III
LE PLAISIR ET LA DOULEUR
L’homme ne possède que deux certitudes absolues: le plaisir et la douleur. Elles orientent toute sa vie individuelle et sociale.
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Les codes religieux et sociaux n’ont jamais pu trouver d’autres soutiens à leurs prescriptions, que l’attrait du plaisir et la crainte de la douleur: châtiments ou récompenses, paradis ou enfer.
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Les variations possibles de la sensibilité n’étant pas très étendues, les bornes du plaisir et de la douleur sont bientôt atteintes.
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La répétition fréquente des mêmes sensations, engendre un effet physiologique qu’on pourrait qualifier loi de lassitude. Elle oblige les êtres sensibles à varier souvent leurs désirs.
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Les croyants reconnaissent que l’attrait du paradis serait moins vif sans la crainte de l’enfer.
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Le plaisir étant éphémère, et le désir durable, les hommes sont plus facilement menés par le désir que par le plaisir.
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Le bonheur est surtout de l’espérance réalisable, mais non réalisée encore.
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L’homme qui, suivant le conseil du bouddhisme, tuerait en lui le désir perdrait toute raison d’agir.
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Le désir établit l’échelle de nos valeurs. L’idéal de chaque peuple est la synthèse de ses désirs.
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Les grands manieurs d’hommes furent toujours des créateurs de désirs. Les réformateurs ne font que substituer un désir à un autre désir.
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La vie paraîtrait trop longue si elle n’était consacrée à poursuivre des bonheurs chimériques, et à regretter ceux qu’on ne peut atteindre.
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L’homme vraiment sage saurait maîtriser toutes les impulsions de son cœur, mais être sage n’est pas toujours être heureux.
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La vue du malheur est antipathique au bonheur. L’amitié ne dure guère entre l’homme heureux et l’homme malheureux.
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L’attraction et la répulsion dirigent l’évolution des mondes. L’amour et la haine, qui en sont des formes, dirigent l’évolution des êtres.
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La véritable durée de la vie ne dépend pas du nombre des jours, mais de la diversité des sensations accumulées pendant ces jours.