‹ Bécassine pendant la guerreChapitre 61 sur 61 · 61

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Puis elle visite le village ; on ne lui fait pas grâce d’une seule des vieilles maisons à pans de bois. « Pour la fin, dit une des fillette, nous avons gardé la maman cigogne. Nous allons vous apprendre sa chanson. » On lui montre l’oiseau dans son nid.

Et, bien alignées, les petites chantent le vieux refrain alsacien :

Cigogn’, cigogn’, t’as d’la chance
Tous les ans tu vas en France.
Cigogn’, cigogn’, rapport’-nous
De là-bas un p’tit pioupiou.

« Avant, explique la blondine, il fallait se cacher, parce que l’instituteur était un méchant Boche : maintenant, c’est le bon monsieur Muller, qui faisait déjà la classe avant 70… Il chante avec nous. » Et M. Muller étant survenu, on reprit en chœur la chanson de la cigogne.

Le lendemain, ce fut le mariage. Beaucoup de camarades de Bertrand purent y venir entre deux combats. Et Bécassine eut la joyeuse surprise de voir arriver aussi son cher Zidore ; il avait obtenu de permuter pour servir aux côtés de Bertrand, qui, guéri, devait bientôt retourner au front.

Àla sortie de l’église, Bécassine se trouva séparée du cortège par ses petites amies qui s’étaient précipitées autour d’elle. À ce moment une sonnerie de clairon retentit ; là-bas, un détachement d’alpins apparaissait. D’un pas allègre, il déboucha sur la place.

Le porte-étendard haussa le drapeau.

Froissé, troué de blessures glorieuses, il claquait dans le vent, étincelait dans le soleil. Et c’était l’image de la France meurtrie, mais héroïque ; sûre de son droit, forte de sa bravoure, confiante en la victoire.

Gravement, militairement, tous saluèrent.

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