‹ Zouaviana, étape de vingt-cinq ans, 1868-1893 [microforme]Chapitre 71 sur 108 · LA LIBERTÉ COMMERCIALE · texte numérisé non relu

LA LIBERTÉ COMMERCIALE

Depuis longtemps déjà, la presse anglaise du Canada soutient une thèse malveillante sur les rapports de tout ordre, qui existent entre la France et le Canada. Ces publicistes, soit par ignorance, soit par méchanceté, négligent de remonter à la cause d'une situation dont ils s'efforcent de nous montrer les ettets, croyant nous tromper et nous atteindre dans nos affections,

Le Journal of Commerce”, l'organe des gros marchands anglais, des fabricants de sucre, des manufacturiers, des distillateurs, des financiers, enfin des “ money bags”’ du Dominion, chez qui l'intérêt a éteint toute espèce de sentiments généreux, le “ Journal of Commerce ”; dis-je, soutenait encore, ces jours derniers, que la France était ingrate envers le Canada et ne traitait

pas notre pays avec une générosité égale à notre chauvinisme, La presse canadienne-française, sans exception, a relevé le gant et a répondu fort éloquemment à ces perfides attaques, en rétablissant les parts de responsabilité de chacun.

Ces Anglais sont étonnants, vraiment. Parlons en donc un peu : cherchons à comprendre leur méthode de travailler, qui fait de leur petite île, la puissance la plus formidable du monde, en dehors de ses frontières entourées par l'océan.

Depuis l'invention du fameux cliché ‘“ Le soleil ne se couche jamais sur les possessions britanniques,” toutes les terres peuplées de peaux rouges, de nègres ou de jaunes, baignées par une eau un peu salée, doivent leur appartenir, pensent-ils. Ils administrent cet immense empire colonial avec une intelligence hors ligne et ïls sont servis par un bonheur constant.

I n'y a qu'un cheveu dans ces océans de félicité. — J'est le Canada ! on y trouve le French element, qui n’a pas eu la...décence d’abdiquer et de renoncer à ses traditions. Ce pays donne un peu de tablature aux Anglais fraîchement émigrés, et venus pour y trouver des gens taillables et corvéables à plaisir.

Les caractères des peuples comme des particuliers subissent les influences du milieu dars lequel ils vivent et de l'air ambiant qu'ils respirent. L’Anglais insulaire nait, vit et meurt marchand. S'il engage des guerres étrangères, c'est plutôt pour agrandir son empire colonial, que pour affranchir des peuples opprimés. S'il est très attaché à ses institutions politiques, c'est parce que les bouleversements sociaux font généralement tort

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