III
LES ILLUSIONS SOCIALISTES
Le socialisme, forme ultime du principe d’égalité, est un état mental bien plus qu’une doctrine.
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Démocratie et socialisme sont, malgré les apparences, séparés par de profonds abîmes.
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Le socialisme qui prêche le nivellement des conditions, est en opposition évidente avec la démocratie des intellectuels, qui prétend faire triompher les plus capables.
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L’imprécision des doctrines socialistes est un élément de leur succès. Il importe pour un dogme de ne se préciser qu’après avoir triomphé.
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Les progrès du socialisme tiennent surtout à ce qu’il est une forme de l’Étatisme, idéal de tous les partis politiques en France.
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La dureté de certains capitalistes et la faiblesse de leur moralité, créent beaucoup d’adeptes au socialisme.
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Quand l’État prétend trop protéger les citoyens, ils perdent l’habitude de se protéger eux-mêmes et par conséquent toute initiative.
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Les croyances n’impliquant pas de désillusions, placent leur paradis dans des régions inaccessibles. La faiblesse du socialisme est de situer le sien ici-bas.
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Le bonheur mesquin, l’égalité dans la servitude, que promet le socialisme, n’est pas un idéal assez fort pour passionner longtemps les peuples.
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Par le seul fait de leurs progrès, les civilisations modernes créent une masse croissante d’inadaptés toujours prêts à lutter contre elles. Ils forment la majorité des socialistes.
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La richesse, édifiée jadis sur l’immobilisation du capital, dépend aujourd’hui de la rapidité de sa circulation, et par conséquent de l’intelligence qui le manie.
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Le socialisme serait un asservissement universel. Le syndicalisme serait aussi un asservissement, mais, limité aux intérêts de chaque groupement professionnel, il permettrait à l’individu de se défendre contre le despotisme de l’État.
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La plupart des progrès de l’esprit humain sont dus à certains facteurs: initiatives individuelles, risques, concurrence, etc., que le socialisme voudrait détruire.
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Substituer l’initiative et la responsabilité collectives, à l’initiative et à la responsabilité individuelles, c’est faire descendre l’homme très bas sur l’échelle des valeurs humaines.
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Certains groupements sociaux représentent une absorption de l’âme individuelle dans l’âme collective, et par conséquent un retour à des phases inférieures d’évolution.
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C’est en s’évadant de l’égalité des premiers âges, à laquelle le socialisme veut nous ramener, que l’homme put s’élever de la sauvagerie à la civilisation.