Scène 2
Les mêmes, Maisonneuve
Closse – Monsieur le Gouverneur, vous avez des nouvelles ?
Maisonneuve – Ils sont morts, – morts en couvrant de gloire la Nouvelle France.
Closse – Ô les nobles, les généreux enfants !
Maisonneuve – Ils ont tenu leur terrible, leur héroïque serment. Renfermés dans un misérable petit fortin abandonné, ils ont arrêté dix jours durant, l’armée iroquoise. Le siège de ce petit fortin délabré a coûté à nos cruels ennemis plus de 400 guerriers. Une fois dans la place les Iroquois comptèrent les morts, et les hurlements de triomphe cessèrent, – il se fit un grand silence. Ils étaient épouvantés que 17 Français eussent pu tenir si longtemps contre leur armée. Les chefs tinrent conseil et le dessein de nous exterminer fut jugé une folie. Si nous allons les attaquer chez eux, dans leurs maisons de pierre, que sera-ce ? disaient-ils.
Closse – Ah ! nos héros, il ne faut ni les pleurer ni les plaindre.
Maisonneuve – Il faut les bénir, les immortaliser. Leur sacrifice a sauvé la colonie.
Closse – Et nous ne pouvons rendre aucun honneur à leur poussière sacrée.
Maisonneuve – Mais ils auront un autel dans le cœur d’un peuple, car la Nouvelle France vivra.
Closse – Oui, il y aura dans le Nouveau Monde une autre France.
Maisonneuve – Mais nous ne sommes pas au bout de nos peines. – Si l’armée iroquoise s’est retirée, il y a toujours des bandes qui infestent les bois, et ce pauvre Monsieur de Brigeac a été enlevé. (Exclamations de douleur du Major et d’Élisabeth.) Dans la lutte, il a tué un chef, tous nos efforts pour le racheter seront inutiles.
Closse – Quel malheur !
Maisonneuve – Nous sommes ici pour travailler à l’œuvre de Jésus-Christ, il faut porter sa croix.
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