‹ Zouaviana, étape de vingt-cinq ans, 1868-1893 [microforme]Chapitre 74 sur 108 · PRÉ · texte numérisé non relu

PRÉ

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Le petit exposant canadien, lui, se soucie de ça comme un poisson s'occupe d'une pomme. Ce qu'il désire, c’est de donner de l'extension à ses affaires et obtenir des commandes nouvelles. Il s'impose des sacrifices considérables pour préparer un échantillonnage convenable de sa fabrication, et se prive pendant toute la durée de cette exposition d’une partie de son personnel, dans l'espoir de trouver une compensation profitable au retour. L'équilibre européen le laisse froid ; ce n’est pas lui qui peut le faire pencher.

Quant au Canada, il veut attirer une immigration importante pour coloniser ses terres et il tâche de donner au commerce d'exportation, une impulsion nouvelle,en présentant nos produits dans ces grands bazars d’expositions internationales.

Or, si l’on en juge par la publication des Tableaux du commerce et de la navigation pour l'exercice de 1883-84, soumis aux Chambres ces jours derniers, dans notre cas particulier, ni l'Etat, ni l’exposant canadien n'ont retiré de bénéfices appréciables des expositions universelles continentales, auxquelles l'Angleterre nous a priés d'assister depuis vingt-cinq ans. L'exposition universelle de Paris de 1878, a coûté au gouvernement canadien, près de deux cent mille dollars.

Les exportations de notre province en France pendant l’année fiscale qui vient de s'écouler, se chitfrent par la misérable somme de quarante-sept mille cent vingtsept dollars ($47,127), tandis que nos exportations en Angleterre s'élèvent à la somme de $31,764,206.

L'immigration continentale a été à peu près nulle, parce que l’émigrant va, de préférence, dans un pays

libre, plutôt que dans la colonie d’un pays européen plus ou moins l'allié de son pays d’origine !,

Le résultat tangible de cette dernière Exposition Universelle n’est donc pas de nature à encourager le gouvernement d'Ottawa à s'imposer des sacrifices considérables pour retourner exposer en Europe ou ailleurs, à moins que... ah! voilà, à moins que le système ne change. Mais malheureusement, plus ça change, plus c'est la même chose, aux colonies.

Il ne faudrait pourtant qu’un bien petit changement pour que nos exportations en France et sur le continent se chitfrassent par autant de millions de dollars que nos exportations en Angleterre, et que nos produits naturels, nos produits ouvrés et nos denrées fussent en demande par tout le continent.

Qu'on ne l'ignore pas, tout ce que nous exportons aujourd’hui dans la (rrande-Bretagne, bois en grume, bois ouvrés, beurre, fromages, céréales, fruits, conserves alimentaires, viandes, animaux vivants, minéraux, etc. sont cotés sur les grandes places du continent à des prix aussi élevés, pour le moins, que sur la place de

! Les tableaux, du commerce du 30 juin 1892, établissent que les exportations du Canada pendant l'année fiscale 1891-92 se chiffrent comme suit :

Exportations en Angleterre... 864,906,549 ; en France... 367,939 de en BelRiqUéssssssssss cesse sos 56,212

Ce chiffre énorme d'exportation en Angleterre n'a rien d'étonnant. C’est le seul marché où nous puissions vendre notre surplus.

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