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J'avoue que j'ai été surpris de voir le système en opéra-
tion à Bex, depuis 1820. Jusqu'à cette époque, on exploitait les eaux salées en les faisant évaporer dans des appareils spéciaux, mais les salines s'étant taries, on creusa des galeries sous la montagne haute d'environ 5,000 pieds, jusqu'au massif du roc salé, atteint après 15 ans d'un travail opiniâtre.
La galerie que j'ai visitée, (il y en a plusieurs) la galerie du Bouillet, est longue d'environ sept mille pieds sur cinq pieds et demi de hauteur et sept pieds de largeur. Armé d'un lampe fumeuse, dégoutant l'huile à chaque pas. enveloppé dans des habits de
toile grossière pour protéger mon vêtement pendant
l’excursion, je m'enfonçai dans ce four, où l'air est rare, les gouttières abondantes et où il faut marcher près d’rm mille et demi, courbé en deux pour ne pas donner de la tête sur la voûte, avant d'entendre un signe de vie. Là, à environ mille pieds de profondeur, au fond d’un puits, creusé au bout de cette galerie, travaillent
quelques hommes.
Ces mineurs font sauter le roc salé par la poudre, et montent à l'orifice du puits. au moyen d'un treuil, les } morceaux de roc ainsi détachés. Ces. orceaux concassés 4 en fragments de deux à trois livres chacun, sont jetés (5 dans un réservoir, creusé près du puits, que l’on appelle ; dessaloir. à
La roche salifère ressemble beaucoup à notre pierre de taille, sortant de la carrière, avec des petits points brillants, quand la cassure est fraîche. Cette roche est extrêmement salée. En dix-huit jours de macération dans l’eau froide, elle devient noire, un peu spongieuse + et charge l’eau de tout ce qu'elle perd. Elle est alors
sans valeur et on la voiture en dehors de la galerie sur
de petits waggonets.
L'eau salée est conduite au moyen de tuyaux en bois jusqu'à l'établissement de graduation, situé à six milles du Bouillet, où elle est recueillie dans d'immenses réci-
k | pients en fer, à fond plat, et fermés hermétiquement, | l sous lesquels on allume des feux de charbon de terre. Fi Après une dizaine d'heures d'ébulition et d'évapora- ! tion, par des serpentins, on lève les couvercles. Avec | de grandes pelles et des rateaux, les employés ramassent 1 les cristaux de sel qui sont tombés au fond des chau- H.: dières.
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Les eaux sont ensuite dirigées sur l'établissement de bains de Bex, où on les administre sous toutes les formes hydrothérapiques. Le sel est livré au commerce au bout de 24 heures de séchoir, Ce n'est pas plus malin que ça. Avis cux propriétaires de salines en Canada. [ne Sagit que de faire la captation des eaux. pour obtenir un bon rendement de la source et agir comme ci-dessus.
En allant à l'exposition agricole de la Suisse Romande, à Fribourg. j'eus le plaisir de rencontrer le capitaine Thalman, qui est chef d'une division douanière. Le capitaine Thalman S'informa de ses vieux amisdu Canada et en particulier des caporaux Hugheset Francæur qu'il avait eus plusieurs mois sous ses ordres,
Je me hâte d'arriver en Ttalie.en vous faisant part de mon itinéraire seulement.
Nous laissâmes Berne, la ville aux ours, la capitale fédérale de la Suisse, pour Lucerne, la ville au Lion de Thorwaldsen, bâtie sur les bords ravissants du lac des Quatre Cantons. Nous fîmes l'ascension du Rigi puis nous primes à Altorf un équipage devant en trois jours, nous conduire par dessus la chaîne des Alpes, par la passe du Saint-Gothard, à Lugano, dans le Tessin. [y a autant de statues de Guillaume Tell dans les Cantons de Schwyz, d'Uriet d'Unterwalden, autour du lac, qu'il ya de Louis XIV à Versailles. C’est à Altorf, que le héros de l'Helvétie dut sur l’ordre de Gessler, enlever avec sa flèche. la pomme posée sur la tête de son fils. C'est à Küssnacht, qu'il tua le tyran Gessler,
Rien n'est beau comme ce lac des Quatre Cantons,
avec ses villes, ses villages, ses villas, ses eaux profondes,
ses bords accidentés. pittoresques, ses monts Rigi et
En om
Pilate, menaçant les cieux, et dépassant de toute leur tête la chaîne des Alpes qui encaissent cette belle nappe d'eau.
D'après la tradition, Ponce Pilate, gouverneur de la Judée, se serait retiré ici même, après avoir laissé crucifier le Sauveur ; c'est pourquoi le nom de Pilate aurait été donné à un pic qui atteint près de sept mille pieds de hauteur. Sa tête est souvent couverte de nuages ; d'où le dicton lucernois : * Si le Pilate « son chapeau, c'est que le temps sera beau.”
Mon cher ami, je m'aperçois que je tombe précisément dans l'écart que je voulais éviter, je fais une relation de voyage et je m'éloigne de nos zouzous; mais, baste ! vous ne m'en voudrez pas; et si la chose peut vous intéresser, je vous dirai que nous avons fait le passage des Alpes, comme des Anglais, en excentriques. La saison était avancée ; nous étions au 8 octobre, et il y avait déjà plus d'un pied de neige sur le sommet des montagnes.
