PROVINCE DE QUÉBEC
Quelques provinces de l'Amérique Britannique du Nord, le Canada, la Nouvelle Ecosse, et le Nouveau Brunswick, se syndiquèrent en 1867, en union Fédérale, avec Ottawa pour capitale, Pour entourer le pouvoir central d'un grand éclat, elles se dépouillèrent généreusement en sa faveur du plus clair de leurs revenus, Dans le contrat bilatéral qui intervint entre ces provinces, et le nouveau pouvoir fédéral, il fut convenu. qu'en considération de l'abandon du privilège dont elles jouissaient exclusivement, de prélever des droits de douanes, variant alors de 12 à 15 p. c., ce souvernement fédéral leur paierait à l'avenir, une espèce de rente constituée de quatre-vingts cents par chaque tête d'habitant provincial, pour faire aller leurs petites machines
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gouvernementales. Cette proportion était alors à peu près équitable,
Depuis les choses ont marché. Le gouvernement d'Ottawa a doublé, puis triplé les tarifs de droits de douanes qu'il prélève sur les vêtements, sur les denrées et sur une foule d'articles de première nécessité, consommés par les habitants des provinces.
Quoique le parlement fédéral fasse payer des droits de douanes trois fois plus élevés, aux gens de Québec, qu'avant leur entrée dans la confédération, il a cependant scrupuleusement respecté l'autre partie du contrat. Il continue à ne payer au Trésor provincial que quuirevingts cents par tête, tout comme lors de son entrée dans cette confédération. N'est-ce pas l’histoire des grenouilles demandant un roi, qui se serait répétée pour les provinces ?
En ce moment, certains gouvernements provinciaux cherchent dans tous les traités d'économie politique, des systèmes permettant de réformer l'assiette de leurs impôts, afin d'arriver à équilibrer des budgets, que les modestes ressources laissées à leur disposition, maintiennent le plus souvent en déficit.
C’est un problème assez difficile à résoudre, le gouvernement fédéral s'étant réservé le droit de prélever, un impôt indirect sur les consommations de luxe, d’agrément ou de première nécessité, sur plus de la moitié de
la nation, incapable de payer l’impôt direct.
Et cependant, pour qu'un gouvernement soit prespère, ne lui faut-:l pas percevoir des impôts ?
M. Fournier, économiste français, dit : “la vitalité, la puissance, IC développement historiçue des peuples,
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sont nécessairement en corrélation intime, immédiate avec leur productivité fiscale, c’est-à-dire avec les rendements des impôts.”
L'impôt est donc l'élément consubstantiel de l’état, de la nation. Cest le sang, c’est la vie qui se répand dans tout l'organisme politique, national, social. Sans lui, pas de finances ; sans finances, ni gouvernement, ni enseignement national, ni progrès, ni travaux publics, ni chemins, ni colonisation des terres de la couronne, ni solidarité effective. Est-il insuffisant, comme maintenant dans la province de Québec, nous assure-t-on, la nation végète et menace de décliner.
La France qui, depuis 1871 à 1891, à prélevé 60 milliards de francs sur les contribuables (près de douze mille millions de dollars !) la France qui, il y a 20 ans, meurtrie, sanglante, démembrée, était traitée comme une quantité négligeable, offre aujourd’hui le spectacle d’une reconstitution féérique. Elle a convié deux fois, en 1878 et en 1889, l'univers, à ses admirables expositions universelles ; il en est resté émerveillé. Elle convie de nouveau le monde enticr pour 1900. Elle présente à l’Europe les plus belles armées du siècle, les mieux équipées, les mieux instruites. Elle tient la tête dans les lettres, dans les arts, dans l’industrie, malyré l'anarchie qui grouille dans les bas-fonds. Son commerce est florissant, son agriculture prospère.
Quand les bourses des grandes capitales sont aftolées par des crises financières, qui emportent les ministères, quand ces crises menacent de faire crouler les trônes, la Banque de France ouvre ses caves, le paysan français tire s épargnes de son bas de laine, et. seule,
la France montre de la fermeté lorsque tout craque autour d'elle.
L'encaisse métallique de la Banque de France était en avril dernier, de 2,711,480,000 de francs, en or et en argent, soit près de $542,000,000—tandis que les enaisses métalliques de la 3anque d'Angleterre, de la Banque d'Allemagne, de la Fanque d'Autriche-Hongrie, de la Banque d'Italie et de la Banque Nationale de Belgique, toutes RÉUNIES, ne s’élevaient qu'à $8538,000,000 environ.
Qui a fait cela ? À quel génie la France doit-elle cette prospérité apparente et évidente—à l'impôt ! A l'impôt, largement appliqué sous toutes ses formes possibles, progressives et proportionnelles : à l'impôt prélevé sur toutes les classes de la société, sur l'immeuble, sur le apital, sur le revenu, sur le fruit du travail, sur Îles articles de consommation, sur le luxe, sur les plaisirs, sur les transmissions de propriété entre-vifs et après décès, etc,
Le revenu annuel de la France est d'environ quatre milliards de francs ($800,000,000) nous apprend M. Fournier, dans un important travail qu'il a publié sur ‘Les Réformes de l'impôt ” d'où j'ai tiré ces renseignements.
Et cependant, sur ce chiffre énorme de recettes, la France n'encaissa pas en 1889, cent millions de dollars des droits de douanes perçus à l'entrée. Presque tous ces revenus proviennent done de sources intérieures, d'impôts directs ou indirects.
Le budget des recettes de l'Angleterre, pour l’année fiscale de 1890-1891 s'élève à $480.000,000. Les recettes
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