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À M. le Docteur NÉVERIN LACHAPELLE,
Ancien Zouave Ponlifical, Député à la chambre des Conununes du Canada,
Saint-Henri, comté d'Hochelaga.
Mon cher camarade et ami,
Nous avons contracté aux pieds de Pie IX, de vénérée mémoire, une amitié solide, fondée sur une communion parfaite de croyances, de sentiments et d'espérances qui m'engage à vous écrire aujourd'hui, vingt-cinquième anniversaire de notre départ pour Rome,
Depuis notre retour de la Ville Eternelle, tous les anciens soldats du Pape, se sont efforcés, chacun dans leur sphère, de continuer les traditions du régiment, Nous avons même fondé * L'Union Allet ” dans le but de centraliser ces etforts, ces ambitions généreuses,
Le vote unanime du plus grand collège électoral du Canada, vient de vous contier la garde de l'honneur national, en vous chargeant de défendre ses droits, de
protéger ses libertés et d'augmenter par une sage et
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patriotique législation le bien-être, le bonheur et la prospérité de la partie de la nation la plus déshéritée, du plus grand nombre.
C'est pourquoi je me permets, mon cher député, en ma qualité de votre ancien sous-officier au régiment des zouaves pontificaux, de vous entretenir de la situation économico-sociale de notre pays, dans ses relations avec ses deux mères, telle que je l'ai observée.
Sous une forme un peu pamphlétaire, je l'admets, j'ai écrit il y a bientôt dix ans, une poignée de faits et de vérités, en réponse aux attaques de la presse anglaise, dirigées contre la France et les Français du Canada.
Je me permets de rééditer cette étude dans ce volume, à votre intention, attendu que la situation nationale et religieuse ne s'est guère améliorée depuis.
Vous y trouverez certa: s renseignements pouvant avoir leur utilité, si l'on discute en parlement devant vous, la situation commerciale du Canada, avec les pays étrangers. Le gouvernement cherche, nous dit-on, à entamer des négociations avec la France pour nous obtenir entin les avantages du tarif minimum dont bénéficie, seule toujours, l'Angleterre. Il est peut-être bon que vous sachiez comment nous étions traités, il y à quinze ans, afin de vous mettre en état de faire de
justes représentations, si vous trouvez notre condition
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Vous avez, mon vaillant ami, plus que tout autre membre de la chambre des Communes, qualité pour revendiquer hardiment, les droits de vos concitoyens. Vous êtes l’homme de tous les dévouements.
Vous avez un jour, obéissant à votre conscience, accompli un grand devoir, en allant offrir le secours de votre appui au Souverain Pontife, menacé par un ennemi tout-puissant. Depuis votre retour de Rome, vous avez loyalement repris votre rang parmi les sujets de Sa Majesté Britannique et lors de la dernière invasion fénienne, vous et vos camarades, avez spontanément offert à Sir George Etienne Cartier, qui appelait un jour les Garibaldiens, les “ Féniens de l'Italie,” de
courir à la défense des frontières menacées, et cela, gra-
Le) tuitement.
Avec de tels états de service, mon cher député, vous pouvez parler le front haut à un certain nombre de vos collègues d'origine anglaise qui, dit-on, sont assez mal disposés pour les Français et les catholiques du Dominion.
Je saisis cette occasion, pour vous féliciter tant en mon nom personnel qu'au nom de tous nos camarades, de la marque éclatante de confiance que vient de vous donner le comté d'Iocheïlaga, en vous choisissant par acclamation, pour le représenter dans les conseils de
la nation.
Les zouaves canadiens espèrent avec moi, que Dieu
vous continuera le secours de sa grâce et de ses lumières
et vous donnera la force nécessaire à l’accomplissement.
des hautes destinées politiques que nous entrevoyons pour notre distingué camarade.
Veuillez agréer, mon cher député et ami, l’expression de mes vœux les plus sympathiques et l'assurance de ma bien vive amitié.