Scène 3
Closse, Marguerite Bourgeoys, Élisabeth Moyen, Cœur de Roc
Closse – Mon frère est bien mal. Je le vois avec regret.
Cœur de Roc, d’une voix creuse –Cœur de Roc sera bientôt dans le pays des âmes, mais avant de fermer ses yeux à la lumière du jour, il est heureux de les attacher sur le grand guerrier blanc.
Closse – Il paraît que mon frère veut causer avec moi, – qu’il parle, – mes oreilles sont ouvertes.
Cœur de Roc – Avant de parler, les hommes sages songent à ce qu’ils vont dire. Fumons d’abord le calumet de paix. (La main tremblante cherche parmi les objets sur la table. Il prend un calumet, le charge, l’allume et le présente solennellement au Major. Lambert Closse se lève pour le recevoir. Comme il se retourne pour reprendre son siège, l’Iroquois bondit. Sa main armée d’un couteau s’abat sur le Major qui lui tourne le dos. Élisabeth s’élance, prompte comme la pensée, saisit l’arme et détourne le coup. L’Iroquois lui jette un regard de rage. Un frisson convulsif agite tout son corps. Ses nerfs tendus par un effort surhumain se détendent soudain ; il tombe lourdement sur le plancher. Élisabeth et le Major se regardent dans un saisissement profond. Élisabeth ne sentant pas la blessure qu’elle s’est faite, ne s’apercevant pas qu’un long filet de sang coule sur sa robe.)
Closse, bondissant à ses pieds – Grand Dieu ! vous êtes blessée. (Il saisit sa main et s’efforce de comprimer le sang et appelle du secours.)
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