Les avalanches n'étaient pas encore à craindre ; iln'y avait à proprement parler, que le danger de glisser en bas de la route, dans la Reuss, qui coulait à cinq ou six cents pieds plus bas. On se tuerait de moins haut.
Pendant l'hiver et le printemps, les muletiers qui passent le Saint-(rothard, emplissent de foin les sonnettes de leurs attelages et ne prononcent pas une parole. Le moindre ébranlement de l'air détermine des avalanches, Nous partîmes six, ma femme, ma sœur, Delle Smith, ma fille Juliette, mor tebé Edmond, notre bonne et moi, dans une calèche suspendue, attelée de quatre chevaux. Cahin, caha, nous arrivâmes au fameux
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pont du diable, Tevelsbrâcke, situé à 1360 mètres d'altitude et formé d'une seule arche, au-dessus de la Reuss, qui bondit en-dessous avec un fracas épouvantable.
Vous connaissez la légende du marché que tit l'abbé d'Einsielden avec le diable, pour la construction de ce pont. L'abbé lui promit le premier être qui passerait dessus, Le diable fit son pont et attendit son premier être. Le bon curé attacha une poële à frire à la queue de son chien, et arrivant à la tête du pont, vit messire Natan à l'affût. Le curé lui demanda sil était prêt ; il âcha son chien qui arriva en trois bonds, activé par la poële qu'il trainait à sa remorque, dans les pattes de monsieur le diable. Le curé se hâta de bénir le pont, et depuis, comme à Avignon, * Tout le monde y passe.”
Nous couchâmes à Andermatt. Nous nous croyions en Canada, par une nuit de février. Un pied de neige partout et une froidure ad hoc. Nous passâmes le point culminant du St-Gothurd, le lendemain. C’est là que se trouve l'hospice destiné aux voyageurs pauvres, à sept mille pieds d'altitude. De ce point, nous commengâmes à descendre, avec autant de rapidité que nous avions mis de lenteur à monter. Rien de vertigineux comme cette descente jusqu'à Airolo. que le feu venait de dévaster.
Notre cocher croyait nous encourager en nous racontant que dans le Val Tremolo (vallée tremblante) où nous passions alors, des avalanches avaient déjà englouti Jusqu'à trois cents personnes à la fois. Nous couchâmes à Biasca, et le lendemain soir nous arrivions à Lugano, enchantés, ravis, mais pas prêts à recommencer, de suite.
Quelle charmante ville que Lugano, bâtie au bord du luc de ce nom, sur les flancs d'une colline couverte d'orangers, d'oliviers, de citronniers, de villas, de châteaux, ete. De Lugano nous allâmes par eau jusqu'à Porlezza et nous fîmes en voiture, le trajet qui sépare le lac Lugano du lac de Côme. Nous nous arrêtimes à Menaggio. Le bâteau à vapeur nous conduisit à Como et quelques jours après, j'avais le plaisir de serrer la main de mon excellent ati Paren Huot, à Milan.
Quel beau pays, mon cher ami, que ceite partie de la Nuisse-Ttalienne, depuis Lucerne jusqu'à Como. Les paysages sont ravissants, les lacs sont incomparables, les montagnes sont les plus hautes de l'Europe, jusqu'aux précipices qui sont les plus effrayants que l'on puise rêver. Des émotions à bouche que veux-tu ? Ainsi entre Andermatt et Hospenthal, on nous apprit à l'auberge, que la veille de notre passage, un des cinq chevaux de la diligence, était tombé en bas de la route, coupée à pie au-dessus du précipice. Les autres chevaux avaient heureusement résisté au désir de le suivre, les postillons s'étant hâté de couper les traits qui tenaient l'animal suspendu au-dessus de l'abîme, où il était sur le point d'entraîner tout l'attelage et la diligence chargée de voyageurs, Ce que ça encourageait ma femme !
J'eus la bonne fortune de rencontrer à Florence, le chevalier Falardeau, propriétaire du palais historique des Machiavel. Ce grand artiste canadien, malheureusement d'une santé trop délicate aujourd'hui pour continuer ses travaux artistiques, paraissait enchanté de voir des compatriotes. Je m'entretins longtemps avec
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lui de la situation, et comme Florentin, M. Falurdeau la trouve sombre,
Florence regrette amèrement son grand duc, car de l'honneur d'avoir été la capitale de l'Italie, il ne lui est resté que deux cents millions de dettes municipales, un tas de maisons à louer, et la solitude au milieu de toutes ces constructions que lon avait élevées pour recevoir la cour. Um, exemple : M. Falardeau louait son palais trente mille francs lorsque le roi était à Florence. Aujourd'hui, il l'offre pour sept mille francs sans trouver de preneur, et il paie cinq mille francs Tous les propriétaires de Florence en sont là. Aussi la vie estelle fort chère, dans les hôtels.
d'impôts sur cet immeuble, quand même.
Le résultat est que personne ne s'y arrête pour faire une longue saison, comme dans le bon temps. On visite les trésors incomparubles qu'elle renferme, et l'on se hâte de partir pour tome, au bout de quinze jours à trois semaines; ce que nous avons fuit.
Nous voilà enfin à Rome. ‘ous qui avez passé de si heureuses journées dans la ville éternelle et qui y avez laissé une partie de votre cœur, avec une partie de votre sang, vous comprendrez combien j'étais impatient d'arriver dans la ville des Papes.
dait à la gare.
