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Ils nous ont mené à leur chef, un lieutenant bien gentil, grâce à qui nous avons pu rejoindre Salonique, quelques jours après, sans peine et sans danger.
Quand nous y sommes rentrés, la ville était en fête, toute pavoisée. On venait d’y apprendre que les Bulgares demandaient la paix ; le bruit courait que les Turcs, les Autrichiens, puis les Boches ne tarderaient pas à faire de même.
La grande victoire commençait.
Depuis ces événements, six mois ont passé, que j’ai surtout employés à achever mes mémoires de la guerre. Je les écris à Versailles, chez M de Grand-Air. Elle m’a offert l’hospitalité à mon retour de Salonique.
Pas plus tard qu’hier, elle m’a dit : « Bécassine, mes locataires recommencent à me payer ; étant plus à l’aise, je puis, si cela vous convient, vous reprendre à mon service. » J’ai remercié, sans dire ni oui ni non.
Ça me ferait bien plaisir de rester avec Madame, qui est si bonne qu’on ne peut pas trouver meilleure, mais je sens qu’en place je m’ennuierais trop. Le ménage, le marché, la cuisine, ça paraît bien fade et monotone…
… après des aventures comme les miennes. Aussi je me suis décidée à chercher autre chose. J’ai fait le compte de mes économies et j’ai constaté que j’avais encore de la réserve.
Jeune fille ayant fé
un peut tou les
maitiér y compris
aviation, naufrage
et course de chamo
demande situation,
mouvementée
de preféranse.
Alors j’ai écrit l’annonce que vous voyez reproduite au-dessus de mon portrait. D’ici quelques jours, ça paraîtra dans tous les journaux.
Je suis sûre que ça m’amènera beaucoup de propositions. Mais si vous en avez à me faire, je vous donnerai la préférence. En ce cas, dépêchez-vous de m’écrire au bureau de la Semaine de Suzette.