‹ Aphorismes du temps présentChapitre 34 sur 37 · VII

VII

LA PSYCHOLOGIE POLITIQUE

Les problèmes politiques modernes peuvent se comparer à ceux du sphinx de la légende antique. Il faut les résoudre ou être dévoré.

· · ·

Sans la connaissance de la psychologie des races, des peuples, des individus et des foules, la politique ne saurait être comprise.

· · ·

Une société est un agrégat de forces contraires, qu’il faut maintenir en équilibre. Avec la rupture de cet équilibre, l’anarchie commence.

· · ·

Toute la politique se ramène à ces deux règles, savoir et prévoir.

· · ·

Un gouvernement n’est pas le créateur d’une époque, mais sa création.

· · ·

Atomes physiques, cellules vivantes, unités humaines, restent une vaine poussière, tant que des forces directrices ne canalisent pas leurs actions.

· · ·

La vraie puissance d’un gouvernement réside moins dans sa force, que dans la soumission volontaire de ceux qui lui obéissent.

· · ·

La tyrannie individuelle et la tyrannie collective sont les seules formes de gouvernement découvertes, depuis l’origine de l’histoire. La seconde fut toujours la plus dure.

· · ·

Les incidences des mesures politiques ne pouvant se prévoir, la manie des grandes réformes est fort dangereuse pour un peuple.

· · ·

Un événement politique ne germe pas spontanément. Il est l’épanouissement de toute une série de causes antérieures.

· · ·

Juger un événement inévitable, c’est en faire une fatalité.

· · ·

En politique comme dans la vie, le succès appartient généralement aux convaincus et rarement aux sceptiques.

· · ·

Dès qu’une classe n’est plus sûre de ses droits, noblesse autrefois, bourgeoisie de nos jours, elle les perd bientôt.

· · ·

Dans la vie politique, comme dans la vie individuelle, les préoccupations formulées sont beaucoup moins importantes que celles qui ne se formulent pas.

· · ·

Déplacer une tyrannie n’est pas créer une liberté.

· · ·

Le danger de l’autocratie ne réside pas dans l’autocrate, mais dans les milliers d’individus se partageant son pouvoir et l’exerçant chacun comme un petit despote.

· · ·

La confusion des pouvoirs suit toujours la confusion des esprits.

· · ·

De même que les croyances religieuses, les idées politiques ne doivent pas être jugées d’après leur valeur rationnelle, mais d’après l’action qu’elles exercent.

· · ·

Beaucoup d’erreurs politiques dérivent d’idées théoriquement rationnelles.

· · ·

En politique, il est moins dangereux de manquer d’idées directrices que d’en avoir de fausses.

· · ·

Les gouvernements périssent beaucoup plus par leurs fautes, que par les attaques de leurs ennemis.

· · ·

Le despotisme des vivants serait parfois sans limite, s’il n’était contenu par le despotisme des morts.

Page 1