‹ Aimer sans savoir quiChapitre 13 sur 13 · Scène V.

Scène V.

Chez don Fernand.

Entrent DON FERNAND, LÉONARDA et LISÈNE.

Don Fernand.

Comment don Juan a-t-il pu partir sans me faire ses adieux ?

Léonarda.

Il a reçu des lettres qui l’appelaient tout de suite à Madrid, où il a un procès.

Don Fernand.

Des lettres ! un procès !… Cela ne pouvait pas obliger un galant homme à montrer cette ingratitude envers son hôte.

Lisène.

Don Fernand a raison. Ces manières d’agir ne sont pas d’un galant homme.

Léonarda.

Vous paraissez piquée, ma chère ?

Lisène.

Moi ! et pourquoi ?

Léonarda.

Vous trouveriez sans doute don Juan plus galant homme, s’il vous eût aimée.

Don Fernand.

Vos paroles, ma sœur, annonceraient de la jalousie. Et à ce brusque départ, je soupçonne que ce prétendu procès qui appelle don Juan à Madrid…

Léonarda.

Que soupçonnez-vous ?

Don Fernand.

La véritable cause de votre chagrin.

Léonarda.

Pourriez-vous bien me reprocher l’estime que j’ai conçue pour don Juan ? N’est-ce pas sous vos auspices qu’a commencé cette liaison ?

Don Fernand.

C’était un badinage.

Léonarda.

Que nous avons pris au sérieux.

Don Fernand.

J’ai eu tort, je l’avoue, j’ai trop vanté don Juan.

Léonarda.

Quand une femme devient éprise d’un homme, la faute en est à celui qui l’a loué devant elle.

Lisène.

Et vous, éprise de don Juan, vous prétendiez traiter de mon mariage avec lui. — Quelle touchante amitié !

Don Fernand.

Qu’est-ce donc ?

Lisène.

Ce n’est plus rien maintenant… C’est passé.

Don Fernand, à part.

Je suis offensé de tous les côtés. J’ai à me plaindre à la fois de ma sœur et de ma maîtresse. L’honneur et l’amour m’ont aussi maltraité l’un que l’autre.

Lisène.

J’ai pensé que je pouvais me marier après la mort de don Pèdre.

Don Fernand.

Vous le pouvez de même après la mort de don Juan.

Lisène.

Don Juan n’est pas mort.

Don Fernand.

C’est tout comme, puisqu’il est absent.

Don Louis, du dehors.

Entrez, entrez donc.

Entrent DON JUAN, DON LOUIS, CITRON, DIONIS et Inès.

Don Juan.

Vous m’amenez ici, seigneur ?

Inès, annonçant.

Don Louis et don Juan !

Don Fernand.

Qu’est ceci ?

Don Louis.

Àcette place même, madame, vous vous êtes plainte de moi comme étant la cause indirecte du départ de don Juan. Le vrai coupable, c’est lui ; car il a été ingrat envers nous trois. Envers don Fernand, puisqu’il a quitté ainsi brusquement la maison de son hôte ; envers moi, puisqu’il était mon rival à mon insu ; et envers vous, puisqu’il a récompensé votre amour par l’abandon. Furieux, je suis parti de Tolède en faisant serment de le ramener en prison. Et puisque, comme chacun sait, le mariage est une prison perpétuelle, je le laisse prisonnier en vos mains, à condition que vous allez jurer, don Juan, de demeurer avec joie dans une prison si douce ; et vous, madame, de le garder soigneusement aussi longtemps que le permettra la volonté du ciel.

Don Juan.

Plein de reconnaissance, monseigneur, je fais ce serment entre vos nobles mains.

Léonarda.

Cette générosité est digne d’Alexandre.

Don Louis.

Fernand, je vous constitue alcayde, et vous remets les prisonniers.

Don Fernand.

Et s’il y a deux autres prisonniers ?

Don Louis.

Cela vous regarde.

Don Fernand.

Que dites-vous, Lisène ?

Lisène.

Que je suis flattée de cet honneur.

Citron.

Attendez ! il y en a encore deux ; car dans le mariage on va toujours deux à deux comme les perdrix.

Don Louis.

Et qui sont ceux-là ?

Citron, à Inès.

Veux-tu ?

Inès.

Je veux bien.

Citron.

J’espérais que tu allais dire non.

Inès.

Et la mule ?

Citron.

Nous la marierons à quelque imbécile… en priant les hommes d’esprit qui nous écoutent…

Don Louis.

De nous pardonner nos fautes, afin que nous finissions heureusement Aimer sans savoir qui, — nous qui savons fort bien qui nous aimons à servir.

Que es la lengua de Toledo, etc., etc.

Aunque mal aguero sea, etc., etc.

Ponte a las rejas azules.

Don Quixote de la Mancha,
Perdone Dios a Cervantes,
Fue de los estravagantes
Que la Coronica ensancha.

Subi y piqué al monasterio
Del santo, que como carta
Hizo sello de una piedra
Sobre nema colorada.

Dans cette phrase, fort obscure et d’une construction fort embarrassée, nous avons cru entrevoir que Lope faisait allusion à quelqu’un de ces saints qui, d’après la légende, auraient laissé l’empreinte de leurs pieds à un certain endroit où ils se seraient arrêtés. — Mais quel est le saint qu’il a voulu désigner ? Ne serait-ce pas saint Jacques de Compostelle, sur l’autel duquel on voit encore, dit-on, l’empreinte de son pied ?

Una dama, dama enfin
De otra dama serafin.

Si fratrem Pollux alternâ morte redemit,
Itque reditque viam toties, etc., etc.

Puesto que decir oi
Que niñas huelen al nido.

Yrespondio : de ninguen,
Mais choro de puro amor.

Basta, que eres como pabo
Que te assan entre papeles.

Crieme en el arenal
Y soy atun de San Lucar.

Porque quepan las razones
Y con mejor sobresalto.

Acabada essa oracion
Podra Limon ver tantito ?

Tanto por cumplir con ella
Alguna mular memoria, etc., etc.

Entrad, y reconoced
Esta casa.

Ia se la paz de Castilla.

Apicaro de Sevilla…
— A fregona de Toledo…

Sin saber á quien
Te amava contenta.
Lope rappelle ici le titre de sa pièce.

Page 1