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Londres. Tous ces articles, en demande par toute l’Europe, sont tirés de l'étranger, mais, par exemple, ailleurs que du Cantda.
Pourquoi? Voilà le hic! Parce que nous ne pouvons pas arriver à ces marchés! Nous ÿ arriverons facilement le jour où nous pourrons négocier librement, sans entraves, des traités de commerce, éluder la surtaxe d’entrepôt par l'établissement d'une ligne directe, et Jouir des tarifs conventionnels où minimum accordés à [a nation la plus favorisée.
Ne dirait-on pas qu'il y a opposition entre certaines dispositions de l’Acte de l'Amérique Britannique du Nord, définissant les pouvoirs exclusifs du gouvernement fédéral et du gouvernement provincial? Ce dernier à mission d'encourager la production de la terre et fuit des sacrifices considérables pour développer l'industrie agricole, par des primes, des conférences, des expositions locales, par l'établissement d'écoles spéciales pour enseigner l'industrie laitière, considérée comme le salut de l'agriculture dans notre province.
Le succès couronne ses efforts. On fabrique d’excellents fromages par millions de livres, maisquand ils sont rendus à la frontière, l'action du gouvernement fédéral commence, Celui-ci s'est réservé la règlementation du commerce ! Or, soit qu'il ne le veuille pas, soit qu'il ne le puisse pas, nos fromages canadiens se voient fermer toutes les portes, sauf celles de l'Angleterre. Ne craignant pas de concurrence, la (rrande-Bretagne nous achète notre surplus de production, et le paie le prix qu'elle veut bien nous offrir. 11 y a donc contradiction entre les deux situations provinciale et fédérale ? Cette
antinomie existe jusque dans des matières d'ordre purement fiscal. Là, par exemple, on parle latin, on reste “intra vires'” ou on s'expose à être “ultra vires.”
J'ai connu un négociant à Paris, achetant des fromages Canadiens d’un marchand de Liverpool, qui les lui vendait comme fromages anglais, avec des factures datées de Liverpool, comme pays d'origine ! De cette manière, nos fromages, entrant frauduleusement en France, ne payaient que 4 p. c. de droit d'entrée suivant le tarif conventionnel, au lieu de 22 p. c., s'ils eussent été importés sous le tarif général directement du Canada via England. Les consommateurs français ne les connaissent donc pas sous leur véritable nom. Ils sont dénationalisés. Ce sont des fromages honteux ! Et c'est la principale industrie agri-
cole du Canada ! !
! Depuis la publication de cet article la France a changé ses tarifs des douanes le ler février 1592 et a fait de nouvelles conventions commerciales avec l'Angleterre qui bénélicie du tarif minimum. Le Canada, n'ayant pas encore le droit d'offrir d'avantages corrélatifs à la France, jouit du tarif maximum.
Voici quelques exemples de la différence qui existe entre les tarifs général ct minimum :—
Art, 36. Fromages anglais, 15 frs les 100 kilos. de dé canadiens, 25 frs les 100 kilos. Avec en plus, Art. 693. 3 francs 60 par 100 kilos de surtaxe d’entrepôt.