‹ Bécassine mobiliséeChapitre 49 sur 61 · 49

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Puis, je me suis pris la tête dans les mains, et je me suis appuyé les coudes sur une petite auto arrivée, le matin même, une auto moins rouillée que les autres, d’assez bon aspect même, du moins pour une auto de la Ralep.

Je ne sais pas combien de temps je suis restée ainsi, perdue dans mes réflexions, m’y donnant de toute ma force, si bien que j’étais quasiment aveugle et sourde. Je suis revenue au sentiment des choses parce que quelqu’un me secouait par le bras.

« Quoi qu’y a ? » que j’ai fait tout effarée. C’était Maubec qui me secouait. Il m’a dit : « C’est haffreux ce que vous m’avez fait peur. J’avais beau vous appeler, vous étiez comme une estatue. Je vous ai cru évanouie. Vous dormiez ? »

« — Faites excuse, m’sieu Maubec, je dormais pas : mes nuits sont bonnes ; j’ai jamais de somnolence entre mes repas, preuve d’une conscience tranquille et d’un estomac conséquent. Je réfléchissais au moyen de faire marcher la petite auto, sur quoi…

« … que j’étais appuyée. » À ce moment, Maubec a rectifié la position et a dit : « Bonjour, chef. » Je l’ai imité. C’était le bon M. Ippo-Ténuse qui passait près de nous, allant à la promenade, un livre à la main, comme de coutume. Il avait entendu nos paroles.

« C’est très bien, mon enfant, m’a-t-il dit, tâchez de mettre cette voiture en marche, cela fera plaisir à ma femme. » Ici, je me suis dit que s’il n’y avait que ça pour me faire travailler… Et Maubec a eu une espèce de gloussement, comme chaque fois qu’il rit en dedans.

« À moi aussi, ça me fera plaisir, » a ajouté le chef ; et il s’est éloigné en lisant son livre et en faisant machinalement le geste d’écrire sur un tableau noir. Ses dernières paroles ont achevé de me décider. Je serais contente de lui faire plaisir.

… parce qu’il est très bon et que je l’aime bien. J’ai demandé à Maubec s’il avait besoin de moi au bureau ; il m’a répondu qu’il avait fini de fourrer les anciens dossiers urgents dans l’armoire des non urgents, que c’était tout le travail du jour. Alors, je suis partie bon train dans Versailles.

Qui j’allais y voir ? Tout simplement le père Lemboîté. Je m’étais dit dans mes réflexions, que pour réussir, il me fallait le secours de quelqu’un de capable dans la mécanique et j’allais demander son aide à mon brave conducteur. Je suis arrivée aux Chantiers en même temps que son tramway.

Je lui ai raconté ma petite affaire au complet. « Dame ! qu’il a fait, je suis plutôt pour l’électro, mais on s’y connaît un peu aussi dans les choses à essence. Enfin, on tâchera moyen de moyenner, quand ça serait que pour vous éviter la fusillade. » Et il s’est…

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