La veille du grand jour, un officier en entrainant son cheval sur la piste des obstacles à franchir, fit une pirouette en bas, et le lendemain se sentit incapable de remonter en selle, une bête superbe devant remporter le prix, mais si difficile à monter que personne ne voulait s’y risquer : voilà où la farce commence.
Le matin des courses, je reçois une lettre de mon ami ivard, adressée pompeusement (—A—D—, écuyer (tout au long). Un des membres du comité avait lu cette adresse et ma qualité, écuyer! Il n'y avait pas d'amateur qui voulut se risquer à monter le nouveau Bucéphale, mais ils avaient un écuyer sous la main, pourquoi se donner tant de mal? Je t'épargne le récit de la petite scène qui se passa entre ces messieurs et moi.—Vous monterez ce cheval !—Jamais, je monte très mal.—Oh ! nous savons à qui nous parlons.—Alors, faites moi le plaisir de me laisser en paix.—Monsieur, nous vous prions, ete.—Sur le point de me fâcher, ne comprenant rien à cette insistance. j'eus enfin l'explication de cette comédie. La leiire de mon ami, “ Ecuyer !” On me prenait pour un jranconi en retraite, un écuyer de cirque venant
guérir incognito ses courbatures aux eaux d'Aixles-Bains ! Ah ! M. Rivard, vous me paierez cela.
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Pour beaucoup d’Européens, l'Amérique est un pays chaud, c'est le pays de la canne à sucre, du café, de l'indigo, entin de tout ce que l'on appelle dans les épiceries françaises denrées coloniales. Presque toutes les communes ont un “pays” au Brézil, à Buenos-Ayres,
aux Antilles, et comme il fait chaud dans ces contrées-là,
il doit faire chaud dans toute l'Amérique ! !
J'avais un jour une conversation, au Casino d'Aix, avec un haut fonctionnaire français, qui me dit : Ah! Monsieur vient du Canada, c'est un pays très chaud que le vôtre !—Mais, pardon, c'est un pays tempéré, chaud pendant quelques mois, mais très froid pendant l'hiver.—Comment, comment, mais on fait du sucre dans le Canada ?—Oui, monsieur, du sucre d'érable !
l’érable (sic) ne pousse-t-elle pas seulement dans les
Eh! bien, cette variété de canne à sucre,
pays chauds ?—Ce brave homme eut peine à me croire, quand je lui expliquai ce qu'est le sucre d'érable et comment on arrive à le fabriquer.
J'ai passe six semaines en Savoie, à Aix-les-Bains, six semaines heureuses, dans un châlet, situé au milieu d’un pui anglais avec pièces d'eau, allées sablées, pelouses, fleurs, et tout ça pour une bagatelle. Nous logions au châlet-restaurant de Marlioz, où tous les soirs venait en partie fine, le beau monde.
Aix, qui compte à peine 2,000 habitants, en temps ordinaire, reçoit environ 15 à 18 mille étrangers pendant les mois de juillet et d'août. Alors, ce n'est plus l'Aix de Lamartine, PAix où le grand poète fila le parfait amour avec Julie, et où se passèrent les scènes attendrissantes de Raphaël” Car, tout rappelle Lamartine à Aix.
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Il faut visiter le bois de Lamartine, sur la colline de Tresserves, la grotte de Lamartine, son banc, les chambres où il habitait avec Julie dans la maison du vieux docteur, et son lac, le lac du Bourget, qui lui inspira les belles strophes connues de tout le monde, que tu chantais avec tant d'âme, dans le bon vieux temps.
J'ai lu, autrefois, “ Raphaël, pages de la vingtième année,” et je me promettais des jouissances intimes à le relire, en parcourant en barque, le lac de Lamartine. et en faisant à pied le trajet qu'il avait parcouru avec Julie. Mon ambition était de faire chanter le Zac par les bateliers, car les habitants d'Aix, sont généralement bateliers ou âniers.
Je fourrais un grain de poésie là-dedans et je me voyais à demi couché sur les cordages, au fond de la barque * voguant sur l'océan des âges,” les yeux noyés dans le vague, et savourant avec délices, les strophes mélancoliques de Lamartine, chantées pur les voix mâles de mes rameurs !
Ah! bien oui ; je t'en fiche de la poésie. J'étais allé à Hautecombe, en bateau à vapeur et je devais revenir en bateau pêcheur, après avoir visité la grotte, la fontaine des merveilles et l'abbaye où, comme à St-Denis, reposent les princes de la maison de Savoie : pas un des buteliers ne parlait français ! Tous baragouïinaient leur affreux patois. et ne se doutaient pas qu'ils sillonnaient le lac immortalisé par un nommé Lamartine. Je ne pus entendre des “accents inconnus à la terre”... et “la voix qui m'est chère”... Je n'entendisque... “le bruit des rames frappant en cadence les flots harmonieux du lac.” Les rameurs ne savaient pas même chanter en patois !