Le père Paquet m'atten- Il me l'avait écrit.
[me semblait être reporté de neuf ans en arrière, lorsque je vis à une dizaine de kilomètres, la coupole imposante de Saint-Pierre, dominant toute la campagne romaine qui s'étendait devant nous. (C'était toujours ainsi que nous apparaissait Rome, lorsque nous revenions, sac au dos, par étapes, vers la ville aux sept collines.
Ce dôme nous dansait devant les yeux pendant toute une journée, comme un phare sur lequel nous mettions le cap, gaiement, en chantant : “ En avant marchons.”
À mon arrivée, je trouvai sur le quai, le bon Charles Paquet, qui me reçut à bras ouverts, comme bien vous pouvez croire. Ce cher vieux avait tout préparé, voiture, appartements ; nous n'eûmes qu'à nous installer à l'hôtel de Pme, dans les propres pièces que venait de quitter Son Excellence turque, Midhat-Pacha. Je trouvai notre ami porteur de la superbe mine que nous lui avons toujours connue, gai, obligeant et tout à tous comme par le passé. Le père Charles était alors camérier de Monseigneur Vannutelli, sous-secrétaire d'Etat, et logeait au Vatican même.
Je me mis dès mon arrivée, en frais d'aller au Vati- ‘an, présenter mes devoirs à Son Excellence le général Kanzler, qui me reçut avec l'atfectueuse courtoisie que vous lui connaissez. Le général me parla de tous les zouaves canadiens dont il se rappelait les noms, de Messire Moreau, de Désilets, de Prendergast, de Taillefer ‘et de LaRocque qui fut si grièvement blessé à Mentana.” Je protitai de l’occasion pour lui parler de l'adresse des zouaves pontificaux à Sa Sainteté et de l'album qui la contenait. Je lui dis que cet album était destiné à Mme la générale Kanzler, d'après votre désir formel, et m'informai si le tout était arrivé à destination. Le général me dit que l'album avait été présenté au Saint- Père avec l'adresse, par Monseigneur Vannutelli, mais
ajouta-t-il en souriant, “ je vais informer Mme Kanzler que vous lui aviez destiné cet album—écrin, et elle saura bien le retrouver.” Son Excellence me pria de
nt toute mettions xrchons.” 1 Charles bien vous paré, Voiinstaller à venait de acha. Je > que nous out à tous 5 camérier d'Etat, et
er au Vati- » le général artoisie que de tous les noms, de le Taillefer Mentana.” adresse des um qui la tiné à Mme formel, et ation. Le é au Saintutelli, mais ne Kanzler vin, et elle
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datisé VE Déneede ste rip dddiomrm on rcat dépens berne
vous exprimer toute sa reconnaissance pour vos délicates intentions.
J'eus la bonne fortune en rentrant à mon hôtel, de trouver un grand pli de Mgr Macchi, m'accordant une audience de famille ainsi qu'à M. et Mme Huot pour le jour suivant. Le général m'avait obtenu cette insigne faveur.
Le lendemain, à midi, les dames vêtues de noir, portant la mantille espagnole, sans chapeau. la tête couverte du voile traditionnel en dentelle, les hommes en frac, nous fîmes notre entrée au Vatican par la cour de St- Damase, et nous fûmes introduits dans la salle du Consistoire, disposée pour les audiences, où il y avait déjà environ cinquante personnes.
Nous étions là, les mains chargées de médailles, de chapelets, de statuettes de St-Pierre, quand les hallebardiers suisses, précédant le cortège pontitical, entrèrent dans la salle du Consistoire en frappant les dalles de marbre de leurs hallebardes. Les gardes-nobles venaient à la suite avec trois ou quatre familiers, puis le PAPE, mon cher ami.
Voici Pie IX! Voici le Pape ! Porté sur une SEbIA par ses parafranieri, vêtus de soie rouge brochée, il s'avançait, plus grand que les hommes, détaché de la terre. Tout de blanc vêtu, la tête recouverte de sa calotte blanche, dominant les tidèles agenouillés, il semblait glisser sur un tapis humain.
Le Saint-Père paraissait radieux et souriais .itectueusement à tous ceux qui l'approchaient. Pie IX, quand on Jui montre les journaux le faisant toujours plus malade qu’il ne l’est ne manque jamais de dire :
“Ces messieurs ne parlent pas de ma plus grande maladie, c'est mon âge.” A quatre-vingt-six ans on a bien le droit de se mal porter, d’avoir les jambes impotentes, mais ce qui est étonnant, c'est de voir cette tête sans rides, ces yeux brillants de tout le feu de la jeunesse et cette Intelligence si lucide, qu'elle étonne même les ennemis du Saint-Siège.
Le Pape ainsi porté, passait devant chaque visiteur, présenté à Sa Sainteté par Mer Macchi. Le Saunt-Père adressait un petit mot à chacun. Lorsque les porteurs furent près de moi, Mgr Macchi me présenta comme zouave canadien. Le Saint-Père fit arrêter ses chambellans et me dit : A} / je suis bien heureux de revoir un de mes anciens zouaves canadiens.” Le Saint-Père nous donna sa main à baiser et fit une caresse à ma fillette
Juliette, âgée de + ans, que J'avais amenée avec nous à
cette audience.
