‹ Bécassine chez les AlliésChapitre 17 sur 61 · 17

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Elle arrive ainsi près d’une ferme. Au milieu de la route, un gros dindon se pavane.

Derrière le talus, le fermier et son petit-fils Jean-Jean, bien cachés, sont aux aguets. Pourquoi ? Parce que, depuis quelques jours, leurs volailles disparaissent une à une. Ils se sont promis de prendre le voleur ; le dindon est l’appât qui le fera découvrir. Naturellement, l’honnête Bécassine n’a pas le moindre soupçon de tout cela,

Elle voit un dindon ; elle le juge en danger d’être écrasé par la première auto qui passera ; elle estime de son devoir de le faire rentrer à la ferme ; et, comme la bête est récalcitrante…

… elle la prend à pleins bras et la soulève non sans peine. Aussitôt surgissent le fermier et Jean-Jean. « Voleuse ! » crient-ils à pleins poumons. Au bruit, la fermière et ses servantes sortent de la maison.

La pauvre Bécassine, effarée, houspillée, perd complétement la tête et prend le parti de fondre en larmes. Soudain le major intervient dans cette scène violente.

Le Major. Taisez-vous… tous… Quoi est-ce ? — Le Fermier, timide. Monsieur l’officier, c’est une femme qui vole… — Le Major, illuminé d’une grande joie. Aôh !… La bavarde sait voler !… — Bécassine. Non, je ne vole pas. — Les Autres, en cœur. Si ! Si ! Si ! Si !

Le Major, prenant Bécassine par la manche et l’entraînant. — Venez… la bavarde qui vole !…

REMARQUE. — Précisons que le major, qui comprend mal le français, s’est trompé sur le sens donné, dans la circonstance, au mot voler. Nous verrons dans les actes suivants les conséquences dramatiques de cette méprise.

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