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Les bains et le casino sont les deux principaux édifices d'Aix et sont, l'un le prétexte et l’autre l'attrait qui dirigent ces milliers d'étrangers sur cette petite ville de Savoie. Les baigneurs, surtout les baigneuses, se font porter au bain, en chaises à porteurs, espèce de palanquin, qui rappellent exactement celles du dix-huitième siècle. Le bain terminé, les baigneurs sont enveloppés dans des couvertures très-épaisses et reconduits, en chaises toujours, dans leurs lits, où ils reposent jusqu'à ce qu'ils soient entièrement secs.
Cet établissement est un des plus complets de l'Europe et les eaux qui sortent de terre, très chaudes, en grande abondance, sont recommandées vu leur haut degré de thermalité. IT faudrait un volume pour décrire convenablement le système d'hydrothérapie en vogue à Aix. Les doucheurs, les masseurs, les sécheurs, les piscines, les salles d'inhalation, de pulvérisation, de vapeur, de douches de toutes espèces, possèdent une réputation européenne ; une saison passée à Aix-les-Bains, vous ngage à y revenir l’année suivante.
Il y avait musique quatre fois par jour, et souvent à deux ou trois endroits à la fois, à la porte de l'établissement (de bains, sur la place publique, au pare, dans les
jardins et dans les salons du Casino, depuis huit heures Jardins et dans | | lu C lepuis huit heur
du matin jusqu'à onze heures du soir. Je ne te parlerai pas des feux d'artitice, des fêtes vénitiennes sur le lac, des illuminations à giorno des jardins et du parc, et des représentations dramatiques et musicales qui se donnaient au Casino, mais je te dirai un mot de ce dernier.
Ce Casino est toute une institution, il contient, en-
tr'autres curiosités la plus grande glace sans tuin de
+ are meme US
l’Europe, paraît-il. On y passe une journée complète sans S'EnnUYer.
Il y avait souvent deux mille personnes réunies au Casino, surtout aux fêtes du mardi et du jeudi. La musique du 97ème de ligne, en garnison à Chambéry, apporte son concours aux fêtes musicales, Tous les aumusements et toutes les distractions possibles sont offerts aux étrangers, depuis Ja lecture sérieuse Jusqu'aux jeux les plus dangereux, comme le baccarat, qui s'y joue sans interruption, du matin au matin.
Aix est la ville la plus cosmopolite de l’Europe pen: dant la saison. Il y avait des princes par douzaines, depuis le frère de lImpératrice du Brézil, qui Sy est arrêtée elle-même en allant à la Grande Chartreuse, jusqu'à des Squires anglais de toutes couleurs ; des dues, des chevaliers, de toutes les industries, il y en avait au point que dans la foule, on était exposé à écraser les pieds, où à enfoncer les côtes à un rastaquouère, affichant pour le moins trente-six quartiers de noblesse ; autant de titres à Aix que de colonels et de généraux aux Etats-Unis.
C'est dans les salles d'inhalation que se passent Îles plus curieuses scènes. IT y est à peu près interdit de parler et comme tu le sais, un rien, un regard, une mouche sur le nez de son voisin, fait souvent rire quand le silence est obligatoire. Dans une salle, l’eau tombe chaude dans une vasque de marbre et s'élève en vapeur, Les patients respirent à pleins poumons, cet air chargé de gaz acide sulphydrique libre, Dans l'autre salle d'inhalation froide, la colonne d'eau s'élève du centre d'une vasque et frappe un disque, qui la couvre comme
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Pas begueule Forte en gueule !
Tu vois d'ici les yeux que peuvent se faire un saint évêque et une sémillante actrice. Il y a des quantités
de rapprochements aussi curieux que celui-là dans ces
salles, où la cure se fait en respirant l'air que son voisin chasse de ses poumons,
J'ai rencontré deux de tes vieux amis de régiment, messieurs (rroboz et de Chazotte de Lyon ; ils m'ont parlé avec force louanges de leur ancien camarade.
J'ai profité de mon séjour à Aix, pour visiter les environs, Chambéry, Annecy et son lac, Rumilly, etc. et la Grande Chartreuse. A Chambéry, je suis allé, comme tout le monde, voir les charmettes où Jean- Jacques Rousseau passa quelques années à jardiner avec Mme de Warens. Ma foi, la vieille maison carrée avec son toit pointu,qui m'a beaucoup rappelé les anciennes maisons bâties en Canada, du temps des Français, comme on dit dans les campagnes, et le jardin rempli d'arbres fruitiers en plein rapport encore, et plantés par Rousseau, ne m'ont rien dit du tout.