Cette jeune demoiselle faillit retarder la marche du cortège pontifical. Juliette saisit la main que Pie IX avait placée sur sa tête et la couvrit de baisers. Lorsque le Souverain Pontife voulut la retirer pour bénir la tillette, celle-ci peu soucieuse des règles de l'étiquette des cours, résista, et toute transformée et comme pénétrée du grand bonheur dont elle jouissait de garder entre ses menottes, la main qui bénit le monde, “Urbi et Orbi, elle fit de légers efforts pour la retenir.”
Pie IX et sa cour furent fort amusés par cette petite scène d’une gracilité touchante. Me souvenant des audiences d'antan, quand sous le Aarnois du zouave, Pie IX nous accueillait avec la même bonté, je pleurais de joie de voir le Saint-Père, recevoir et
grande ans on à es impo- ‘ette tête le la jeune même
visiteur, unt-Père porteurs A comme chambelrevoir un Père nous ma fillette reC NOUS à
narche du ue Pie IX rs. JLorsour bénir l'étiquette ime pénée garder de, “Urbi ir.”
par cette souvenant arnois du me bonté,
ecevoir et
ESA ES T0 RS LT EE FD PR RES VAT PEUR CAT ON INSERM Dr LE RACEPAE ENT, CERTES à es Et ECC ee DR RES
donner maintenant des caresses à une petite enfant, la mienne,
Sa Sainteté daigna s'informer de ses anciens zouaves ‘anadiens et de notre pays en général.—Je profitai de l'occasion pour déposer aux pieds du Pape, la foi et l'hommage de tous les soldats de Pie IX, de tous les zouaves canadiens — Après avoir reçu une bénédiction, pour nous, pour notre famille, et pour nous tous, le Souverain Pontife continua, porté par ses “ parafranieri.”
Le KSaint-Père était accompagné par le général Kanzler, par les cardinaux Howard, de Falloux, Pitra, Panebianco et Bonaparte, outre sa maison ordinaire. Après l'audience, le Pape s'arrêta au bout de la salle du Consistoire et nous fûmes invités à nous approcher. Là, le Saint-Père nous parla paternellement et en souriant, Mais au milieu de son discours, IT eut un mouvement dramatique : oubliant ses intirmités, Il fit un effort pour se lever. Le Saint-Père demandait de prier pour l'Eglise, qui est en butte aux attaques de ses ennemis, ET ILS SONT NOMBREUX, s'écria-t-il, en levant les bras et les yeux au ciel.
Le général nous avait invités à passer chez lui après l'audience, pour présenter nos hommages à Mme Kanzler, mais nous ne pûmes nous rendre à son aimable invitation ce jour-là. J'eus l'honneur d'être admis encore une fois à l'audience du Saint-Père, quelques
jours après, avec ma femme et ma sœur.
Chaque fois que notre voiture vint nous prendre à l'hôtel pour nous conduire au Vatican, le patron, qui était un ancien garibaldien, m'a dit le général Kanzler,
depuis, m'assura que c'était inutile de nous déranger pour aller voir le Pape (sic), car il était mourant et invisible.
Avant de laisser Rome, où je ne pus passer plus d’un mois, par suite de l’indisposition de mes deux petits garçons restés au collège de Sainte-Croix, à Neuilly, j'offris à Son Excellence le général pro-ministre des armes, un petit canot d’écorce, fabriqué par les sauvages du Canada, le j ‘-nt de le remettre à son jeune fils, pour l’amuser sur . angs du jardin du Vatican. Je disais au général, qui y avait par delà les mers, des milliers de Canadiens, prêts à s’embarquer sur d'aussi frêles embarcations pour voler au secours de la papauté, au cri de “ Dieu le veut.” Le général agréa mon cadeau, et me fit l'honneur de m'adresser la lettre suivante :
« Rome, le 18 novembre, 1877.
Mon cher Monsieur
“ Je vous suis bien reconnaissant du joli canot d’écorce du Canada que vous avez bien voulu offrir à mon fils, et plus encore des beaux sentiments dont vous l'avez
lesté.
f. “ Je désire autant que vous de voir approcher le | jour où nous verrons de nouveau les braves Canadiens | parmi nous, car si nous sommes résignés en apparence,
LE nous ne demandons pas mieux que de faire appel de nouveau à leur généreux dévouement, appel qui ne sera pas fait en vain, j'en ai pleine confiance.
déranger urant et
lus d’un x petits Neuilly, istre des les sauon Jeune , Vatican.
les mers, quer sur ours de la éral agréa r Ja lettre
bre, 1877.
bt d’écorce mon fils, ous l'avez
rocher le Janadiens apparence,
appel de el qui ne
“Mon fils Rodolphe est enchanté du charmant souvenir que vous lui avez envoyé ; il a suspendu le canot dans son petit atelier de dessin, et il vous remercie de grand cœur par mon entremise.
“ A mon tourJje voudrais avoir un grand canot qui me conduisit au Canada, pour éviter la vue des spoliations, simon devoir et mon attachement ne me retenaient pas près du Saint-Père.
“ Veuillez me rappeler au bon souvenir de vos camarades d'outre-mer et agréer, avec mes remerciements, l'assurance de ma sinc
re et affectueuse estime.
Grénéral KANZLER.
‘“ A Mons. le chevalier DROLET, Rome.”
En attendant que l’on fasse cet appel, dont parle le général, le Canada à une sentinelle avancée dans la personne du père Charles qui est entré aux gendarmes pontificaux depuis près d’une quinzaine. Le gendarme Carlo Paquet porte crânement l'uniforme et il ne fera pas bon de se frotter contre lui, je vous prie de le croire.
