09
Deux mois plus tard, alors qu’il tenait son cabinet pour les consultations journalières, la femme de chambre du docteur Michel Briard lui fit passer une carte qui portait ces mots :
« Monsieur et Madame Pierre JOURNIAC. »
Michel se leva et alla ouvrir lui-même la porte de son cabinet. Solange et son mari lui souriaient. Il dit :
— Soyez les bienvenus.
Et il leur serra la main. Pierre Journiac était mal à l’aise. Avant même que de s’asseoir dans le fauteuil que lui montrait Michel, il dit :
— Docteur, je me suis conduit envers vous comme un misérable. Me pardonnerez-vous jamais ?
Michel Briard eut un sourire où luisait un peu de malice.
— Je vous pardonnerai de grand cœur si vous rendez Solange heureuse, répondit-il.
— Dans ce cas, docteur, je suis sûr de votre pardon. Ma femme m’a tout appris. Vous êtes… vous êtes vraiment un dieu !
— Mon ami, dit Michel, je me suis toujours efforcé d’être un homme et c’est plus difficile qu’on ne le croit généralement.
Il s’adressa à Solange dont les regards étaient mouillés de reconnaissance et d’attendrissement.
— Nous sommes de vieux amis, lui dit-il. Voulez-vous que notre amitié qui a subi, par ma faute, une bien longue éclipse, redevienne fraternelle ?
Solange, qui était assise, se leva.
— Acceptez, Michel, mon baiser de sœur.
Et lorsqu’elle l’eut embrassé :
— Nous vous devons la vie, le bonheur qui va renaître au foyer reconstitué, ce foyer, Michel, où vous aurez toujours votre place quand vous nous donnerez la joie de venir vous y asseoir.
FIN