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Je nai pas manqué d'aller, en expiation de ma visite à Rousseau, vénérer les restes de Saint-François de Sales à Annecy, d'autant plus que ce grand évêque venait d'être proclamé docteur de l'Eglise et choisi par la presse catholique comme patron. L'âge d'or va donc revivre pour tous les journalistes catholiques, qui vont nécessairement se donner le baiser de paix, pour mettre en pratique les exhortations de lecr nouveau patron.
J'ai assisté à Rumilly, dans la haute Savoie, à un concours musical dont vous avez dû entendre quelques échos, portés sur l’aîle de la brise, car il ventait fort ce jour-là. Rumilly compte à peine 2,000 habitants. Or, il y avait deux mille quatre cents musiciens venus de toutes les parties de la France pour ce concours présidé par Laurent de Rillé. Tu as bien lu, n'est-ce pas, 2,400 musiciens ! Tout ça en uniforme, avec bannières, soufHant, sifant, hurlant, tapant sur les petites et les grosses caisses, sur les cimbales, faisant un vacarme diaboliquement harmonieux, car c'est, je crois, la seule assemblée de Français réunis, pour faire du bruit, où il y ait eu accord parfait, sans notes discordantes, Oh ! si le docteur Edmond Mount avait été là, au lieu d’un profane comme moi ! Je n'y voyais que du feu et des galons d'or. La fête est passée depuis longtemps, et je me demande encore comment cette musique a pu se loger pendant la nuit. Arrivé dès le matin et reparti à onze heures du soir, j'en avais assez, trop même, Je n'avais pu manger que de la poussière pendant toute la
journée : je me suis persuadé qu'il me faudrait coucher debout pour complément. C'était trop de bonheur à la
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un bon fauteuil de balcon, après dîner, et encore ?... J'ai piqué une pointe jusqu'à la Grande Chartreuse, dans le département de l'Isère, et si jamais je me suis vengé du concours musical de Rumilly, c'est à la Grande Chartreuse, où l'on ne fait non seulement pas de musique, mais où l'on ne parle même pas. Le cadre de ma présente lettre ne me permet pas de te retracer l'itinéaire que j'ai suivi d'Aix à la Grande Chartreuse. J'ai tant de choses à te dire pour arriver à Lugano, d'où je t'écris au débotté, venant, il y a à peine dix heures, de faire le passage du Saint-(rothard en trois jours de voiture! Je disais donc que je suis allé faire une visite à la Grande Chartreuse. Je n'avais pas voulu me faire escorter par mes compagnes, car les femmes n'entrent pas dans le couvent, Le trajet seul, dans les gorges qui longent le Guiers-mort est suffisamment intéressant pour inciter toutefois les dames à faire cette course, mais comme nous devions visiter la Suisse en détail. et voir bien d'autres montagnes que celles de l'Isère, je suis allé seul.
L'ordre des chartreux est un des plus austères. Les religieux observent une clôture perpétuelle, un silence presqu'absolu, de fréquents jeûnes et l'abstinence entière de viande. Ils portent une robe de drap blanc, serrée avec une ceinture de cuir et un capuce du même drap. IIS sont toujours couverts du cilice. IIS se consacrent à la vie contemplative et se livrent en outre à de petits travaux manuels.
En entrant dans la maison de Saint-Bruno, le portier me conduisit à un frère chartreux qui reçoit les visi-
de. we ? Ÿ Ce € > Y NX 3 Q > N NZ K/ & 42 | NZ : Ÿ K CE LN K : : ee te 3 € \Z Z à W ds NF , € NZ 72 NZ IMAGE EVALUATION K TEST TARGET (MT-3) | LO “12 l2 = :YIx I HU 5% 1122 — IL8 25 JL£ pis :
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teurs. Il me fit donner ma carte, et la transmit au Père coadjuteur, chargé de faire les honneurs du couvent. Ce bon frère me conduisit ensuite au réfectoire. “ Salle de France” où il m'offrit en attendant le déjeûner, un verre de chartreuse ; j'acceptai, comme tu aurais d’ailleurs fait à ma place, en homme bien élevé. On me versa de cette divine liqueur dans un grand verre et j'avalai lentement, bien lentement, peut-être, la première chartreuse que je buvais de ma vie. Eh! bien là, franchement, c’est bon, c'est même très bon, et je crois, Dieu me pardonne, que j'en ai redemandé !
— Nous étions une trentaine d'étrangers à déjeûner. Tous Français à part moi. Aprèsavoir raconté l’histoire du Canada froid, du Canada chaud, de Jacques-Cartier, de la cession, du pourquoi nous parlons français, car, il me faut la rééditer à chaque rencontre nouvelle, nous fîimes connaissance et nous attaquâmes bravement le poisson et les légumes que l’on nous servait.
