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« Le lendemain de ce drôle de mariage où, l’oncle Corentin s’est embrouillé dans les inscriptions, il y a eu séance du conseil municipal. Les conseillers sont jaloux de l’oncle, parce qu’il a des idées trop grandes pour eux. Ils lui ont cherché un tas de chicanes.
« L’oncle Quillouch, surtout, et le père Lanec étaient comme des furieux. « Quand on ne sait pas seulement marier les gens, qu’ils criaient, on ne se mêle pas d’être maire. » L’oncle Corentin s’est croisé les bras et il a dit : « C’est bien, je donne ma démission. »
« C’qu’il avait l’air majestueux !… Ça leur a imposé ; ils n’ont rien répondu. Alors il est sorti tout d’un coup, et il a manqué de me jeter par terre : car faut que j’avoue que j’étais derrière la porte à regarder et écouter.
« Il m’a conduite dans son bureau et il m’a dit : « Je secoue la poussière de mes souliers sur ce pays d’ingrats : je ne veux pas y rester. Je vais aller me reposer au bord de la mer, à Port-Balec. Mon enfant, je t’emmène. »
« On est parti le lendemain. Comme l’oncle n’était pas en train de causer, à la gare de Quimper je lui ai demandé de m’acheter un journal illustré que j’ai vu à la devanture de la marchande,
« Je l’ai lu pendant tout le trajet. Ça parlait des bateaux que les sales Boches coulent avec leurs sous-marins, y avait des images et des histoires sur les pauvres naufragés. J’en avais la chair de poule.
« … On arrive à Concarneau. L’oncle me mène au port ; il me montre un embarcadère et il me dit de me promener pendant qu’il fera des courses en ville, qu’on se retrouvera au ponton à trois heures pour prendre le bateau et traverser la baie.
« — Comment ! que je crie, on va aller sur mer !… C’est pas des choses à faire !… Des fois qu’on rencontrerait des sous-marins ! » L’oncle a ri ; il a dit qu’ils ne pouvaient pas venir dans la baie, qu’il y a trop de rochers et pas assez de fond, et un pêcheur qu’il a appelé a parlé comme lui.