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Avec une insouciante désinvolture, le spirituel conseiller législatif qui était alors président d’une grande banque, pirouettant sur les deux talons, répondit au ministre. ‘“ Bah! n'y a-t-il que cette raison-là pour vous empêcher de me nommer ? Est-ce bien nécessaire de connaître la loi pour être juge de la cour supérieure? N'y aura-t-il pas toujours la cour d'appel audessus de moi, pour reviser mes jugements ? ”
Le ministre regardait son visiteur et ne sachant trop s'il était sérieux. restait fort embarrassé : L'honorable M. Starnes, partant d'un grand éclat de rire, lui dit : “ Mon cher beau-frère, rassurez-vous. Je plaisantais ; Je cherchais une entrée pour vous parler de l'importance des Chambres Hautes dans une société politique aussi cosmopolite quela nôtre. Je voulais par cet exemple, vous convaincre de la nécessité absolue de deux chambres dansle Bas-Canada. A vec une chambre d'assem blée composée de députés Anglo-Français, où il y a souvent friction de race, de religion, de nationalité, il est aussi hidispensable de faire reviser et passer au crible sa législation par un conseil législatif, que de faire reviser les jugements d’un magistrat appartenant à une cour civile, inférieure, par un tribunal siégeant en appel ou en cassation.”
Le ministre lui tendant la main, lui. répondit : “ Mon cher beau-frère, vous prêchez un converti !”
I y a différents moyens d'amender là constitution de ces chambres irresponsables, toutes hautes qu'elles soient, et le moins bon, serait encore meilleur que l'inamovibilité surannée de certains “législateurs ?”” qui
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dorment depuis vingt ans dans les fauteuils bien capitonnés du sénat et du conseil.
Il faut donc examiner la situation sans parti pris et sans passion ; chaque citoyen devant contribuer dans la mesure de ses moyens à l'amélioration et au perfectionnement des institutions gouvernementales de son pays.
Après avoir étudié les différents modes employés dans les vieux pays d'Europe pour le recrutement de leurs chambres hautes, j'en suis venu à la conclusion que le système suivant pourrait peut-être recevoir une application profitable au Canada, et rencontrer les ambitions généreuses de nos concitoyens vraiment patriotes. Le Canada s'assurerait ainsi les services des classes diriseantes.
Je ferais deux parts égales du sénat et du conseil législatif. Une moitié serait élue directement pour une période de six ou neuf ans par les électeurs ordinaires de la province, divisée ad hoc en douze grands collèges électoraux. L'autre moitié serait élue indirectement ou à deux degrés, d'après des listes de présentations déterminées et tixées à l'avance, afin d'assurer pour toujours, douze fauteuils dans chaque chambre, à certaines illustrations qui appartiennent de droit, aux premiers corps politiques, dans presque tous les pays constitutionnels du monde entier.
Je veux parler de l'épiscopat et de la magistrature, des savants et des hommes dont le génie et le patriotisme éclairé s'imposent à l'admiration et au respect de toutes les populations. Ce serait le seul moyen d'assurer à l'Etat. les services de certains hommes qui dominent leurs concitoyens par leur science, et planent au-dessus,
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