‹ Barzaz BreizChapitre 89 sur 98 · II

II

Voilà longtemps qu’il est perdu ; on a beau le chercher, on ne le trouve pas.

Un gueux de la ville, qui mendiait son pain, est celui qui l’a dénoncé ;

Un paysan ne l’eût pas trahi, quand on lui eût offert cinq cents écus.

C’était la fête de Notre-Dame des moissons, jour pour jour ; les dragons étaient en campagne :

— Dites-moi, dragons, n’ètes-vous pas en quête du marquis ?

— Nous sommes en quête du marquis ; sais-tu comment il est vêtu ? — Il est vêtu à la mode de la campagne : surtout bleu orné de broderies ;

Soubreveste bleue et pourpoint blanc ; guêtres de cuir et braies de toile ;

Petit chapeau de paille tissu de fils rouges; sur ses épaules, de longs cheveux noirs ;

Ceinture de cuir avec deux pistolets espagnols à deux coups.

Ses habits sont de grosse étoffe, mais dessous il en a de dorés.

Si vous voulez me donner trois écus, je vous le ferai trouver.

— Nous ne te donnerons pas même trois sous ; des coups de sabre, c’est différent ;

Nous ne te donnerons pas même trois sous, et tu nous feras trouver Pontcalec.

— Chers dragons, au nom de Dieu, ne me faites point de mal:

Ne me faites point de mal, je vais vous mettre tout de suite sur ses traces :

Il est là-bas, dans la salle du presbytère, à table, avec le recteur de Lignol.