‹ Bécassine chez les AlliésChapitre 18 sur 61 · 18

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De nouveau au camp d’aviation.

PERSONNAGES

Le Major, sortant son revolver et en menaçant Bécassine. Pour vous… si vous… essayez… vous sauver. (Bécassine, que la terreur empêche de parler, fait signe qu’elle n’a aucune intention d’évasion.)

Le Major sort, revient rapidement en tenue de vol. Il donne à Bécassine une peau de bique, un casque d’aviateur, des lunettes, l’aide à revêtir et ajuster tout cela. Puis…

… il lui montre l’appareil de photographie. Plus par gestes que par paroles, mais très clairement, il en explique le maniement à Bécassine. Celle-ci, intéressée, sent peu à peu sa terreur s’évanouir et suit attentivement la démonstration.

Le Major, désignant le ressort qu’il faut pousser pour prendre une vue. Je dirai : Go !… Vous ferez : Clic !… Compris ? — Bécassine, parlant anglais pour la première fois de sa vie. Yes ! — Le Major. Bien ! Venez !

Ils entrent dans un hangar où se trouve un avion à deux places.

Le Major. Poussez ! (Ils font rouler l’avion hors du hangar.) — Bécassine, monologuant. Je n’ai plus peur du tout ; il n’est pas méchant, cet officier : c’était pour jouer qu’il prenait des airs de croquemitaine. Il est même très gentil et c’est amusant ce qu’il me fait voir.

Le Major. Montez ! — Bécassine, s’installant à la place de l’aviateur-observateur. Ça y est, on continue de jouer !… Ce que c’est amusant !… Jamais de la vie je ne croyais que j’aurais grimpé dans un aréo !… Si mes maîtres me voyaient !… Et l’oncle Corentin !… Et tous les gens de Clocher-les-Bécasses, mon pays natal !…

Le Major s’installe à la seconde place, met en marche et saisit le volant. L’avion roule lentement, puis plus vite. Brusquement, il décolle, s’enlève…

Bécassine, de nouveau affolée. Hein ! Quoi ! C’est pour de vrai !… V’là qu’on vole maintenant !… Je veux pas !… Arrêtez !… Papa ! Maman !… J’ai peur !… Je veux descendre !… — Le Major, froid et méprisant. Taisez-vous !… bavarde !…

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