‹ Barzaz BreizChapitre 57 sur 98 · III

III

Comme les ménétriers de la fête s’en revenaient fort avant dans la nuit,

Arriva le grand seigneur magnifiquement vêtu :

— On s’est bien diverti à la fête ?

— On s’est assez diverti à la noce ; mais la nouvelle mariée est perdue.

— La nouvelle mariée est perdue ? Et seriez-vous bien aises de la voir ?

— Nous serions assez aises de la voir, s’il ne nous en arrive aucun mal. —

Ils parlaient encore, qu’ils étaient rendus au rivage.

Et emportés par une petite barque, et qu’ils avaient passé la grande mer,

Et le lac de l’Angoisse et des Ossements, et qu’ils étaient aux bouches de l’enfer.

— Voici les ménétriers de vos noces, qui sont venus vous voir.

Que donnerez-vous à ces braves gens-ci, pour être venus vous rendre visite ? — Tenez le ruban de mes noces ; emportez-le, si vous voulez ; Tenez l’anneau d’or de mes noces ; portez-le chez moi à mon mari.

Dites-lui : « Ne pleure pas : elle n’a ni désir ni mal. »

Portez-le chez moi à mon mari, qui est veuf le jour de ses noces.

Assise sur une chaise dorée, j’apprête de l'hydromel pour les damnés. —