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La ville n’est qu’à quelques kilomètres. Peu de minutes suffisent pour que l’ordre soit exécuté. Quand Bécassine arrive, tous les aviateurs forment un cercle au milieu duquel elle est placée. Le Major s’avance, ému et solennel.
Le Major, avec effort. Je vais parler… Je dois…
« Brave bavarde, j’ai à transmettre… félicitations de l’état-major… Photos excellentes… Renseignements précieux… Avez montré grand courage… Suis chargé vous remettre médaille du mérite. (Il épingle la médaille.)
Une voix dans la foule Embrassez-la, Major ! — Le Major. Est-ce convenable ? — Tous. Oui ! Oui ! Oui !
Le Major, rougissant comme une jeune fille, embrasse Bécassine non moins troublée. Applaudissements unanimes.
On s’arrache Bécassine : tous les aviateurs lui serrent les mains. — Un Lieutenant. Dites-moi, mademoiselle Bécassine, vous étiez déjà montée en avion ? — Bécassine. Jamais.
Le Major. Pourtant… les gens… fermiers… ils disaient… vous aviez volé… — Bécassine, riant. Ils disaient que j’avais volé leur dindon.
Le Major pousse un Aôh ! prolongé qui est pour lui l’expression de la surprise la plus vive, puis, cédant à l’enthousiasme, il parle encore (jamais il n’a tant parlé) et il dit :
« Aôh ! Les Françaises… un peu bavardes… mais étonnantes… admirables… toutes !… »
FIN
de
« BÉCASSINE
et le
MAJOR TACY-TURN »