‹ Au pays des lys noirs: Souvenirs de jeunesse et d'âge mûrChapitre 13 sur 23 · VI

VI

C'est l'unique séance de spiritisme à laquelle j'aie assisté. Je ne tiens pas à recommencer, car j'estime qu'il est malsain de fréquenter ces milieux d'aberration où règne, en maître souverain, un esprit de malice qui, certes, prend plaisir à égarer toujours davantage ces pauvres âmes.

Les spirites comme les théosophes sont des révoltés contre la Règle unique: celle de l'Église. Enfreignant ses défenses, méprisant ses enseignements, empoisonnés d'orgueil jusqu'au tréfonds de la conscience, ils se croient en passe de devenir des dieux.

Hélas! ce ne sont point des dieux qu'ils deviendront!...

Une société en décomposition, comme la nôtre, voit se multiplier le nombre de ceux que le matérialisme écoeure. Ils cherchent éperdument une issue dans le Surnaturel. Mais comme ils refusent d'obéir à la Sagesse catholique, le Surnaturel où ils se plongent les contamine autant et plus que ne le feraient les rêveries de la science athée.

-- Nous voulons l'Idéal, s'écrient-ils.

Or, comme l'a dit brutalement, mais justement, Huysmans dans _En route:_ «Le spiritisme et la théosophie, ce sont les _goguenots _de l'Idéal...»