J'ai vu au Vatican Mgr. Daniel, l'ancien aumônier en chef des zouaves pontiticaux, mais nous n'avons pu ‘auser que quelques instants.
Vous avez appris l'immense fiasco de la démonstration garibaldienne à Mentana, en commémoration des âmes des Martyrs ? que les mercenaires comme vous, avez envoyés devant leur Juge Suprême. Le jour anniversaire, le 3 novembre, le mausolée élevé à Men-
tana n'était pas prêt, et le 20 novembre, jour détinitivement choisi, il pleuvait à torrents, J'ai vu Menotti Garibaldi, le député! le soir du retour. Tout a raté. La grande flamme qui devait s'élever à deux cents pieds de hauteur, pour être vue des fenêtres du Vatican (sic), n'a pu être allumée, vu la pluie. En retour, comme {es membres de ce nouveau pèlerinage, étaient assez allumés eux-mêmes. ils se sont battus comme des chiens au pied de ce monument qu'ils ont arrosé de leurs saignements de nez. (sic.)
J'ai fait le tour de nos vieilles casernes, et partout où le cacciatore, le lignard ou le zouzou faisaient retentir les échos de leurs accents, il y aujourd'hui un bersaglier où un lignard piémontais : à Sora, à Zoccolette, à Saint-Francesco à Ripa, à la Minerve, à Saint André della Valle, au Saint - Office, au Janicule, partout. Quelle dévastation à Saint-Francesco, où le 1er détachement fut versé en arrivant ! L'Etat n’y tolère plus que deux Franciscains, pour annoncer la mauvaise nouvelle, Tous les autres ont été chassés, et le couvent transformé en caserne de bersagliers. C’est de même partout.
Je ne saurais prédire, ni dire comment finira cette
Italie unie. On est mécontent à Turin d'avoir perdu la capitale, on est ruiné à Florence pouravoireu la capitale, à Naples on murmure de n'avoir pas la capitale, et à Rome on dépense des millions comme autrefois à Florence, pour persuader aux Romains qu ilsont la capitale.
La maison de Savoie a eu une histoire bien étonnante. Cette maison, fondée par Humbert “aux blanches mains,” qui fournit des saints à l'Eglise, des souverains
détiniti- Menotti it a raté.
ux cents \ Vatican h retour, e, étaient »mime des arrosé de
t partout ent retenai un ber- Loccolette, int André partout.
ler détatolère plus Lvaise noue couvent
de même
nira cette r perdu la a capitale, itale, et à fois à Floa capitale.
étonnante.
blanches souverains
à toute l'Europe et des princes qui se battaient en héros, vivaient en moines et mouraient en martyrs, aura ;robablement aussi un Humbert pour clore son histoire et sceller sa chute.
L'ambition et l'ingratitude ont remplacé dans le cœur des successeurs de Saint-Humbert ITT, les grandes et viriles qualités qui distinguèrent pendant près de dix siècles les princes de la maison de Savoie. Devorés par l’orgueil et le désir de s'agrandir, on vit Île roi actuel et son père, en échange de la liberté qu'on leur accordait de piller les princes et les rois, leurs voisins, abandonner à une puissance étrangère, le berceau de leur famille, à Chambéry, et les restes de leurs illustres ancêtres, à l’abbaye de IHaute-Combe.
Né duc de Savoie, avec Chambéry pour capitale, un prince de cette maison a réussi, en plein jour, à changer son duché de Savoie, dont on à rait deux départements français, pour un royaume de 25 millions d'habitants, en changeant de capitale, depuis Chambéry jusqu'à Rome, comme de chemise, Cette maison à une croix sur son drapeau, des saints à toutes les branches de son arbre généalogique et enfin des excommuniés parmi ceux qui ont fait l’Italia Unita.
On a beaucoup de ménagements, comparativement sentend, pour le Saint-Père Pie IX: mais on n'attend que sa mort pour mettre l'ordre dans le royaume. Ainsi dès le mois de juillet dernier, la chancellerie de 3erlin a adressé une circulaire diplomatique aux puissances européennes, pour les notitier qu'à la mort de Pie IX, il fallait en finir, et ne plus envoyer d'ambassadeurs ou de ministres chargés d'affaires auprès du
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Saint-Siège. Toujours le machiavélisme italien qui fait demander par Bismark ce qu'il désire ardemment, mais n'ose pas avouer ouvertement.
C’est ainsi que Crispi, que j'ai souvent vu au Pincio et à la chambre des députés à Rome, vient de contracter dit-on, une alliance avec la Prusse, en cas de guerre avec la France sa bienfaitrice, pour lui assurer le retour de la Savoie, de Nice et de la Corse, plus Trieste à enlever aux Autrichiens. Finiront-ils par réussir encore, sans verser une goutte de sang, par diplomatie, en profitant de l'épuisement de leurs voisins, à leur arracher ce qu'ils convoitent ? chi lo sà !
