‹ Bécassine chez les TurcsChapitre 37 sur 61 · 37

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Au moment où nous l’avons quittée, la petite barque qui portait le groupe n 5 s’éloignait du Yémen sur le point de sombrer. Hélas ! l’accident redouté par Bécassine se produisit. Le navire, en se retournant, provoqua une énorme vague…

… qui enleva la barque comme un fétu de paille. Effrayés, les passagers se jetèrent instinctivement sur le bord opposé, et l’embarcation chavira.

Heureusement, les ceintures de sauvetage firent leur effet. Les naufragés remontèrent rapidement à la surface, se cramponnèrent à des épaves qui se trouvaient à leur portée. Et déjà Stentor essayait son creux.

Mais Bécassine cria : « Ah ! ma Doué ! nous ne sommes plus que cinq, le chien compris. Qui que c’est qui manque ? — C’est M. Proey-Minans, » dit Zidore ; puis désignant de la main un bonnet de mitron qui flottait tout proche :…

« Il est là ! » ajouta-t-il. Hindenburg avait suivi le geste ; il plongea. Quelques secondes après, il reparaissait, ramenant le faux cuisinier. Tandis que Stentor et Ben Kaddour soutenaient celui-ci, Zidore travaillait à ajuster de nouveau sa ceinture, qui s’était détachée.

Cependant Bécassine s’inquiétait de savoir si M. Proey-Minans n’était pas noyé. S’affolant, elle proposait de le frictionner…

… avec une flanelle bien sèche. Soudain, M. Proey-Minans redressa la tête, il éternua une fois, deux fois, trois fois, avec une force croissante. Peu à peu, il reprenait ses esprits ; mais sa demi-noyade, jointe à sa distraction habituelle…

… l’empêchait de se rendre compte de ce qui se passait. Il leva les bras aussi haut qu’il le put, fit le geste de chercher quelque chose ; puis, au milieu de nouveaux éternuements, il murmura :

« C’est ennuyeux… Ce bain est un peu frais… Je suis en train de m’enrhumer… Et je ne parviens pas à atteindre le robinet d’eau chaude. »

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