Les chartreux faisant maigre toute l’année, ieurs visiteurs le font aussi. Maigre sur toute la ligne, jusqu'aux domestiques des fermes. Après le déjeûner, très frugal. et malheureusement sans chartreuse au dessert, nous fîimes la visite du cloître de l’établissement. Mon cher, c'est immense. Tu t'en feras une idée quand je te dirai qu'il y à des corridors de plus de six cents pieds de lorgueur, attenantes auxquels sont les cellules des religieux. Nous visitâmes les chapelles, le réfectoire, où les chartreux mangent une fois par semaine ensemble, le dimanche, mais toujours en silence, la bibliothèque, les salles de consistoire, etc, et le cimetière, où je cueillis des pensées, qui fleurissaient sur la tombe du Père
nsmit au eurs du au réfectendant le ‘omme tu en élevé.
and verre re, la pre- Eh ! bien bon, et je ndé !
déjeûner.
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(rarnier, l'ancien économe des chartreux, mort il y à
deux ou trois ans mais dont on à conservé la signature, sur les étiquettes des bouteilles de chartreuse.
Au retour de cette visite, J'entrai chez Dom Florence, le Père coadjuteur, Le général de l'ordre, le procureur et le coadjuteur ont seuls le droit de parler librement. En causant avec le bon Père, je lui demandai s'il v avait des Canadiens dans la maison. Dom Florence me répondit qu'il y avait encore quatre Canadiens dans la communauté : MM. Théberge, Audette, Deslongchamps et Choquette ; MM. Leclere et Viau en étant sortis pour cause de santé. Mais, me dit Dom Florence, il n'y a que Dom Léonce, M. Choquette, ici, jes aritres sont dans le nord de la France. Le coadjuteur n: apprit que ce Dom Léonce était un ancien jeune notaire de Montréal. Je demandaïi au général de l’ordre la permission de le voir. Il me l’accorda gracieusement et l’on me conduisit dans le grand cloître, par une dizaine de corridors, tous plus longs, les uns qne les autres, jusqu'à la porte de Ja cellule de Dom Léonce.
Mon ‘“cicerone ” sonna, Une espèce d'armoire tournant sur un pivot, fit un mouvement giratoire, en réponse, car les chartreux reçoivent leurs pauvres repas dans leurs cellules, par un tour qui’donne sur le corridor, Un chartreux montra sa tête rasée : mon guide linforma que le général lui envoyait un'visiteur. Le bon chartreux ne comprenait pas. [1 me regardait étonné, semblant me dire : “ Vous devez vous tromper, je n’attends pas de visite et vous m’'importunez beaucoup.” Je lui demandai sil était M. Choquette. 11 me répondit oui ! en hésitant, comme s’il eût oublié son nom ; alors
je le priai de me laisser entrer et je lui dis que nous allions renouveler connaissance en parlant du Canada. A ces mots, il m'ouvrit sa porte. Je lui déclinai mon nom. Quoi, dit-il, est-ce bien vous ? J'avais connu ce brave Choquette, étudiant chez MM. Jobin et Mathieu, pendant que j'étais associé à M. Duhamel. Nous étions voisins alors.
Tu peux t’imaginer combien il était content. J'étais aussi heureux que lui ; son bonheur me gagnait. J'avais la permission de lui faire une visite d’une demi-heure, mais je crois bien que je passai trois heures dans sa maisonnette. [1 n'avait pas prononcé une parole depuis trois semaines quand je le vis. Toi, tu serais malade à moins, J'avais tant de choses à lui dire, tant de nouvelles à lui apprendre, car tout chartreux que l’on soit, on aime toujours à entendre parler de sa patrie.
C'était la première visite que recevait ce pauvre ami, depuis près de sept années de réclusion dans la Grande Chartreuse. Tu vois d'ici la masse d'informations que peut posséder un cénobite resté sans nouvelles de son pays depuis autant d'années. Il ignorait la guerre entre la Turquie et la Russie. Il ignorait même que la province de Québec avait changé de maître à Ottawa et qu'un gouvernement de progrès, comme tu les aimes d’ailleurs, administrait la chose publique à Québec. Je lui parlai de ses confrères d'études, de ses amis, de ses connaissances ; enf.: mon entrevue avec le bon Dom Léonce se termina par une recommandation. [1 me pria d'aller voir sa sœur religieuse à la Providence et de lui dire combien il était heureux d’être enfant de Saint- Bruno, à 3000 pieds d'altitude dans les montagnes,
que nous 1 Canada.
Jinai mon
connu ce t Mathieu, fous étions
nt. J'étais ait. J'avais lemi-heure, res dans Sà role depuis is malade à de nouvelles l'on soit, on le.
pauvre ami, 8 la Grande mations que elles de son guerre entre que la prox Ottawa et tu les aimes Québec. Je amis, de ses le bon Dom h. Ji me pria nee et de lui t de Saintntagnes.