Il arrivera probablement en cas de décès du Saint- Père, qui malheureusement est si affaibli que l’on craint beaucoup les refroidissements de l'hiver, il arrivera, dis-je, que les puissances catholiques et la France surtout, demandant la paix pour son Exposition Universelle, vont faire une reculade sans exemple devant les jactances de l'Italie, supportée par la Prusse. Le successeur de Pie [X sera peut-être obligé de laisser Rome pour conserver son indépendance,
Que deviendra Rome, la ville Eternelle, sans la papauté? une vieille ville, toujours très intéressante au point de vue archéologique, mais désertée par les milliers d'étrangers qui y aflluent aujourd’hui de toutes les parties du monde et qui la fuiront alors, pour aller présenter leurs hommages au véritable Roi de Rome, au Pape, partout là où il se trouvera. Je crois avec le Père Paquet que Dieu a permis à Humbert de monter au capitole, pour le rapprocher de la roche Tarpéienne.
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sait
M à AY « 1 1 à QIIIQ |: 4 à 1 on cher ami, je suis obligé de clore cette immense
lettre, sans pouvoir vous dire un mot de Naples, de Sorrente, de Pompéi. |
À une autre fois mon cher souvenir des anciens, et € cère amitié,
ami. Rappelez-moi au rOYez à ma bien vive et sin-
LE 6G5ÈME RATAILLON
Je suis Comme un vieux cheval réformé, rendu à la vie civile. Lorsqu'il entend sonner la trompette, il brise les traits qui le retiennent à la charrue, et court en hennissant de joie, se joindre à l’escadron qui passe sur la grande route.
En lisant les lettres affriolantes de détails pittoresques, écrites par les braves officiers de notre 65ème de Montréal, et du 9ème de Québec, en lisant les descriptions desfatigues qu'ils endurent, des travaux qu'ilsexécutent, de leurs marches, contre-marches, chasses à l'indien, engagements, je ne peux assez exprimer mon admiration pour ces vaillants jeunes gens.
Comme ils sont bien, les valeureux descendants des compagnons de Champlain, de Frontenac, de Cavalier de La Salle, de Gaultier de Varennes, du grand d’'Iberville, de Jumonville, de Montcalm, de Lévis, qui arro-
sèrent de leur sang, longtemps avant eux, les terres
sndu à la e, il brise court en passe su?
oresques, de Montscriptions
écutent, l'indien, n admi-
ants des Cavalier a d'Iberjui arroes terres
baignées par nos fleuves, nos grands lacs et la Baie d'Hudson. Là où les pères ont passé, ont aussi passé, et sans dégénérer, leurs petits enfants.
On reconnait le même sang, les mêmes ardeurs, les mêmes ambitions généreuses. Nos pères s'enfonçaient dans les forêts, bien loin, le fusil et la hache à la main, puis bâtissaient un fort : soldats, laboureurs et colons.
Le vieux capitaine donnait son nom à la forteresse improvisée : le prêtre missionnaire, Jésuite où Récollet, appelait les bénédictions du Ciel sur ce fortin, que ces héros, tous braves comme Daulac, défendaient ensuite jusqu'à la mort.
Nos volontaires viennent de construire ainsi dans l'immensité des plaines du Nord-Ouest, de petites forteresses, auxquelles ils ont donné les noms de leurs nobles officiers : fort Ethier, fort Giroux, fort Ostell, fort Briseboiïs, ete., mais heureusement pour nous, leurs amis, et pour leurs parents, la Providence n'a pas exigé des fils les sacritices qu'elle exigea de leurs pères dans la défense des forts Duquesne, Cataracoui, Crèvecæur, Saint-Frédéric, Carillon, Lachine et tant d’autres. Le combat vient de finir, faute de combattants.
Nous attendons sous peu ces braves jeunes gens, Après avoir courageusement répondu à l'appel de la patrie, ils ont eu toutes les peines, toutes les misères, ils ont enduré toutes les privations, ils ont fait des marches insensées dans les savannes, se chiffrant par centaines de milles, sac au dos, sans souliers. avec du biscuit sec et un bout de viande salée par ci par là pour tout aliment : tout ça, sans les bénéfices de la guerre.
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Nos volontaires ont eu tout le mal des troupes en campagne, et quelle campagne mon Dieu !— Une chasse à l’indien, fuite à l'indienne, à travers les forêts, les prairies, les fondrières, à la belle étoile, toujours en alerte, à 3000 milles de chez soi. La partie la plus pénible du métier a été le partage de nos volontaires, la moins glorieuse aux yeux du monde, parcequ'elle est la plus effacée, Ts ont été privés, après avoir été à la peine, d'aller à la gloire, les Poundmaker s'étant rendus presque sans combattre, et les “Gros-Ours” s'étant enfuis hors d'atteinte.
Le commun des mortels s'imagine à tort, que les coups de fusils sont la partie la plus terrible, dans le métier de la guerre. Au contraire ; on n'a qu'à constater l'ardeur de nos volontaires, demandant au général Strange la permission de charger à la bayonnette, les guerriers de ‘“Gros-Ours.” pour venge: les braves Lemay, Marcotte, Lafrenière, Moreau, tombés au champ d'honneur ; on n'a qu'à lire leurs lettres se plaignant des volontaires d'Ontario, qui ont toujours eu les chances de se battre, pour comprendre qu'il arrive un moment où le soldat demande la bataille et la désire ardemment comme un remède à ses maux.
Quand un jeune homme a marché trois ou quatre cents milles, portant une moyenne de quarante livres sur les épaules, mal nourri, mal couché, mal chaussé, trempé par la pluie, brûlé par le soleil, transi par les gelées blanches des nuits, courant après un ennemi qui se dérobe sans cesse par la fuite, comprend-on combien il est heureux, si cet ennemi accepte le combat ?
Le combat ! mais c'est la délivrance, chacun comptant sur sa bonne étoile pour en revenir et échapper sain et
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saufaux balles et aux boulets, Tous désirent une occasion de se distinguer pendant l'engagement, qui devra se terminer par une victoire,—car on se bat toujours pour raincre.
La victoire ! Voilà ce mot qui vous électrise, et vous galvanise le soldat fatigué, éreinté, rendu. Lorsque son commandant lui promet la victoire, le soldat oublie tout et fait des prodiges de valeur.
La bataille! mais le soldat la cherche depuis le commencement de la campagne ! cest latfranchissement, c'est la récompense, c'est la fin de ses souffrances. C'est la noce, quoi! Ce pauvre pioupiou va donc se débarrasser de ce maudit cent de cartouches porté sur son dos depuis si longtemps, et qui lui coupe la respiration. Il va donc déboucler ces atroces courroies de sac lui étreignant la poitrine, lui entrant dans la chair depuis le départ. (rueuses de cartouches ! avec quel entrain le petit soldat va-t-il les charger dans sa arabine pour les faire entrer dans le ventre de ces Sauvages, qui se glissent comme des couleuvres dans les herbes de la prairie.
La Victoire ! c'est le devoir accompli, c'est le tribut du soldat à la patrie ; c'est la paix assurée, c'est le repos, c'est le frishti enfin, le far niente, et le sac sur la planche pour quelques jours du moins. C’est la promotion pour les uns, les récompenses pour les fortunés, la gloire pour tous.
Sans doute, les victoires s’achètent souvent au prix du sang le plus pur de l’armée, mais ce sang généreux sert à écrire les pages les plus glorieuses de l'histoire
des peuples. C'est avec leur sang que nos illustres
pères ont jalonné la Nouvelle-France. Bon sang ne saurait mentir.
Ne croyait-on pas lire une page des relations des premiers temps de la colonie, il y à trois jours, lorsque nous lisions lintéressante lettre qu'écrivait à son frère le brave capitaine Parocque, dont 16 sang versé pour l'église, fit germeril y a seize ans, la croisade des zouaves pontiticaux canadiens ? Le glorieux mutilé de Mentana nous raconte qu'une aile du 65ème bataillon, sous le commandement du vaillant colonel Hughes, se dirigeant vers la Rivière au Castor, à la poursuite de Gros-Ours. se détermina à allonger volontairement son étape pour aller en pieux pèlerinage au Lac aux Grenouilles, à l'endroit même où les Sauvages massacrèrent les Pères Fafard et Marchand.
Là, les braves petits pioupious de Montréal se débarassèrent de leurs hâvre-sacs, mais non pour prendre un repos bien gagné pourtant ; c'était pour abattre des arbres gigantesques, en fabriquer une croix, et creuser avec la pointe de leurs couteaux, dans le bois de cette croix, lPinseription suivante :
D. O. M. Elevée à la mémoire des victimes du Lac aux Grenouilles, par le 65ème Bataillon Le 24 mai ISS5.
Et ces braves jeunes gens qui avaient pourtant bien
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par-dessus les talus et tous les obstacles, l'artillerie de campagne qui les aceompagnait, élevèrent, au prix de mille efforts, cette croix expiatoire au sommet d'un petit mont dominant la prairie, après avoir déposé au pied de ce monument de leur piété, le procès verbal suivant de cette toichante manifestation :
“ Cette croix fut érigee le Jour de la Pentecôte 24 mai * 1885, par es officiers, sous-officiers et soldats des Compagnies n°5 3, 4,5, 6, du 65ème Bataillon, C. M. R. sous le commandement du lieutenant-colonel G@. À. Hughes, major de brigade, à li mémoire des RR. PP. Oblats et autres victimes, massacrés par les Sauvages du Bac “aux Grenouilles, le 22 du mois d'Avril 1885.
“ En souvenir de cet événement, la montagne où est érigée cette croix fut nommé Mont Croix (en anglus # Mount Cross).
Puis suivent les siunatures. N'est-ce pas que ce fait est touchant dans sa naïve grandeur ?
Je vois avec un légitime sentiment d'orgueil toutes les classes de la société, se remuer et s'organiser pour faire une réception convenable à nos chers petits pousse-cailloux, maintenant en route pour le retour. Ts ont bien mérité de la Patrie et le général qui à eu l'honneur de les commander le reconnaissait publiquement ces jours derniers en disant : “ Le 65ème a fit “tout ce qu'on à exigé de lui. Ia accompli des actes
sublimes d'héroïsme et d'abnégatiou militaire tout “ comme les meilleurs régiments anglais, avec cette dif “{érence que les Anglais n'ont jamais marché sans
grogner (sie) tandisque depuis son départ de Montréal, “Je 65ème à toujours chanté.”
Et quand on parcourt la liste de ces superbes soldats, on est vraiment fier de voir tant de cœur et tant de mâle courage, chez des jeunes gens, presque des enfants au départ, habitués au luxe, au confort, à toutes les douceurs du Home, qui s'appellent des Laframboise, des Mount, des Bury, des Desnoyers, des Mackay, des Hébert, des Ostell, des Labelle, des Laberge, des Daoust ! enfin, ils sont trois cent dix-sept comme ça, appartenant aux meilleures familles de la métropole du Canada, ies officiers en plus. Il faudrait tous les nommer et mettre en regard la délicatesse de leur constitution et l’importance de leurs travaux, pour comprendre l'étendue de leur mérite.
Je l'ai porté ce chien de sac sur les grandes routes poudreuses de l'Italie, avec le colonel Hughes et le capitaine Larocque, qui étaient alors comme nous de simples zouaves pontificaux de 2e classe, c'est pourquoi je suis tout confondu et humilié en comparant nos étapes sur ces routes unies comme des tables de billard, à celle que vient de faire, hier, le 65ème bataillon. Le télégraphe du 29 juin dit simplement : ‘“ Le 65ème bataillon reve- “ nant de la rivière au Castor, a fait une marche “ splendide de 34 milles avant hier et est arrivé au lac “ à la Grenouille,” plus de onze lieues dans une étape !
Pendant toute la campagne, le 65ème s'est montré esclave de la consigne, fidèle observateur de la loi : sans discuter les griefs des Métis, la justice ou l’injustice des réclamations des insurgés, nos boys se sont conduits en soldats sérieux, ne raisonnant jamais, ayant confiance dans leurs chefs et ne connaissant rien en dehors de la discipline militaire.
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d'eux ! acclare reconnaissance pour la à notre histoire et remeryeux du monde entier que ue n'a pas dévénéré.
4 juillet 1885.
Les anciens zouaves pontificaux, à qui se joignit l'élite de la population canadienne de Montréal, offrireat, le 19 août 1885, un banquet public de quatre cents couverts, au lieutenant-colonel George À. Hughes et au capitaine Alfred Larocque, du 65ème bataillon, leurs camarades, en témoignage d’admiration pour leur raillante conduite devant l'ennemi à la bataille de “ La BUTTE AU FRANÇAIS.”
Le gouvernement avait dépêché le 65ème bataillon de volontaires, dans l'extrême Nord-Ouest, contre les Indiens qui y massacraient les missionnaires et les blancs. Ce magnifique banquet eut lieu à Montréal, dans la grande salle des fêtes du cabinet de Lecture Paroissial, quelques jours après son retour de cette campagne, menée rondement par le lieutenant-colonel Hughes,
Monsieur le capitaine Beauset, du 65ème, porta en termes fort éloquents, un toast au régiment des zouaves pontiticaux.
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Je répondis à ce toast dans les termes suivants :
Monsieur le Présidi
Messieurs et chers camarades,
Je vous remercie de l'honneur que vous venez de faire au régiment des zouaves pontificaux, en portant et en buvant avec autant d'enthousiasme, un toast à ce noble corps. Je vous remercie en même temps du grand honneur que vous me faites en m'appelant pour y répondre.
Je suis heureux, comme ancien zouave, de voir une franche camaraderie, une bonne entente et une <ympathique confraternité exister entre le beau 65ème bataillon, et les vétérans de l’armée du Saint-Siège.
Et pourquoi n'en serait-il pas ainsi, messieurs ? Est-ce que nos régiments ne se ressemblent pas par plus d'un point, étant tous deux composés d’engagés volontaires et d'hommes libres ? Est-ce que les zouaves et le 65ème ne sont pas nés d’un même sentiment généreux, d’une même idée chevaleresque ? Non pour partir à la conquête de provinces voisines, non pour envahir des territoires ennemis, mais au contraire, pour repousser les invasions, maintenir Ja paix à l'intérieur, combattre la révolution au-dedans et au dehors, et faire respecter l'intégrité des frontières canadiennes et romaines.
Les zouaves pontificaux ont rapporté de Rome, deux mots gravés dans leurs cœurs, DIEU ET PATRIE ! ces mots contiennent tout le programme social et politique des zouaves, et les guident partout dans
l'accomplissement de leurs devoirs de citoyens et de chrétiens.
Voilà pourquoi nous avons été si fiers et si heureux de voir les deux zouaves qui s'étaient le plus distingués, il y à seize ans, dans le régiment des “ Diables du bon Dieu” joindre le noble et vaillant 65ème bataillon.
“ Bon sang ne saurait mentir”: Le lieutenant colonel Hughes et le capitaine Alfred Laroque, dont nous fêtons ce soir, la valeur héroïque à la “ Butte aux Français ”, ont accompli ce que leurs camarades et le
‘anada attendaient d'eux.
Messieurs, nous venons de célébrer les noces d'argent de notre glorieux régiment il y a à peine quinze jours. Dans très peu de temps, vous aussi, les successeurs et les continuateurs des Chasseurs Canadiens, célébrerez le vingt-cinquième anniversaire de la création du premier bataillon canadien-français à Montréal.
Vingt-cinq ans déjà? Renversons le sablier qui
marque la glorieuse étape parcourue par le régiment des zouaves pontificaux et reportons-nous, messieurs, au 3 mars 1860.
Un soir brumeux et sombre, un étranger frappait à la porte du château de Prouzelles. Ce voyageur mystérieux fut introduit en présence du maître de la mai-
| son, et lui tint à peu près ce discours : “ (rénéral, je suis ù “ délégué vers vous par Notre Saint Père le Pape, “ pour faire appel à votre grand cœur de chrétien. Je
“ suis chargé de vous exposer la situation critique du “ père commun des fidèles La révolution et les loges # maçonniques font rage pour dépouiller le Saint Siège ‘du domaine de l'Eglise, et nul, mieux que vous,
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